15 Janvier 2021 - 19h39 • 14356 vues

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S’il faut certes quel temps par la mer pour découvrir ces confettis équatoriaux protégés des vagues touristiques et des prédateurs de toutes sortes, Fernando de Noronha, île volcanique, reste accessible par les airs tandis que Las Rocas, atoll de l’Atlantique, est la première réserve biologique créée au Brésil.

Qui imaginerait qu’aux abords de l’équateur, se nichent des îles paradisiaques que seuls quelques privilégiés peuvent aborder ? Certes les roches émergentes de São Pedro et São Paulo n’ont pas grand-chose à offrir si ce n’est quelques promontoires rocheux sans végétation (ou presque) dus à un plissement de la dorsale médio-atlantique. Royaume des oiseaux marins, essentiellement des fous et des noddis qui sillonnent les airs à la recherche de quelques nourritures, ces péridotites ne couvrent qu’à peine 13km2 par 0°55’ Nord et 29°20 Ouest, soit sur la route maritime qui relie l’Europe au Brésil.

C’est pour cela qu’un phare fut édifié en 1930, puis reconstruit en 1995 par la Marine brésilienne qui entretient aussi une station scientifique. Découvert par le Portugais Garcia de Noronha en 1511, ces îlots isolés à près de 1 000 km des côtes brésiliennes, furent aussi visités par Charles Darwin lors de son odyssée sur le HMS Beagle en 1832… Quelques navigateurs aperçoivent le feu à un éclat blanc toutes les dix secondes, en particulier lors de la « descente » de l’Atlantique à l’occasion du Vendée Globe ou de la Volvo Ocean Race (ex-Whitbread, désormais The Ocean Race)…

Les paradis sur mer !

Mais c’est plus proche des rythmes effrénés de la samba, à tout de même 370 kilomètres de Natal, que se situent les vingt-une îles de Fernando de Noronha, qui paradoxalement ont été décrites par Amerigo Vespucci, le « découvreur » du Nouveau Monde… Par 4° Sud et 32° 40’ Ouest, cet archipel n’est en fait peuplé (environ 4 500 habitants) que sur son socle principal de 17 km2. Patrimoine de l’UNESCO, le tourisme y est strictement réglementé pour préserver cet écosystème fragile où dauphins et tortues ont élu domicile à l’abord de plages paradisiaques : Baia de Sancho, Cacimba de Padre, Atalaia Beach, Praia de Cachorro… ou du parc naturel de Fernando de Noronha, sublime chaos de roches immergées ou émergentes ! Malheureusement, tout coûte excessivement cher en ces lieux où tout est importé…

Et il y a dans l’Ouest, à 150 km de Fernando de Noronha (et à 260 kilomètres au Nord des côtes du Brésil), l’unique atoll de l’Atlantique Sud, Las Rocas, par 3°50 Sud et 33°50 Ouest. Cet ovale de 3,7 kilomètres de long sur 2,5 kilomètres de large où la terre ferme ne s’étend que sur quelques hectares, ne culmine qu’à six mètres d’altitude et sur ces amas coralliens, s’élève un phare dont le premier exemplaire datait de 1883.

Le feu actuel érigé en 1967 est désormais autonome grâce à des panneaux solaires qui lui permettent d’éclairer l’horizon jusqu’à 13 milles, par deux éclats blancs tous les six secondes. Lieu de reproduction des tortues vertes, ce « puceron océanique » n’est abordable que par quelques scientifiques triés sur le volet et ses eaux environnantes sont riches de thons, de marlins, de requins, de cétacés et de tortues en migration vers l’Afrique. Hyper protégé, cet atoll est essentiel pour le maintien de la diversité biologique marine et rassemble l’une des plus importantes concentrations d’oiseaux marins tropicaux.

De fait, les leaders du neuvième Vendée Globe devraient laisser les îles de Fernando de Noronha, baignées d’une eau à 26°C et balayées par un alizé d’Est de 25° C et d’une douzaine de nœuds, à quelques milles seulement sur leur bâbord dès samedi midi…

La rédaction du Vendée Globe / DBo.