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La foule des grands jours

Fleet at start of the Vendee Globe, in Les Sables d'Olonne, France, on November 6th, 2016 - Photo Jean-Marie Liot / DPPI / Vendee GlobeFlotte au départ du Vendée Globe, aux Sables d'Olonne le 6 Novembre 2016 - Photo Jean-Marie Liot / DPPI / Vendee Globe

Le principe de l’alternance des deux grands phares de la course au large en solitaire, le Vendée Globe et la Route du Rhum, offre une bonne lecture de l'évolution de la flotte des 60 pieds Imoca. Chaque édition de la Route du Rhum permet d’établir une projection assez nette de qui prendra le départ du Vendée Globe suivant. La recherche de performance nécessite en effet une expertise de construction, mais aussi un budget et un investissement de temps importants. On estime qu’il faut trois ans de travail pour se présenter en ordre de marche sur la ligne de départ des Sables d’Olonne.

De plus, courir les rendez-vous du calendrier des Imoca Globe Series assure un avantage aux plus endurants puisque les règles d’inscription au Vendée Globe se sont raffermies : en cas de trop plein de candidats au-delà des trente places prévues, pour espérer faire partie des solitaires admis au départ, il faudra avoir beaucoup navigué ! Avec 20 Imoca60 au départ de l’édition des 40 ans de la Route du Rhum, il y a tout lieu de croire que tout va déjà bien pour le Vendée Globe 2020, et ce même si, parmi les projets présentés, certains connaîtront peut-être des déconvenues. On fait le point ?

Ils courent la Route du rhum et sont bien partis pour (re)venir aux Sables en 2020 (16 candidats)

Fabrice Amedeo (Newrest Art & Fenêtres) a déjà mis le cap sur son 2e Vendée Globe à bord de l’ancien No Way Back, bijou de foiler piloté à petit train par Pieter Heerema en 2016-2017, dessiné par Guillaume Verdier et construit par le chantier italien Persico.

Romain Attanasio (Pure Famille Mary) court actuellement sur un plan Farr de 2007, Gitana Eighty, conçu pour Loïck Peyron pour le Vendée Globe 2008 (démâtage), et qui a bouclé deux Vendée Globe, avec Jean le Cam en 2012-2013, puis avec Fabrice Amedeo en 2016-2017.

Alexia Barrier (4myPlanet) a couru les Monaco Globe Series et elle traverse actuellement l’Atlantique. Dans son Sud natal, Alexia se démène pour porter son projet jusqu’à Port Olona. En parallèle, elle compile les milles avec son plan Lombard né en 1998, l’ex-Whirlpool Europe 2 de Catherine Chabaud, l’ex-Initiatives Cœur de Tanguy de Lamotte (2012) et l’ex-Famille Mary – Etamine du Lys de Romain Attanasio (2016).

Yannick Bestaven (Maître-CoQest en route pour le Vendée Globe avec son partenaire vendéen, qui aura juste fêté ses 50 ans. Sur l’ancien PRB de Vincent Riou (2008), piloté ensuite autour du monde par Arnaud Boissières (2012) et Tanguy de Lamotte (2016), le patron de Watt and Sea est sur la bonne voie.

Jérémie Beyou (Charal) a fait sensation à Saint-Malo, où il a pu présenter son foiler flambant neuf. Insuffisamment fiabilisé, le dernier-né de la flotte a souffert sur l’eau, mais ce n’est qu’un épisode : c’est pour être en mesure de gagner en 2020 que l’enfant de la baie de Morlaix a attaqué si tôt son projet.

Arnaud Boissières (La Mie Câline – Artipole) est sur les rangs avec l’ancien Gamesa de Mike Golding que l’écurie de Michel Desjoyeaux, Mer Agitée, a transformé en foiler. 7e en 2008, 8e en 2012, 10e en 2016, « Cali » est sur la route de son 4e Vendée Globe.

