Arnaud BOISSIÈRES

Portrait

Arnaud BOISSIÈRES

47 ans

Les Sables d’Olonne

Ces yeux bleus-gris parlent toujours d’horizons lointain, les rides s’affirment, les cheveux se gonflent toujours par le vent. Mais ce serait mal connaître Arnaud Boissières de ne voir en lui que le souriant bonhomme, l’éternel boute-en-train qui l’a fait adopter par le public des Sables d’Olonne où s’est installé cet Arcachonnais d’origine. A mesure qu’il a pris de la bouteille, sa motivation s’est transformée en une énergie communicative de celui qui sait où il va, ce qu’il veut, ce qu’il est venu chercher. « Je ne me vois pas faire un quatrième Vendée Globe pour entrer dans le livre des records »,explique-t-il. « J’ai monté mon projet comme si c’était le premier. »

A l’arrivée de sa première circumnavigation, alors âgé de 36 ans, « Cali » pouvait fanfaronner sur son vieux bateau à quille fixe, lui qui avait tenu tête aux machines de dernière génération (7e). Quatre ans plus tard, sur son Akéna Vérandas, il joue dans la même cour (8e) s’accrochant toujours aux dix premières places. Ses deux premiers Vendée Globe sont ceux de l’épanouissement, signant même le 3temps de l’Océan Pacifique en 2013. Quant à sa dernière participation, elle le frustre plus qu’autre chose mais il a la sagesse, devant les casses à répétition, de lever le pied dans les mers du Sud. « Seulement, sportivement, je ne pouvais en rester là » (10e). A peine passé le cap Horn, Arnaud Boissières, toujours en mer, appelle ses partenaires de La Mie Câline pour leur proposer un projet comprenant cette fois-ci un vrai défi technologique.

Et c’est ainsi qu’Arnaud Boissières, celui qui « ne fait pas carrière dans la voile », est reparti pour un nouveau challenge. Il rachète l’ancien bateau de Mike Golding, le remet à neuf, lui ajoutant notamment des foils avec l’écurie Mer Agitée, le chantier de Michel Desjoyeaux qui l’accompagne dans sa prise en mains. Si les nouveaux bateaux, tous des foilers, créeront la sensation sur ce Vendée Globe 2020, les anciennes embarcations sur lesquelles ont été rajoutés ces appendices, seront en embuscade. « Cali » ne sera pas le seul marin à rêver de faire son plus beau Vendée Globe car il a désormais beaucoup d’expériences en IMOCA. « Navigateurs, nous sommes des oiseaux migrateurs », aime-t-il à dire.

Palmarès

LA MIE CÂLINE - ARTISANS ARTIPOLE

Monocoque IMOCA

LA MIE CÂLINE - ARTISANS ARTIPOLE
  • Numéro de voile : FRA 14
  • Anciens noms du bateau : Ecover3, Président, Gamesa, Kilcullen Voyager Team Ireland
  • Architecte : Owen Clarke Design LLP - Clay Oliver
  • Chantier : Hakes Marine - Mer Agitée
  • Date de lancement : 03 août 2007
  • Longueur : 18,28 m
  • Largeur : 5,65 m
  • Tirant d'eau : 4,50 m
  • Déplacement (poids) : 7,9 tonnes
  • Nombre de dérives : foils
  • Hauteur mât : 29 m
  • Voile quille : basculante avec vérin
  • Surface de voiles au près : 300 m²
  • Surface de voiles au portant : 610 m²

Plan Owen Clarke, La Mie Câline- Artisans Artipôle n’est autre que l’ancien Ecover 3 avec lequel Mike Golding a couru deux Vendée Globe, avec des destins très différents. En 2008, il démâte au large de l’Australie. Remis en état, il termine 3e de la Transat en double 2009. Il est surtout très modernisé et très allégé en 2011. Malgré un deuxième démâtage juste après sa remise à l’eau en mai 2012, Mike Golding parvient à boucler sa préparation et il terminera à son bord 6e du Vendée Globe 2012/2013, en 88 jours et 6 heures. Aux mains de l’Irlandais Enda O’Coineen, Kilcullen - Team Ireland démâte à nouveau lors du Vendée Globe 2016/2017. Rénové de l’étrave au tableau arrière chez Mer Agitée à Port-La-Forêt, il reçoit un nouveau mât-aile 100% carbone, de nouveaux safrans et surtout, il se voit doté de foils. Le bateau devrait être à même de rivaliser sur un tour du monde.

Actualités

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