05 Novembre 2020 - 16h30 • 45590 vues

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Pas de tourbillon populaire ni médiatique cette année, c'est chacun chez soi ! Les 33 skippers du Vendée Globe ont pris leurs quartiers aux Sables d’Olonne seuls ou en famille et commencent à rentrer dans leur bulle de coureurs d’océan.

Il y a bien sûr ce contact avec le public et les proches qui manque, la perspective d’un départ à huis clos qui gâche un peu la fête, mais cette dernière semaine avant le grand saut dans l’inconnu, vécue en vase clos, leur permet de se concentrer sérieusement, de s’organiser sans contraintes, de rentrer dans une certaine solitude. Déjà, quelques skippers ont dit au revoir à leurs enfants, ce qu’a fait Charlie Dalin en expliquant à son petit garçon de 2 ans qu’il partait faire un tour du monde et qu’il reviendrait après. L’émotion à l’approche du départ est encore furtive, le trac gagne jour après jour du terrain, alors les journées sont quand même rythmées pour ne pas se laisser envahir. Sébastien Simon par exemple donne un rythme à son quotidien, quitte à remplir des Sudoku pour ne pas monter en pression.

L’étude de la météo est finalement la plus fidèle alliée des marins sur cette semaine confinée. Les fichiers se font plus précis, l’heure est à la projection sur le départ et les premiers jours de course. Comme des pilotes de voltige, ils simulent les manœuvres et révisent leurs trajectoires. Leurs rêves doivent être courts mais intenses, leurs nuits agitées… Voici ce qu’ils nous ont raconté.

 

Isabelle Joschke - MACSF
« J’ai la même routine quotidienne depuis 15 jours, je commence par faire du pilate et ensuite je vais faire de la course à pieds pour le cardio. C’est essentiel pour garder les muscles des jambes qu’on va vite perdre sur la course. »

Sam Davies – Initiatives-Coeur
« Je viens juste de rentrer d’un tennis avec mon fils ! Je profite des moments à la maison en famille, je me repose, ça me fait du bien car depuis quelques semaines mon emploi du temps était bien chargé. »

Alexia Barrier – TSE – 4myplanet
« Exceptionnellement j’ai été au bateau ce matin, j’avais un problème d’ordinateur. C’est important pour moi de pouvoir le faire. On peut venir seul à bord, il y a pas mal de restrictions mais à part ça, cela se passe bien à la maison avec ma famille, c’est de l’énergie importante avant le départ. »

© Jean-Louis Carli / Alea / VG2020

Damien Seguin – Groupe APICIL
« Mon préparateur physique et mental est avec moi depuis le début du confinement. On a la chance d’être proches des sables à 300 mètres de la plage. Donc les matins sont studieux avec les baskets. Il faut remplir les journées car ce n’est pas évident de vivre les dernières semaines confinées, loin des bateaux et sans l’excitation des dernières semaines sur les pontons. Il faut partir en forme et reposé. »

Stéphane Le Diraison – Time for Oceans
«  Côté bateau, tous les jours à 11h30, j’appelle l’équipe en visio afin de pouvoir participer aux dernières petites bricoles. Niveau personnel, ma famille est confinée avec moi ce qui me permet de me sentir bien entouré dans cette période de préparation déterminante car c’est la dernière ligne droite. Donc j’ai une routine, tous les jours, je travaille la météo, je fais une séance de sport d’une heure, une séance de méditation et je garde un peu de temps pour la promenade d’une heure autorisée pour prendre l’air et garder le moral intact. C’est plutôt tranquille voir décalé, d’être confiné avant un tour du monde. »

Romain Attanasio – PURE – Best Western
« On s’est confiné en famille. Ça permet de se préparer ensemble avec Sam, à la course. On regarde les fichiers météo depuis 15 jours tout en se disant que ça ne sert à rien car ça change tout le temps… On fait surtout les choses qu’on n’a pas eu le temps de faire avant comme la compta, tous les papiers car personne ne pourra le faire pour nous à terre. On quitte Trégunc demain pour revenir aux Sables d’Olonne ! »

© Jean-Louis Carli / Alea / VG2020

Jean Le Cam – Yes We Cam !
« C’est très spécial. Nous sommes tous à moitié confinés depuis quelque temps, toutes les personnes autour de nous sont testées toutes les semaines. Je vous avoue que ça ne me fait pas du tout envie de rester enfermé dans ma chambre pendant 7 jours ! Je vais peut-être venir voir mon bateau la nuit. »

Armel Tripon – L’Occitane en Provence
« J’ai choisi de me confiner avec Ronan, mon coach, pour bien préparer cette compétition et aller au bout d’un travail que nous avons commencé il y a plusieurs mois. Travailler une course telle que le Vendée Globe se fait de manière sérieuse et rigoureuse et je crois que tout seul j’aurais eu du mal à garder cette discipline. »

Benjamin Dutreux – OMIA – Water Family
« Je mange bien, je fais de la météo j’ai aussi pas mal de paperasse à finir avant de partir, car un projet Vendée Globe, c’est comme gérer une petite entreprise. Je vais dire au revoir à mes proches petit à petit. Le plus dur, c’est pour mon équipe qui a travaillé dur et qui ne pourra pas faire la fête le jour du départ. Nous ferons ça à mon retour ! »

© Jean-Marie Liot / Alea / VG2020

Maxime Sorel – V and B – Mayenne
« J’essaye de me mettre dans la course, de me reposer. Je pense que ça ne va pas être simple quand même. Un membre de l’équipe a apporté le jeu Formula One : on va pouvoir faire toute la saison des Grands Prix de F1 en une semaine ! »

La rédac du Vendée Globe / OM

 

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