Louis Burton (Bureau Vallée) a le sponsor et le bateau – l’ex-Banque Populaire vainqueur de l’édition 2016) pour aller jusqu’au prochain Vendée Globe. L’apprentissage du vol se poursuit, quoique tronqué par un abandon sur la Route du Rhum. Pour le 7e du Vendée Globe 2016, la trajectoire qui mène aux Sables d'Olonne est droite.

Manuel Cousin (Groupe Setin) est un nouveau-venu dans la classe Imoca, et il fait ses armes avec méticulosité et un enthousiasme débordant sur un bateau construit pour Jean-Pierre Dick en 2007, et skippé ensuite par Arnaud Boissières. Il aura un des convoyages les plus courts à faire pour le départ en 2020 : le bateau dort à Port Olona…

Sam Davies (Initiatives Cœur) court à bord d’un bateau qui n’est pas passé dans n’importe quelles mains : Michel Desjoyeaux pour commencer, Armel le Cléac’h en 2012, puis Jérémie Beyou en 2016. Avec, donc, une 2e et une 3e place au palmarès… Encore affiné, et doté de foils, ce plan VPLP Verdier est un avion.

Boris Herrmann (Malizia II, Yacht Club de Monaco) pilote l’ancien Edmond-de-Rothschild de Sébastien Josse (2016-2017), un des premiers foilers. Si le financement de l’épopée Vendée Globe reste à achever, il sera fort probablement le premier Allemand à tenter la grande boucle… ou un des deux premiers.

Ari Pekka Huusela (Ariel II) est pilote de l’air pour la Finnair et il rêve de Vendée Globe ! La Route du Rhum est son premier test, effectué sur l’ancien Aviva de Dee Caffari.

Isabelle Joschke (Monin) est une des trois femmes engagées sur la Route du Rhum en catégorie Imoca. Son démâtage ne change pas sa volonté d’emmener l’ancien VLPL-Verdier de Yann Eliès en 2016, auparavant de Marc Guillemot en 2008 et 2012, jusqu’au chenal des Sables d'Olonne en 2020.

Stéphane le Diraison (Time for Oceans) a renforcé son champ de partenaires : la ville de Boulogne-Billancourt est rejointe par Suez et Bouygues Construction, qui condescendent à apparaître à la marge du message que le Francilien porte dans ses voiles : Time for Oceans. Le bateau a été tour à tour Hugo Boss (2008), Energa (2012) et La Compagnie du Lit, le premier projet de son actuel skipper.

Alan Roura (La Fabrique) est sur l’ex BritAir d’Armel Le Cléac’h (2e en 2008) et ex-MACSF, désormais équipé de foils. Un bon compromis qui permet au jeune skipper suisse de s’inscrire d’ores et déjà dans la trajectoire vers 2020.

Damien Seguin (Groupe Apicil) a réalisé son rêve, à savoir joindre les éléments qui lui permettront de prendre le départ du Vendée Globe 2020. Le sponsor, c’est ok, le talent, c’est ok (il est double champion paralympique entre autres), le bateau, c’est également ok (c’est celui qui a porté Eric Bellion à la 9e place de la 8e édition). Reste à tisser les liens. Cette Route du Rhum est une étape importante vers 2020.

Alex Thomson (Hugo Boss) aurait dû, avant son échouement sur la côte de Guadeloupe, connaître sa première grande victoire sur une classique de la course au large en solitaire. La pénalité décidée par le jury le rétrograde finalement à la troisième place, mais sa performance témoigne de son opiniâtreté ainsi que d’un long et méthodique apprentissage en marge des chemins classiques de la course au large française. Alors que les propositions architecturales se diversifient, Alex a choisi de faire dessiner son prochain Imoca60 par le cabinet VPLP, qui gagne sur tous les plans d’eau depuis si longtemps. Le bateau est en cours de fabrication chez Carrington Boats, à Hythe.

