26 Février 2013 - 13h11 • 2402 vues

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Tout au long de la semaine, vendeeglobe.org refait le tour du monde. Résumés, phrases marquantes, photos, vidéos, faits de course... En quatre parties, revivez l'essentiel de ce 7e Vendée Globe. Aujourd'hui : la traversée de l'océan indien.

RÉSUMÉ
4e semaine de course

La vitesse des leaders dans ces latitudes ventées accentue les écarts avec le reste de la flotte, qui s'étend désormais sur près de 2200 milles, soit 4000 km ! A l'approche de la deuxième porte des glaces, les leaders tentent d'afficher la meilleure vitesse possible pour échapper à l'anticyclone qui les rattrape. Une optimisation rendue difficile par la mer croisée de l'Indien. Pendant qu'Armel Le Cléac'h poursuit sa route vers le nord pour passer la porte, ses concurrents directs choisissent d'incurver leur trajectoire vers le sud, au risque de rencontrer des icebergs. Derrière, dans le froid et l'humidité, le groupe des « tontons flingueurs » se livre une belle bataille au contact, à tel point que Dominique Wavre et Jean Le Cam navigueront à vue quelques heures, le 7 décembre, à deux longueurs de bateau seulement ! Rattrapé par l'anticyclone, Armel Le Cléac'h, même s'il est le premier à valider la porte Crozet, va perdre sa position de leader au profit de Gabart puis de Stamm, avant de la reprendre quelques jours plus tard, ses concurrents étant obligés de remonter vers le nord pour franchir la marque obligatoire.


5e semaine de course
Armel Le Cléac'h reprend la tête le 8 décembre. Une fois passée la deuxième porte des glaces, les conditions météo se prêtent aux records avec un puissant vent de nord-ouest qui pousse les leaders sur une mer peu formée. Au jeu de la vitesse, c'est François Gabart qui se montre le plus véloce et explose le record des 24h en parcourant 534,48 milles. Hallucinant ! Il en profite pour reprendre la tête et, deux jours plus tard, signe un nouveau record, celui du meilleur temps réalisé entre Les Sables d'Olonne et le cap Leeuwin (34j 10h 23’). Le duel avec Le Cléac'h prend des allures de match-race tant la distance entre les deux leaders est infime à l'échelle du Vendée Globe... Dès lors, il va être de plus en plus difficile pour leurs poursuivants de tenir le rythme, particulièrement pour Bernard Stamm, en proie à des soucis de lattes de grand voile, et Alex Thomson, très malchanceux, qui heurte deux fois un OFNI en moins de 24h, détruit son hydrogénérateur, endommage un safran et casse une nouvelle barre de liaison. Seul Jean-Pierre Dick arrive à se maintenir dans le sillage des leaders. Au passage de la porte Amsterdam, l'avance du skipper de Macif n'est que de 20 minutes, après 24000km parcourus ! A la fin de la cinquième semaine, Gabart, Le Cléac'h et Dick parviennent à rester dans la même situation météorologique pendant que, derrière, Thomson et Stamm se sont fait décrocher. Les milles perdus croissent alors rapidement et leur retard passe respectivement à 500 et 600 milles des leaders. Pendant que les premiers arrivent au cap Leeuwin, Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) franchit le cap de Bonne Espérance le 12 décembre 2012...

 

LA photo

Tanguy de Lamotte "smoke on the water"

Tanguy_smokeonthewater© Tanguy de Lamotte / Initiatives-Coeur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autres faits marquants

7 décembre : Jean Le Cam et Dominique Wavre se rencontrent en plein océan Indien, naviguant à seulement une centaine de mètres.

9 décembre : Sam Davies rentre aux Sables en même temps que Jérémie Beyou

Dans le courant de la nuit, alors qu’il naviguait à vive allure, Alex Thomson heurte un OFNI, causant de substantiels dommages à Hugo Boss : un safran endommagé et un hydro générateur cassé. Le skipper travaille toute la nuit afin de réparer ces dégâts, qui lui causeront de nombreux soucis d’énergie par la suite.

10 décembre : François Gabart explose le record de milles en 24h avec 534,48 milles.

12 décembre : Bubi casse un morceau de son safran tribord.

