29 Octobre 2020 - 08h29 • 3084 vues

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Adopté par les Sablais depuis qu’il est revenu de son premier Vendée Globe en 2008, le sympathique Arnaud Boissières, surnommé Cali, embarque pour son 4e tour du monde avec la même fraîcheur. Impatient de se bagarrer avec les bateaux de même génération que le sien (2007), Cali rêve aussi de surfs, de belles trajectoires dans le grand Sud, de Horn….

C’est ton 4e Vendée Globe, pourquoi y retournes-tu une nouvelle fois ?
" Parce que ce n'est « que » mon 4e Vendée Globe ! Parce qu’à chaque fois, c’est un challenge différent, un défi différent. J’ai probablement le bateau le plus performant que j'aie jamais eu, même s’il y a beaucoup de concurrence. Je trouve qu’il n’y a rien de plus beau dans la course au large que le tour du monde à la voile en solitaire. J’y vais encore pour la découverte, l’aventure… Et puis l’envie d’en découdre !

Que t’apporte ton expérience ? Quelles cases as-tu cochées ?
Il y a plein de cases que je n’ai pas cochées, c’est aussi pour ça que j’y retourne. Il ne faut pas tomber dans le panneau et se dire « J’en ai bouclé 3, c’est facile, je vais en faire un quatrième comme ça ». On essaie avec mon équipe de ne pas tomber dans une routine. Chaque projet de Vendée Globe est nouveau. Je ne suis pas non plus Jean Le Cam ! Je n’ai pas son expérience ni celle de Jérémie Beyou. On est à l’aube du départ du 4e, il faut rester lucide, serein et humble. Il y a 4 ans, j’ai eu pas mal de galères dans les mers du Sud, je n’ai pas fait un beau parcours là-bas alors que les deux fois précédentes, je m’étais éclaté. J’ai envie d’y retourner aussi pour ça, pour faire des belles trajectoires, des bons surfs et puis réussir à faire un joli cap Horn.

Tu as tissé une relation particulière avec le public vendéen, est-ce que tu peux nous en parler ?
À l’origine je ne suis pas Vendéen, je suis du Sud-Ouest, d’Arcachon. Un mélange d’Arcachonnais et de Chaumois, c’est un quartier des Sables d’Olonne, un quartier de pêcheurs, historiquement. La première fois que je suis arrivé aux Sables avec mon premier bateau, j’arrivais de La Rochelle en fin de journée, il n’y avait pas autant de monde qu’aujourd’hui, mais il y avait 20-25 personnes, des amateurs, des jeunes, des moins jeunes, que des passionnés. Dès ce moment-là, j’ai été bluffé par le fait que les Vendéens ne sont pas spécialistes de voile, mais qu'ils sont vraiment spécialistes du Vendée Globe. Ils connaissent tous les bateaux, tous les anciens skippers… Ils m’ont réservé un super accueil. Je me suis installé dans le quartier de la Chaume, j’ai acheté une maison il y a quatre ans. Vivre ici au quotidien c’est super sympa, tu as plein de petites attentions. C’est un atout quand tu prépares le Vendée Globe.

Comment est-ce que tu te situes dans la flotte ? Avec qui te vois-tu te bagarrer ? 
Avec les bateaux de la même génération, avec Alan Roura, avec Benjamin Dutreux, avec Stéphane Le Diraison, avec Manuel Cousin qui a mon ancien bateau, avec Damien Seguin… Avec tous les bateaux de 2007. Il va y avoir de l’émulation entre nous et ça, c’est super chouette. C’est top d’être tout un groupe de bateaux, avec des mecs comme Alan qui est super sympa - je l’apprécie beaucoup, il avait fait également le Vendée Globe il y a quatre ans. Il y a un challenge supplémentaire, mais c’est aussi une force supplémentaire, c’est chouette de partir et de se tirer la bourre avec des gens que tu apprécies ".

Aurais-tu des conseils à donner aux bizuths ?
Ce serait bien prétentieux de donner des conseils ! Je dirais juste qu’il faut profiter à fond des moments d’avant course sur le village, de la sortie du chenal, même si pour cette édition le chenal sera ce qu’il sera. En tout cas, ce sont des moments dont tu te souviens toute une vie. Ce départ est stressant, émouvant. C’est tellement important dans une vie de marin !

Si tu avais une baguette magique pour exaucer un vœu, là maintenant ?
D’arriver dans de bonnes conditions aux Sables à la fin de mon Vendée Globe… Mais ce serait trop facile ! Il faut le faire, il ne faut pas juste fermer les yeux et y croire. Il faut le faire parce qu’on en revient différent. Nous sommes acteurs, mais c’est l’océan qui décidera qui il laissera passer ou pas ".

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