20 Février 2017 - 18h38 • 38017 vues

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Alan Roura vient d'accomplir une véritable performance. Pour preuve, la présence de Jean le Cam, Bernard Stamm, Fabrice Amedeo, Eric Bellion et Arnaud Boissières, tous venus féliciter le suisse de 23 ans. C'est îvre de joie que le benjamin de l'épreuve s'est présenté en conférence de presse, après l'accueil reçu par le public et ses proches. Sa barbe drue ne suffisait pas à cacher l'intense émotion qui le traversait.

Conférence de presse d'Alan Roura, La Fabrique

"Le jour du départ était incroyable. Il a fallut du temps pour comprendre ce qui se passait. Là c’est pareil, je suis encore à l’ouest. Ce matin j’étais encore tout seul et là je suis devant une foule. C’est un jour magnifique car c’est la fin de notre projet, qui a été monté avec de la débrouille. C’est une victoire pour tous les gens qui ont participé à ce projet. C’est une fierté d’avoir passé la ligne d’arrivée avec ce bateau."

La Fabrique, ex Superbigou
"Pour un premier Vendée Globe, partir avec ce bateau était un choix intelligent car il était fiable, mais aussi stupide car il est dur à naviguer. Il n’est pas simple à manier. C’est comme si je faisais le Paris-Dakar avec une 4L. C’est fiable mais tu te traines."

"Mon bateau est une légende de la course au large. Il dégage un truc, il est beau. Il est rond. Il est doux. Un bateau ça doit être élégant. Bernard (Stamm) a toujours été mon idole. Je me suis dit que mon Vendée Globe c’était avec ce bateau car il allait m’emmener au bout. Il pourrait aller au musée, mais il a prouvé qu’il n’était pas encore prêt à être rangé."

Dans la cour des grands
"Le Vendée Globe c'est l’aventure, la casse, les pleurs, les rires. Je revois les vidéos de l’édition 2000 avec Michel Desjoyeaux, Ellen MacArthur, qui m’ont donné envie de faire ça. Avec ce que j’avais pu lire et entendre, je n’ai pas été surpris de ce qui m’arrivait. Mais tant que tu ne l’as pas vécu tu ne peux pas te rendre compte. Douzième c’est incroyable."

"Pour réussir le Vendée Globe, il faut prendre le départ, terminer, et le gagner. Pour moi tout est gagné."

Triptyque de Noël
"La rencontre de Noël avec Eric (Bellion) et Enda (O'Coineen) s’est faite un peu par hasard. On s’est dit que ça serait cool de se dire bonjour. On a tous eu nos moments de galère et on s’est retrouvés dans cette zone. On n’est pas partis pour gagner le Vendée Globe mais pour raconter une aventure. On a tous agit en marin sur ce moment. Tout le monde a été assez intelligent pour faire ça. Et résultat, on a eu un Noël avec 3 bateaux qui se rencontrent."

Avarie de safran
"La veille, je me suis dit, Alan si tu pètes, il ne faut pas que ça soit là... Mon safran était cassé, la mèche était abimée. J’ai mis mon bateau à la cape. Je me suis posé, j’ai réfléchi. J’ai mis le safran à l’eau, je me suis pendu à l’arrière du bateau et j’ai réglé ça en une heure après un effort incroyable. Ça parait simple mais ça ne l’était pas. C’est un moment où tu te dis, je suis un marin."

Vivre l'aventure
"On a eu un Vendée Globe magique dans l’histoire, avec une performance des leaders, Jean le Cam qui se tire la bourre avec Yann Eliès et nous, notre petit groupe."

"Ce n’est pas simple tous les jours parce que t’es tout seul. Même en prison tu vois des gens. Là, tu prends 3 mois dans une cellule humide Il faut être cinglé, et à la fois c’est tellement bon. Tous les jours tu te dis que c’est dur, mais aussi que tu ne pourras peut-être par revivre ça. La solitude est dure mais c’est ce qu’on vient chercher."

"Toutes les journées en course sont belles. On est là pour ça. Tu te dis, mais pourquoi je fais ça? Et quand tu poses le pied à terre tu oublies tout et tu te dis que tout a été magique."

L'expérience d'une vie
"Le Vendée Globe est une course de marin. Je n’ai pas beaucoup de courses à mon actif mais je suis sur les bateaux depuis l’âge de 2 ans. Pendant tous les moments compliqués, j’avais mes souvenirs de gamin, comment on faisait pour réparer. On ne s’invente pas marin. J’ai ramené le bateau aux Sables en gérant des situations de crise, et c’est ça la course au large."

"Je ne me suis jamais pris pour un pro de la course au large. Ça n’a jamais été mon métier. C’est une passion, c’est ce qui me fait rêver. Je reviendrai dans de meilleures conditions. Il n’y a pas que le bateau, il y a tout ce qui va autour. Une carrière en voile peut s’arrêter du jour au lendemain. C’est un milieu qui est très dur car ça ne fonctionne qu’avec des sponsors. Je ne suis pas venu pour être le plus jeune mais parce qu’on m’a laissé la chance d’y aller. Ce n‘est pas simple à 23 ans de monter un projet comme ça. Va vendre un projet en disant que tu vas assurer derrière."

Et maintenant?
"J’ai envie de revenir et je vais me battre pour ça. C’est ce que je sais faire et ce que j’aime faire, trouver des sponsors, un bateau. Mon premier Vendée Globe est fini et il y a une part de tristesse. Je suis content d’avoir terminé et de voir tout le monde mais demain matin, je vais me lever, et je fais quoi? Je veux revenir en 2020 avec un bateau performant. Je veux prendre le temps de m’entrainer. Avec du temps et du budget, il y a moyen de faire quelque chose."

Press conference during Finish arrival of Alan Roura (SUI), skipper La Fabrique, 12th of the sailing circumnavigation solo race Vendee Globe, in Les Sables d'Olonne, France, on February 20th, 2017 - Photo Olivier Blanchet / DPPI / Vendee Globe

Arrivée de Alan Roura (SUI), skipper La Fabrique, 12ème du Vendee Globe, aux Sables d'Olonne, France, le 20 Février 2017 - Photo Olivier Blanchet / DPPI /

Conférence de presse d'Alan Roura

 
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