Toutes les actualités

Élodie Bonafous, figure de la nouvelle génération

CES SKIPPERS QUI VISENT LE VG2028 2/5.

Pour Élodie Bonafous, l’année 2025 aura été aussi riche qu’enthousiasmante. Après la mise à l’eau, en février dernier, de son nouvel IMOCA - un sistership de l’IMOCA MACIF Santé Prévoyance de Charlie Dalin, vainqueur du dernier Vendée Globe - baptisé Association Petits Princes – Quéguiner, la navigatrice de 30 ans a enchaîné les courses et les premières expériences marquantes. Une victoire remarquée sur la Rolex Fastnet Race, une première traversée de l’Atlantique lors de la Transat Café L’Or, puis un retour en « faux solo » : autant d’étapes fondatrices sur la route de son grand objectif, le Vendée Globe 2028. Portrait d’une navigatrice qui incarne, au féminin, une nouvelle génération de marins.

Elodies Bonafous
© Alexis Courcoux

Vendée Globe :

D’où viens-tu et comment as-tu découvert la voile ? 

Élodie Bonafous

Je suis originaire d’un petit village du Finistère nord qui s’appelle Lanmeur, près de Locquirec, là où j’ai découvert la voile. J’ai commencé tout juste à l’âge de marcher, avec mon papa, sur un petit voilier de plaisance. J’ai ensuite intégré un club en Optimist vers 8 ou 9 ans.

Vendée Globe :

Quand as-tu commencé à rêver du Vendée Globe ?

Élodie Bonafous

À l’arrivée du Vendée Globe d’Ellen MacArthur en 2001. J’avais regardé toutes les images et, à Noël suivant, j’ai reçu tous ses livres.

Vendée Globe :

Que représente le Vendée Globe pour toi ?

Élodie Bonafous

Pour moi, le Vendée Globe est l’un des plus grands challenges sportifs et humains que je puisse m’imaginer relever dans ma carrière. Mais au-delà de ça, c’est surtout un rêve.

Vendée Globe :

Ton bateau est le sistership de l’IMOCA MACIF, vainqueur du Vendée Globe 2024 et détenteur du nouveau record. Avais-tu imaginé disputer ton premier tour du monde à bord d’un tel IMOCA ?

Élodie Bonafous

J’ai toujours espéré disputer mon premier Vendée Globe avec un projet compétitif, parce que la compétition est ce qui m’anime dans ce sport. Mais je n’étais pas allée jusqu’à imaginer avoir la chance, aussi tôt, de bénéficier d’un projet aussi abouti. C’est une vraie chance, d’autant plus que je dispose d’un cycle complet de championnat pour me préparer. J’ai réuni les meilleurs éléments que j’aurais pu imaginer.

IMOCA Association Petits Princes – Quéguiner
© Romain Marie

Vendée Globe :

Quelles sont les personnes qui t’ont le plus inspirée dans ta carrière ?

Élodie Bonafous

Ellen MacArthur, parce que c’est elle qui a fait naître ce rêve de Vendée Globe. Et puis Armel Le Cléac’h, parce qu’il est originaire de la baie de Morlaix, comme moi. Il était le parrain de mon équipe d’Optimist quand j’étais petite. La première fois que je suis montée sur un Figaro, c’était avec lui, puis ma première fois sur un IMOCA également.

Vendée Globe :

Quel est ton temps maximum passé seule en mer ?

Élodie Bonafous

C’était sur le circuit Figaro, en Figaro 3, et aujourd’hui cela ne dépasse pas six jours ! 

Vendée Globe :

Une anecdote de galère en mer à nous raconter ?

Élodie Bonafous

La première fois que j’ai eu une avarie, la gestion du self-control n’était pas au meilleur niveau (rires). Je me suis tellement énervée que la seule chose que j’avais envie de faire, c’était de manger un paquet de gâteaux plutôt que de résoudre le problème. J’ai compris que naviguer seule en mer demande de rester concentrée et d’aller à l’essentiel, parce que personne ne peut nous aider et qu’il faut réussir à rester calme.

Vendée Globe :

Ton meilleur souvenir en course ?

Élodie Bonafous

Une étape de la Solitaire du Figaro où je termine 3e lors de ma première année avec le groupe Quéguiner. C’était une étape de vent fort, très engagée, où j’ai pris énormément de plaisir. C’était aussi la première fois que j’allais vraiment au bout d’un travail bien fait et que j’atteignais mon objectif sur une étape.

Vendée Globe :

Qu’est-ce qui te fait rêver dans le Vendée Globe ?

Élodie Bonafous

La notion de dépassement de soi associée à la solitude. À la fois, ça me fait peur, mais c’est aussi l’idée d’aller explorer quelque chose que peu de personnes sur cette planète ont vécu, de se retrouver vraiment face à soi-même, parfois face à des choses qui ne sont pas faciles.

Vendée Globe :

Qu’est-ce qui t’effraie le plus ?

Élodie Bonafous

La solitude aussi. Je suis quelqu’un de sociable et j’aime les moments conviviaux. Soixante-dix jours en mer, ça peut être long et fatigant. Savoir gérer son moral sur une durée aussi longue est quelque chose de clé.

Les questions bonus 

Ton petit plaisir gourmand en mer ? Les Kinder Bueno.
Un objet que tu n’oublieras pas sur ton tour du monde ? Mon casque audio pour la musique et les podcasts.
Si tu n‘étais pas skipper, que ferais-tu ? J’ouvrirais un surfshop dans un endroit où il fait chaud et où on surfe en maillot de bain ! 
Ton pire défaut ? Je crois que j’en ai deux… J’ai du mal avec les horaires et je peux assez facilement m’énerver quand ça ne se passe pas comme je veux. 
Ta plus grande qualité? Je suis très déterminée et je sais ce que je veux ! 


Partager cet article

Dernières actualités