14 Février 2021 - 12h09 • 11371 vues

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Après une remontée du chenal des Sables d'Olonne remplie d'émotions, Didac Costa (One Planet One Ocean) nous livre, en conférence de presse, ses premiers mots à propos de sa course.

C’était une aventure extraordinaire, cette fois-ci il y avait moins de monde, mais savoir que tant de gens m’ont suivi tout au long du parcours et qu’ils sont aujourd’hui heureux de me voir, ça me surprend. C’était une arrivée très émouvante. 
 

Comment avez-vous vécu ce deuxième Vendée Globe ? 
Forcément le parcours était le même, mais du point de vue de la navigation, c’était très différent. J’avais des nouvelles voiles donc j’ai pu pousser le bateau comme je voulais. J’ai pu vraiment davantage profiter du parcours, de la beauté des paysages et de l’aventure extraordinaire qu'est le Vendée Globe. 
 

Pourriez-vous nous donner un souvenir que vous retenez pour chaque océan ?
Sur la descente de l’Atlantique, je me souviens surtout des premiers jours, de l’adaptation et de cette grosse dépression qui s’était abattue sur nous. Dans l’océan Indien, j’essayais de rester coller à Pip Hare, c’était d’ailleurs le cas sur l’ensemble de la course et ce n’était vraiment pas évident. Les derniers jours dans l’océan Pacifique m’ont vraiment marqué car les conditions météo étaient difficiles, le vent était fort et les vagues énormes. Puis, je retiens cette remontée de l’Atlantique qui nous a fait voir jusqu’à la fin les difficultés de cette course à cause de cet anticyclone qui nous forçait à faire un énorme détour. 
 

Après 3 tours du monde vous devez vraiment bien connaître les mers du Sud. Qu’est-ce qui a été le plus magique ? 
C’est impossible de choisir. Le plus beau dans les mers du Sud,  c’est surtout le fait que ça soit vraiment sauvage et de voir des endroits mythiques, comme le cap Horn. Ce sont des moments très intenses. Après, il est difficile de comparer les trois tours car ils étaient très différents. Par exemple, la Barcelona World Race se fait en double et je découvrais les mers du Sud donc c’était une approche différente de la navigation. Ensuite, mon premier Vendée Globe était une découverte aussi dans le sens où j’ai eu le choc de faire cela en solitaire, sur un bateau aux performances plus limitées. Et puis cette année j’étais plus à l’aise, j’avais déjà l’expérience du premier, un bateau dans de meilleures conditions, donc j’ai vraiment pu me focaliser sur la performance. 
 

Etes-vous satisfait de votre choix d’avoir enlever les dérives ? 
Oui je suis très content de ce choix. On l’a fait surtout pour alléger le bateau, mais en termes de performance ça fonctionnait aussi très bien. Sur l’ensemble du parcours, je n’aurais pas tant que ça pu utiliser les dérives si je les avais laissées. 
 

Vous êtes aujourd’hui vu comme un des plus grands navigateurs espagnols. Qu’est ce que cela vous fait ? 
C’est difficile de répondre à cela. Il est très difficile pour les Espagnols d’avoir les moyens de faire le Vendée Globe. J’ai la chance d’avoir pu le faire grâce au soutien de mon équipe. Il y a beaucoup de talents en Espagne et il est difficile de se comparer. Je suis content qu’on dise ça de moi, mais ça me peine de savoir que plein de bons marins ne pourront pas le faire aussi. 
 

Avez-vous envie de partir sur un troisième Vendée Globe ? 
C’est difficile de le savoir aujourd’hui. On pense toujours à faire un autre Vendée Globe. Si j’en fais un nouveau, il faudra que ça soit un nouveau bateau car les règles évoluent donc le mien ne sera plus conforme. 
 

Qu’avez-vous appris sur ce Vendée Globe ? 
Ce sont trois mois très intenses. On doit être actif 24h/24, donc j’apprenais en permanence et sur un tas de choses, que ce soit sur la navigation ou la météo. 
 

Est ce que votre métier vous aide au quotidien dans votre façon de naviguer et de réagir à certaines situations ? 
Évidemment, ce sont deux choses très différentes, mais certaines de mes qualités acquises dans l’un ou l’autre travail peuvent m’aider. Par exemple, je sais rester calme face à des problèmes car c’est quelque chose qui est naturel pour moi dans mon travail à terre. Le travail d’équipe aussi est essentiel dans mon métier de pompier, et c’est aussi important sur ce Vendée Globe. 

C’était très inattendu pour moi cette relation qui s’est créée avec les pompiers des Sables d’Olonne. Leur soutien me touche vraiment. Grâce à eux, je vis ce Vendée Globe un petit peu différemment. Pourquoi ne pas me préparer avec eux pour le troisième tour du monde en solitaire ! 


Tu navigues sur le bateau qu’avait Ellen MacArthur en 2000. Quel était ton objectif ? 
L’objectif était de boucler ce tour du monde en 100 jours, c’était très présent pour moi.  A chaque passage de cap, je comparais les temps et pour la plupart j’ai réussi à faire les mêmes temps qu’elle. C’était vraiment ma référence. J’ai dû faire un gros détour dans l’Atlantique Nord qui m’a beaucoup ralenti par rapport au temps qu’elle avait fait, mais sinon j’ai réussi à tenir le rythme sur l’ensemble du parcours. L’autre référence, c’était Pip. Elle a un bateau de la même génération, j’essayais d’aller aussi vite qu’elle. 
 

Lequel de tes trois tours du monde a été le plus fatiguant physiquement ? 
Le plus simple était celui en double. Le Vendée Globe est une course vraiment épuisante et la fatigue ne cesse de s’accumuler au fur et à mesure. J’ai mis dix jours de moins qu’il y a quatre ans, et heureusement, car c’était dur jusqu’à la fin, donc j’ai eu dix jours de moins de fatigue.