03 Janvier 2017 - 16h24 • 14494 vues

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Alors que Banque Populaire VIII va toucher les alizés en premier, on peut s'attendre à ce qu'il accentue son avance sur Hugo Boss durant les 24 prochaines heures.

© Great CircleLes alizés de Sud-Est se méritent. Avant de pouvoir glisser vers l'équateur sur un bord dans un vent qui vient de l'Est ou du Sud-Est, il faut tirer des bords au large de Rio. On voit sur la première carte que le vent qui souffle d'Est au Sud de l'équateur s'incurve le long du Brésil pour être majoritairement de Nord au large de Rio de Janeiro. Le bateau de tête a donc normalement un avantage. 

Dans notre cas, nous pouvons penser qu'Armel le Cléac'h ne devrait plus avoir à virer de bord. Son cap actuel lui permet de franchir la pointe du Brésil sur un seul bord et le vent devrait continuer à tourner. Il se retrouvera donc rapidement vent de travers, soit une allure très rapide pour ce type de bateau. A l'inverse, Alex Thomson devra probablement tirer encore un bord ou deux vers l'Est pour aller chercher cette bascule de vent salvatrice. A chaque fois qu'il tirera un bord, sa vitesse de progression vers l'équateur sera quasi nulle. Durant ce temps, Banque Populaire VIII s'envolera à 10, 12 ou © Great Circle15 noeuds vers l'équateur. L'écart devrait donc s'accroître entre les deux leaders jusqu'au prochain point de ralentissement qui sera le Pot au Noir ou l'anticyclone des Açores.

Derrière, Jérémie Beyou réduit chaque jour l'écart. Il bénéficie d'un flux de Sud-Est qui lui permet pour l'instant de suivre une route directe. 

La journée est ventée pour la majorité des concurrents du Vendée Globe, mais aucune grosse dépression n'est attendue pour les prochaines 48 heures. Conrad Colman, qui a eu des rafales à 60 noeuds, peut respirer un peu en contournant le centre de la dépression qui se comble par le Nord.

Nous verrons demain que la route pour les Sables d'Olonne peut se décider dès le niveau de Recife au Brésil.

Christian Dumard et Bernard Sacré / Great Circle