14 décembre : François Gabart établit un nouveau temps de référence entre Les Sables d’Olonne et Leeuwin en 34j10h23'

 

Classement au cap Leeuwin
1- François Gabart 34j 10h 23’
2- Armel Le Cléac´h 34j 12h 13’ (+1h 50’)
3- Jean-Pierre Dick 35j 16h 28’ (+1j 06h 05’)
4- Bernard Stamm 35j 21h 43’ (+1j 11h 20’)
5- Alex Thomson 35j 22h 13’ (+1j 11h 50’)
6- Jean Le Cam 38j 16h 13’ (+4j 05h 50’)
7- Mike Golding 39j 06h 38’ (+4j 20h 15’)
8- Dominique Wavre 39j 10h 43’ (+5j 00h 20’)
9- Javier Sansó 39j 18h 28’ (+5j 08h 05’)
10- Arnaud Boissières 42j 03h 13’ (+7j 16h 50’)
11- Bertrand de Broc 43j 18h 28’ (+9j 08h 05’)
12- Tanguy de Lamotte 44j 17h 58’ (+10j 07h 35’)
13- Alessandro Di Benedetto 47j 02h 13’ (+12j 15h 50’)

 

Classement sur cette partie du parcours (Cap de Bonne-Espérance - Cap Leeuwin)
1- François Gabart 11j 06h 40’
2- Armel Le Cléac´h 11j 12h 27’
3- Alex Thomson 12j 09h 40’
4- Jean-Pierre Dick 12j 13h 25’
5- Bernard Stamm 12j 14h 59’
6- Javier Sansó 13j 01h 23’
7- Jean Le Cam 14j 03h 25’
8- Tanguy de Lamotte 14j 17h 44’
9- Alessandro Di Benedetto 14j 20h 45’
10- Dominique Wavre 14j 20h 50’
11- Mike Golding 14j 23h 40’
12- Bertrand de Broc 15j 09h 30’
13- Arnaud Boissières 15j 12h 15’

 

LA vidéo


SynerCiel, Mirabaud.. Et l'albatros par VendeeGlobeTV

 

Ils ont dit...
Alessandro Di Benedetto (ITA, Team Plastique), le 4 décembre
« C’est un plaisir fou de naviguer sur ce bateau. Je peux courir sur le pont et rester debout. Et puis il va beaucoup plus vite que le 6,50. C’est fantastique. C’est une course magnifique, je n’ai pas de mot pour le dire. Le bateau va bien. »

Bernard Stamm (SUI, Cheminées Poujoulat), le 7 décembre
« C’est de la balle ! Le bateau est bien. Il faut encore l’améliorer au niveau de la protection mais sinon, c’est sympa. Les conditions sont bonnes même si c’est assez rude quand le bateau est lancé pleine balle. Il y a de la régate, c’est super. J’ai vu François cette nuit à l’AIS. »

Mike Golding (GBR, Gamesa), le 9 décembre
« Les portes des glaces ont changé la donne, et encore plus une fois remontées. Comme je l’ai déjà dit, nous n’avons pas pris les bonnes voiles, du coup. Si j’avais su qu’on passerait plus au nord, je n’aurais pas pris les mêmes voiles. Mais tout le monde est logé à la même enseigne et pour être franc, c’est toujours mieux que d’être obligé de jouer à la roulette russe avec les icebergs en pleine nuit ! »

François Gabart (FRA, MACIF), le 13 décembre
« J’ai un peu de mal avec les records de temps de course, dans le sens où on ne fait pas les mêmes parcours. Les portes changent la donne. C’est complètement inutile de comparer les temps de course, je ne m’intéresse pas à ça, je m’en moque. Ça n’a aucun intérêt. »

Dominique Wavre (SUI, Mirabaud), le 8 février
« C’était génial ça. Je vois le bateau de mon pote Jean à l’horizon qui se rapproche, Mike Golding n’était pas très loin, c’était la bagarre. Et mon pote Jean de plus en plus près. J’appelle la VHF mais pas de réponse. Et puis je vois un bonhomme monter sur le pont en train de me filmer... Alors que je le filmais aussi ! »

Christophe FAVREAU, Aurélia MOURAUD et Arthur GUYARD