06 Février 2021 - 17h59 • 13864 vues

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Quelques minutes après son passage de ligne, Romain Attanasio - tout sourire comme à son habitude - livre ses premières impressions sur sa course. 

"C’est dingue ! T’es à fond. T’es obligé d’être à 100% connecté, il y a des pièges tout le temps. Si tu ne checkes pas un truc, ça devient une catastrophe. Ça ne s’arrête jamais ! Et cette remontée de l’Atlantique… J’ai eu toutes les options. La pétole aux Malouines, la tempête après, puis 3 jours bloqué dans le pot au noir, et de nouveau la tempête aux Açores !

C’est une nouvelle tranche de vie ! Il y a 4 ans je me rappelle de tout. J’étais avec mes copains - qui ne sont pas loin d’ailleurs, ils sont sur un semi-rigide - j’étais au ski peu de temps après mon retour et à un moment à table ils me disent « tu parles toujours du Vendée Globe ». Et c’est vrai, pendant des semaines après l’arrivée il n’y a que ça. C’est tellement marquant !

Maintenant il faut un troisième round, mais un round qui vole je l’espère, rapide et aérien !

Cette arrivée, tu y penses alors qu’il ne faut pas y penser car à tout moment la course peut s’arrêter. Tout à l’heure il y avait du vent et je me disais que le mât pouvait encore tomber. Quand tu passes la ligne tu te dis « il ne peut plus rien m’arriver ». Je ne réalise pas. Je descendais la grand-voile comme on fait d’habitude avec Seb et l’équipe et je ne me rendais pas compte… Plus de stress, c’est fini !

Pour Sam (Davies) c’est dur, on pensait qu’elle arriverait avant moi. On s’appelait pendant la course, j’avais envie de lui parler de l’arrivée mais je me retenais un peu. Mais elle va arriver au bout ! Tant que tu n’es pas arrivé, c’est interminable.

J’ai eu des grosses galères, mon chariot de grand-voile est resté bloqué là-haut juste avant le pot au noir. Depuis je navigue avec un ris dans la grand-voile, j’ai un gennak en morceaux, mon J1 a plié le chandelier, il était dans l’eau, j’ai passé 1h30 à le remonter. C’était une bêtise… La vie d’un Vendée Globe quoi !

On apprend tout le temps dans ce sport, dans cette course. On apprend aussi à ressentir la nature, la comprendre et s’y adapter. Je crois que c’est Franck Cammas qui dit que c’est dans la difficulté qu’on progresse. Là, j’ai bien progressé !"

Romain Attanasio / PURE-Best Western