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Un mur sans vent à 200 milles de l’arrivée

2 mai 2016, Plymouth (UK), départ de
© Yvan Zedda / Gitana SA

« On fait avec ce qu’on a», résume Sébastien Josse ! Pas de vent ou si peu. Des vitesses très faibles et des VMG (velocity made good, vitesse efficace vers le but) parfois même négatives pour continuer à avancer tant bien que mal vers Les Sables d’Olonne. A 80 milles à la verticale des côtes Espagnoles pour le duo Jérémie Beyou/Sébastien Josse, et environ 70 milles plus nord pour Alex Thomson, les trois leaders sont encalminés. Ils peinent à dépasser les 7 nœuds de vitesse… et il n’y a quasiment pas d’espoir de voir revenir un vent stable. Nous sommes dans une situation de marais barométrique avec un gradient archi faible comme disent les météorologues. Le tout se cumule avec une bulle anticyclonique et se traduit par un vent aux abonnés absents.
Dans ces conditions, il n’y a pas d’autre choix en effet que « faire avec ce qu’on a » : espérer une risée, un nuage, un grain pourquoi pas orageux pour progresser malgré tout en laissant si possible l’étrave pointée vers la ligne d’arrivée… ce qui ne l’est pas toujours car il faut parfois virer, comme on le voit ce matin, pour trouver un angle qui permet de progresser à faible vitesse ou d’aller chercher une risée sur le plan d’eau.
© Mark Lloyd / HUGO BOSSA ce petit jeu, impossible de crier victoire au moindre mille gagné. On a même vu Alex Thomson – plus proche de la route directe- reprendre brièvement la tête tôt ce matin, avant de la laisser de nouveau à Jérémie Beyou ! Après avoir totalement perdu sa maigre avance à deux reprises, le skipper de Maître CoQ vient juste de se recréer un petit avantage d’une quinzaine de milles. Mais celui-ci est ultra fragile et absolument rien n’est certain dans les 200 derniers milles. Avec une si faible distance à couvrir (alors qu’avec du vent, un IMOCA est capable de les avaler en une dizaine d’heures), on peut certes continuer à les espérer demain matin aux Sables d’Olonne… mais ce n’est même pas certain et les prévisions d’ETA sont totalement aléatoires dans ces conditions. C’est bien ce que disait Jérémie Beyou hier : « j’ai du faire tourner 72 routages et aucun n’est d’accord, ils me donnent entre un jour et 13 heures et deux jours et 23 heures ! »

Paul Meilhat a repris 200 milles en 2 jours
© B.Carlin / SMALa plus criante illustration de ce véritable arrêt-buffet pour les trois leaders est la remontée sur eux du quatrième, Paul Meilhat. Observons les chiffres : le skipper de SMA accusait 370 milles de retard sur Maître CoQ voilà 48 heures… et il n’en a plus que 170 milles ce matin à 11h ! Paul Meilhat a repris la bagatelle de 200 milles en deux jours au trio de tête. L’équivalent de 370 kilomètres terrestres ! Ceci dit, sa moisson de milles est déjà en train de devenir beaucoup moins spectaculaire : SMA ne navigue plus qu’à 11 nœuds, car lui aussi commence à buter dans cette immense zone sans vent qu’est aujourd’hui le golfe de Gascogne.
 
© Thierry Martinez / Sea and CoDerrière, dans le deuxième groupe, on parvient encore à naviguer aux environs de 15 nœuds, et donc on réduit aussi l’écart. Tanguy de Lamotte (Initiatives Cœur) est 5e à 327 milles, le Japonais Kojiro Shiraishi (Spirit of Yukoh) est 6e à 354 milles. Le PRB de Vincent Riou, 7e, est maintenant à moins de 360 milles du leader et Fabrice Amedeo (Newrest-Matmut, 8e) est à 491 milles.
 
Un trio aux Açores
Beaucoup plus loin, dans le troisième groupe, la bagarre fait rage en approche des Açores entre trois autres favoris du Vendée Globe qui – après leur escale technique forcée à Newport en début de course – s’étalonnent et prennent beaucoup d’infos sur leurs bateaux respectifs dans cette régate improvisée. Pour Yann Eliès (Quéguiner-Leucémie Espoir), Morgan Lagravière (Safran) et Jean-Pierre Dick (St Michel Virbac), l’archipel des Açores va d’ailleurs faire office de séparation de trafic, puisque visiblement Jean-Pierre Dick a choisi de foncer au sud des îles, alors que Yann Eliès et Morgan Lagravière se dirigent vers un passage au nord de l’archipel. Cela donne un écart latéral très conséquent entre eux : 275 milles, c’est autant qu’une traversée du golfe de Gascogne de Saint-Nazaire à Gijon, pour donner une petite idée.
 
Enfin, à l’arrière de la course, c’est encore évidemment un autre système météo dans lequel naviguent le néozélandais Conrad Colman (100% Natural Energy) et le Néerlandais Pieter Heerema (No Way Back). Pour eux, la route est encore longue : environ 1700 milles…
 
BM/Mer et Media

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