08 février 2017 - 15h:43 • 20908 vues

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Alan Roura reconnaît avoir des hauts et des bas mais son enthousiasme ne se dément pas. Il nous a envoyé un sympathique message du bord, à lire sans modération !

Alan Roura (La Fabrique) :

"Ça ne pourra pas être pire que la nuit dernière, ne regardez pas ma vitesse sur la carto SVP ! Vent annoncé : travers. Vent réel : près serré à faire un cap au 320° ! Youhooooo... Du coup, le près et moi, ça fait vraiment deux, surtout avec un bateau de portant. Et après un mois à en manger tous les jours, je commence à fatiguer, vivement la glisse ! Sûrement demain !
Il ne reste plus grand chose pour rentrer maintenant, je peux presque parler d'une ETA : pour moi, ce sera je pense le samedi 18 à l'heure de l'apéro. Oui, on est Roura ou on ne l'est pas ! L'heure du café ? Trop triste... L'heure de la sieste ? Ridicule. Non, il faut arriver à 11h et quart, l'heure du Ricard !
On ne lâche rien, je n’ai jamais eu le moral aussi bas qu’hier et aujourd'hui, les larmes de bonheur aux yeux. C’est vraiment n’importe quoi le Vendée Globe ahaha ! Normalement, dans environ quatre jours, je serai déjà aux Açores. C’est bête, mais psychologiquement, c'est déjà le Portugal, donc l'Europe, ce qui veut vraiment dire que je suis proche du but. Et même si les conditions sont toujours insupportables, ça sent l'écurie, ça sent le cap Finisterre dans sept jours, donc retour à la maison dans dix !
Il faut garder la patate, le moral et le physique, ça ne va pas être les vacances jusqu'au dernier mille. Météo, trafic, fatigue, c'est exactement là où on fait les pires conneries. Alors non, je n’ai pas passé autant de temps en mer pour me laisser aller là, encore moins pour prendre du retard sur mon ETA. Déjà que je suis au dessus des 100 jours, donc non ! Impossible, il faut avancer maintenant, alors le vent tu m'aides, La Fabrique, tu tiens bon et moi, moi… Moi je vais me faire des lignes de café pour tenir.
J'ai repris des forces mine de rien, je suis en forme. Fatigué, mais en forme, je tiens encore la route pour ce qu'il reste à faire. Le bateau semble ne pas aller trop mal, il n'a jamais été surveillé d’aussi près ! Je passe mes journées à tout contrôler. Non pas que je n'ai pas confiance, mais voilà bien longtemps qu'on navigue en tribord amures et l'usure est là, tous les effort sont concentrés sur les mêmes pièces, donc il faut être vigilant.
On est à deux doigts de boucler notre tour du monde sans escale, une première pour le bateau et pour moi, et avec un peu de chance, notre 13ème place est en sécu. Allez, jusqu'au bout, terminer à cette place là, je crois que jamais, mais vraiment jamais je n'aurais espéré ça. Je me voyais avec Sébastien (Destremau) et Pieter (Heerema), loin derrière, mais il faut croire que j'ai sous-estimé mon bateau… Peut-être un peu moi aussi, mais je pense vraiment que c’est le bateau qui fait la différence. Moi, je ne suis qu'un petit jeunot qui donne ce qu'il a dans le ventre pour rentrer la tête haute. Finir, franchir cette ligne, c’est déjà un exploit, un sacré exploit ! Si mes calculs sont bons, je devrai être le 62ème à finir le Vendée Globe « en course ». Beaucoup l'on fait plusieurs fois mais le nombre de marins qui l'ont bouclé n'est pas très élevé au final.
Voilà, donc ce matin j'ai pu prendre un café tranquille dans le bateau, car dehors c'est la douche et surtout il ne fait pas très beau. Le froid arrive aussi petit à petit, même si je suis toujours en short et torse nu. Le soir par contre, ça fait frais !
Mais ça sent bon tout ça, oh la la ! Je dirais même plus : Oh la la la la la ! On va se boucler tout ça, un peu de chance maintenant, c'est juste ce qu'il me faut, de la chance et ma bonne étoile !"

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