05 Décembre 2020 - 13h39 • 10768 vues

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Le skipper de La Mie Câline - Artisans Artipôle (18e) est parvenu à revenir sur un groupe composé d'Alan Roura (La Fabrique), Stéphane Le Diraison (Time For Oceans), Armel Tripon (L'Occitane en Provence). Et Arnaud savoure, comme il l'a expliqué lors de la vacation de ce samedi matin. 

« J’ai fait trois jours de ‘run’. C’était vraiment agréable d’avoir de la vitesse, avec des moyennes de 20 nœuds. Il n’y avait pas beaucoup de mer donc ça allait vite facilement. C’était bien de pouvoir voir que j’arrivais à rester devant le front, que j’arrivais à garder des vitesses similaires à L’Occcitane en Provence. C’est bon pour le moral !

Désormais, je suis rattrapé par le front, il y a moins de vent et il va y avoir une bascule. Mais en tout cas, c’est très bon à prendre. Ça fera partie des bons moments de ce Vendée Globe. J’ai pris beaucoup de plaisir parce que j’ai un vieux bateau, on a mis de petits foils. Il y a certaines allures où ça marche, d’autres moins. En dehors du classement, ça fait plaisir pour le bateau, ça fait plaisir pour le projet. Forcément, c’était très humide sur le pont, c’était assez inconfortable mais je regardais le compteur et j’ai vu que ça allait pour le bateau et que je ne forçais pas la mule pour rien. Et, cerise sur le gâteau, ça permet de revenir sur Stéphane Le Diraison (Time for Oceans) et Alan Roura (La Fabrique).

"Je n'ai pas envie de tenter le diable" 

La dépression qui arrive de Port-Elisabeth, il faut s’en méfier. Je n’aime pas trop ça. Souvent, il y a des dépressions comme ça. Là, on va passer dedans. Ce qui est sûr c’est que si je dois perdre quelques heures pour passer mieux, je les perdrai. Je n’ai pas envie de tenter le diable. Ça m’inquiète parce qu’entre ce qui est marqué sur les fichiers et la réalité, il y aura beaucoup plus. Après, tout dépend de la molle qu’on a si elle sera plus forte que prévu. Forcément, c’est préoccupant.

Nous avons été très touchés par ce qui est arrivé à Kevin (Escoffier) et on est forcément attristé pour Seb Simon et Sam Davies. Le récit de Sam, j’en avais la larme à l’œil : s’il y a en a bien une qui ne méritait pas ça, c’est bien elle. C’est une fille extraordinaire, elle navigue bien… Ça démontre que la malchance arrive à tout le monde. Il faut s’armer de courage mais aussi de précaution, plus que d’habitude. Ça me fait vraiment mal au cœur pour Sam. Toutes ces nouvelles, c’est difficile. Quand tu es tout seul sur ton bateau et que tu apprends ça, tu te sens impuissant.

"Il y a un côté mystérieux que j’apprécie beaucoup"

Pour moi, j’ai vraiment l’impression d’être déjà dans les mers du Sud. Dans ces endroits-là, tu sais que tu ne peux compter que sur autrui, donc sur les autres concurrents. Ce sont des latitudes où tu n'es proche de rien et cela implique une manière de naviguer différente. Il y a un côté mystérieux que j’apprécie beaucoup. Là, il recommence à faire beau, il y a plein d’oiseaux autour… Tu sais que ce n’est pas un endroit ordinaire et c’est beau à découvrir.

Par ailleurs, le moral est bon : quand tu reprends 500 milles sur tes poursuivants, c’est presque inespéré. Après, je suis un peu embêté pour mes problèmes de connexion, mais j’espère que ça ira. Et je reste préoccupé par cette dépression qui descend au long de l’Afrique. C’est ma préoccupation du moment : il va falloir faire des manœuvres, changer de voiles, mais c’est habituel. Et demain, on passe le cap de Bonne-Espérance, donc ce sera un bon week-end ! »

Arnaud BoissièresLa Mie Câline - Artisans Artipôle