Ils construisent leur projet pour 2020 (13 concurrents)

Paul Meilhat (SMA) arrive à la conclusion de son partenariat avec SMA, qui l’a accompagné pendant quatre ans. Le skipper réalise une Route du Rhum absolument remarquable sur l’ex Macif, que François Gabart a mené à la victoire en 2012-2013. Il n’a pas encore de foils mais le bateau, même avec ses dérives droites et quelques années au compteur, reste un sacré canot. A noter que, bien qu’une histoire s’achève, le bateau n’est pas en vente, Mer Agitée en conservant la propriété.

Yann Eliès (Ucar Saint-Michel) se battait pour le podium de la Route du Rhum, à l’heure d’écrire ces lignes, tout en sachant qu’il s’agissait de sa dernière aventure avec le bateau sur lequel Jean-Pierre Dick a couru le (son ?) dernier Vendée Globe. Le triple vainqueur de la Solitaire du Figaro est en négociations très avancées avec un éventuel prochain sponsor, mais cela doit se concrétiser. Une situation stressante pour une des grandes figures de la course au large, toujours aussi compétitif sur l’eau.

Sébastien Simon (Arkea Paprec) est tout frais vainqueur de la Solitaire du Figaro, et heureux futur skipper d’un Imoca60 flambant neuf, ce qui lui donne un avantage dans la course à l’inscription au Vendée Globe. Le futur bateau a été dessiné par Juan Kouyoumdjian, il est en cours de construction chez CDK, à Port-la-Forêt, et le directeur technique est… Vincent Riou. Solide projet.

Charlie Dalin (Groupe Apivia) n’a pas quitté le giron du groupe Macif, soucieux de développer une flotte globale. C’est donc sous les couleurs de Groupe Apivia que le Normand va préparer son Vendée Globe. La direction du projet est confiée à Jean-Bernard Leboucher, le directeur des activités Mer à la Macif, la conception et la gestion du bateau ont été déléguées à FG Mer Concept, l’écurie de course de François Gabart, et Charlie Dalin, ancien skipper Macif, sera aux commandes. L’architecte, c’est Guillaume Verdier, le chantier est CDK et la mise à l’eau sera effectuée en juin 2019. Charlie aussi bénéficie d’une posture préférentielle sur l’inscription au Vendée Globe 2020… à condition de se qualifier.

Armel Tripon a pris, à bord de son Multi50 Chocolat Réauté, la troisième place toutes catégories de la Route du Rhum 2018. Chapeau ! Une fois achevée cette Transatlantique, le Nantais va embrayer sur son projet Imoca en prenant une route de conception différente. Ministe de cœur et polymorphe, il a choisi de confier le design de son bateau au talentueux Sam Manuard et la création du bateau au chantier Black Pepper, qui va décliner son savoir-faire méticuleux dans la course au large pour la première fois.

Maxime Sorel (VandB) a mis un terme de façon un peu triste à son aventure en Class40 : dans les énormes dépressions du golfe de Gascogne, le skipper VandB a démâté. Mais juste avant le départ, il a annoncé son passage en Imoca60, avec le Vendée Globe dans le viseur. Il a un sponsor fidèle, qui partagera l’affiche avec un co-partenaire, non annoncé, et courra sur l’ancien Souffle du Nord de Thomas Ruyant. Un bateau fiable que le Nordiste a sauvé de manière magistrale des mers australes après une avarie majeure.

Kojiro Shiraishi vient d’annoncer qu’il repartait à l’aventure du Vendée Globe. Le Japonais avait fait sensation au départ, en 2016, droit comme un samouraï, dans son kimono et armé du sabre de cérémonie. Il va faire construire un Imoca dans le moule de Charal, promesse d’une bête de course et d’une candidature aux plus belles places !

Jörg Riechers (Offshore Team Germany) est en passe de réussir son aventure : être au départ en 2020. Il a créé une structure, Offshore Team Germany, racheté la coque de l’ex-Acciona 100% Eco-Powered de l’Espagnol Javier Sanso (2012). Le chantier est lourd, mais le bateau profitera de foils dessinés par Martin Fischer.

