30 Octobre 2016 - 15h30 • 9284 vues

Partager

Article

Didac Costa est le quatrième marin espagnol à participer au Vendée Globe. Il tentera de perpétuer la lignée des navigateurs ibériques à bord d’un voilier mythique puisque One Planet One Ocean n’est autre que l’ancien bateau d’Ellen MacArthur.

Un seul skipper hispanique est venu à bout du tour du monde en solitaire : José de Ugarte, en 1992-93. Depuis, Javier Sanso a abandonné deux fois, et Unaï Basurko une fois. Didac Costa aura donc à cœur de terminer l’épreuve à la voile la plus éprouvante au monde, 24 ans après José de Ugarte. Le marin a démontré toute son envie lorsque son bateau fut touché par la foudre il y a quelques semaines. Il avait alors lancé une campagne de crowd-funding et cherchait des sponsors pour remplacer son matériel électronique. Le skipper connaît son bateau par cœur, il a même bouclé la Barcelona Wolrd Race en quatrième position à son bord.

"C’est important d’être ici car la classe IMOCA en Espagne n’est pas encore implantée. Le foot a une présence très forte dans notre pays et tous les autres sports ont beaucoup de difficultés à avoir une visibilité. Pour nous c’est important de représenter la passion de la voile en Espagne. C’est important d’être au Vendée car quand on organise la Barcelona, on aime bien que les Français viennent participer à notre course. C’est un devoir pour nous d’être ici et d’essayer de créer ce lien entre la France et l’Espagne et que la classe IMOCA soit plus internationalisée" , confesse Didac Costa. "Mais les choses bougent petit à petit, notamment grâce aux trois éditions de la Barcelona World Race, une course qui aide les marins espagnols à rentrer dans ce monde. Nous avons enclenché une dynamique qu’il faut concrétiser par des participations au Vendée Globe. Cela prend du temps, et c’est normal. On ne peut pas tout changer du jour au lendemain."

L’histoire à écrire
Ne cherchez pas de marin espagnol sur la première édition du Vendée Globe, il n’y en a pas. L’Américain Mike Plant et le Sud-Africain Bertie Reed étaient les seuls représentants étrangers. Ce n’est qu’en 1992 qu’un concurrent espagnol coupe la ligne d’arrivée du tour du monde en solitaire et sans escale : José de Ugarte. Dans cette deuxième édition particulièrement rude, les mauvaises fortunes de mer se multiplient et la disparition du Britannique Nigel Burgess endeuille la course. Dans ces conditions, terminer constitue un exploit en soi. Après 134 jours de mer, José de Urgate décroche la sixième place. Le premier Espagnol à avoir jamais bouclé le Vendée Globe ne reviendra pas sur l’épreuve.

La double tentative de Javier Sanso
Il faut patienter huit ans pour revoir l’un de ses compatriotes au départ. En 2000, Javier Sanso s’élance à bord d’un bateau ancien, mis à l’eau en 1992, avec pour unique objectif de finir la course. Mais après 42 jours de mer, il est contraint à l’abandon suite à la casse d’un safran. Ce n’est une nouvelle fois qu’après huit longue années d’absence qu’un autre Espagnol s’aligne sur le Vendée Globe 2008-09 : Unaï Basurko. Pour l’anecdote, c’est justement José de Urgate qui l’encourage et lui met le pied à l’étrier. En 2007, Basurko avait terminé troisième de la Velux 5 Oceans, le tour du monde en solitaire avec escales. Mais il connaît moins de réussite dans le Vendée Globe : lui aussi victime d’une avarie de safran tribord à l’entrée des mers du Sud, il doit jeter l’éponge. En 2012, Javier Sanso revient à bord du bateau le plus récent de la flotte, et pas le moins intéressant. Utilisant exclusivement des énergies renouvelables, ACCIONA 100% EcoPowered est conçu pour naviguer sans énergies fossiles et n’embarque donc pas une goutte de gasoil. Javier Sanso veut devenir  le deuxième skipper Espagnol à finir le Vendée Globe, mais aussi le premier marin à le faire avec un bateau éco-responsable. Mais un cruel chavirage dans la remontée de l’Atlantique, après 85 jours de mer, l’empêche de réaliser cette grande performance.

Lorsque le skipper catalan partira à l’aventure le 6 novembre, il se fixera un unique objectif : passer par les trois caps et remonter l’Atlantique jusqu’aux Sables d’Olonne. Le marin de 35 ans pourrait bien écrire une nouvelle page de la voile hispanique.

Les participations espagnoles en chiffres:
- 3 marins ont pris le départ
- 1 seul a terminé la course : José de Ugarte (6e en 1992-93)
- 3 abandons : Javier Sanso (en 2000-01 et 2012-13) et Unaï Basurko (en 2008-09)

Olivier Bourbon / M&M