Eric Nigon (Vers un monde sans Sida) est un amateur qui vise le Vendée Globe. Un amateur éclairé, passé par les classes Figaro, Class40 et Multi50 et qui ambitionne embrasser son rêve ultime : descendre le chenal des Sables. S’il a financé lui-même plusieurs de ses aventures, il est en quête de soutiens pour le mener sur la route du Vendée Globe.

Morgan Lagravière. Le talentueux enfant de la Réunion n’a pas pris le départ de la Route du Rhum à bord de son ex-Safran, aux mains de l’écurie de Roland Jourdain, Kairos, faute de sponsor. Mais la quête se poursuit !

Giancarlo Pedote. L’équipier de luxe s’est lancé dans l’aventure 2020 armé de son accent et du charme à l’italienne, mais également d’une belle expérience du large et d’un bateau. Il a en effet racheté l’ex-StMichel – Virbac de Jean-Pierre Dick à sa structure, Absolute Dreamer. Son sponsor historique, Prysmian Group, l’accompagne durant son temps de préparation de ses budgets.

Pip Hare (Piphareoceanracing.com) loue Super Bigou, plan Rolland construit par Bernard Stamm et mis à l’eau en 2000, et qu’Alan Roura a mené dans une circumnavigation réussie en 2016 (12e). Pip Hare est une journaliste chez Yachting World et qui, par ses multiples aventures, s’applique à décrire les ressorts de l’humain dans les conditions extrêmes. Son but : devenir la femme la plus rapide autour du monde en solitaire et sans escale.

Denis Van Weinbergh (EyeSea) a racheté Spirit of Hungary (2014) que Nandor Fà a dessiné lui-même avec Attila Déry. Chef d’entreprise, le quinquagénaire a toujours rêvé du Vendée Globe, lui qui a été moniteur de voile et de croisière à l’UCPA. Son concept de communication et de financement collaboratif et participatif s’appelle EyeSea. Il propose de faire voyager une photo de l’iris de ses partenaires sur la grand-voile.

On attend de leurs nouvelles (12 concurrents)

Enda O’Coineen et les projets irlandais autour de Joan Mulloy ; Thomas Ruyant, plus qu’un outsider ; Conrad Colman, le plus Frenchy des Néo-Zélandais ; Alex Pella, tourdumondiste né pour batailler ; Sam Goodchild ; Kito de Pavant ; Jean le Cam ; Yoann Richomme ; Aurélien Ducroz ; Didac Costa, le Catalan qui bouclerait bien un 2e tour du monde ; Gwénolé Gahinet en quête d’un projet tourné vers la performance ; Vincent Riou (PRB), qui attend l’issue de la Route du Rhum pour déterminer ses envies et qui, en attendant, est directeur technique du projet de Sébastien Simon. 

Bateaux à vendre

Sont à vendre l’actuel Hugo Boss (2015), l’ex-Safran désormais Kairos (2015), Vivo a Beira (ex-Savéol) (2004), l’ex-Kingfisher (2000), Great America (2006), 100% Natural Energy (2005), Le Souffle du Nord / Team Ireland (2007)…

L'info en plus

Le changement de jauge, apporté par la classe IMOCA en amont de l’édition 2016-2017, et l’émergence des foils, qui changent beaucoup de choses en termes de navigation, « ont créé un mouvement intéressant puisqu’ils offrent une cure de Jouvence aux bateaux nés avant la dernière jauge », explique Antoine Mermod, le président de la classe Imoca puisque, sauf s’ils démâtent ou perdent leur quille, ils ne sont pas soumis aux mêmes règles que les bateaux neufs pour ce qui concerne le mât et la quille, désormais monotypes. « Les bateaux des générations précédentes peuvent gagner en performance avec des foils, puisqu’ils ont moins de poids à porter. Et, même si le design de la coque est très ‘archimédien’, les foils ont pour vocation de sustenter les bateaux pour limiter la traînée, ce qui offre de belles options pour faire des bateaux assez compétitifs ».

 

 

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