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Loïs Berrehar, la chance se travaille

En attendant la mise à l’eau de son IMOCA, prévu au printemps 2027, Loïs Berrehar s'entraîne à bord de Malizia 4, son jumeau. Portrait d’un marin en route vers son premier Vendée Globe.

Loïs Berrehar, souriant, en polo noir Team Banque Populaire, photographié à contre-jour, le regard levé vers un ciel nuageux, avec des mâts de voiliers en arrière-plan.

Son actu

« Ce sera, de loin, le plus grand défi que j’aurai entrepris. » Loïs Berrehar (Banque Populaire 14) ne minimise pas l’enjeu. En 2028, il prendra le départ de son premier Vendée Globe, sur un IMOCA neuf attendu au printemps 2027.

Tout commence en plein Vendée Globe 2024-2025. Pendant que la flotte fait le tour du monde, il intègre l’écurie Banque Populaire et découvre les premières formes de son bateau. « Je me suis immédiatement projeté à son bord, sur le Vendée Globe quatre, ans plus tard. »

Ce bateau, il ne le construit pas seul. Team Malizia (Boris Herrmann), TR Racing (Thomas Ruyant) et Team Banque Populaire ont conçu et construit leurs IMOCA ensemble, une première dans la classe. Pour Loïs Berrehar, tout l’enjeu tient en une phrase : « Il faut partir avec une bonne arme. »

Son monocoque ne cherchera pas les extrêmes. L’équipe a fait des choix « relativement conservateurs », pour éviter un bateau trop complexe ou trop fragile. « Nous ne serons peut-être pas les meilleurs dans certaines conditions, mais nous voulons éviter d’avoir de véritables points faibles », résume-t-il.

Son bateau n’est pas encore à l’eau ? Il le prend déjà en main… mais sur son sistership. Malizia 4, l’IMOCA de Boris Herrmann, sort du même moule de coque, et Loïs a fait partie de l’équipage qui a traversé l’Atlantique à son bord cet été. « Je ne suis pas simplement dans l’attente de mon bateau : je peux déjà le tester et l’appréhender dans des conditions réelles. »

Son moment fondateur

La date exacte, il ne s’en souvient plus. Ce qu’il a ressenti, si. Loïs a sept ou huit ans quand il se retrouve, pour la première fois, seul à bord de son Optimist, le petit dériveur sur lequel apprennent les enfants. Jusque-là, il naviguait avec ses parents, mais ce jour-là, la voile et les décisions ne dépendent que de lui.


J’ai découvert ce sentiment de liberté et compris tout ce qu’il était possible de faire sur l’eau.

Loïs Berrehar
Banque Populaire 14

Une évasion au sens propre : quitter la terre ferme et découvrir qu’on peut, même enfant, choisir son cap. Il n’a plus jamais décroché : « À partir de ce moment-là, je n’ai jamais arrêté de faire de la voile. »

D’un Optimist d’à peine plus de deux mètres aux 18 mètres d’un IMOCA, le fil ne s’est jamais rompu. En 2028, il repartira seul, cette fois pour faire le tour du monde.

Ce qui l’a forgé : l’Atlantique pour salle de classe

À dix ans, son cartable prend la mer. Loïs traverse l’Atlantique en famille et suit l’école à bord, avant d’entrer au collège. De ce voyage, il revient avec une certitude : « Je n’avais plus envie de faire autre chose que de naviguer et de passer du temps sur l’eau. »

La voile faisait déjà partie de sa vie, en baie de Quiberon. Son père, Yvon Berrehar, est navigateur. À partir de 2015, il a été directeur technique du projet IMOCA de Fabrice Amedeo, notamment pour le Vendée Globe 2016-2017. 

De quoi, selon ses mots, « naturellement orienter [ses] choix » : le Vendée Globe et la Route du Rhum le font rêver depuis toujours.

Son trait de caractère : la patience du compétiteur

Patient, lui ? Loïs ne l’aurait pas dit spontanément. Ses choix parlent pour lui.

Il a goûté assez jeune à l’IMOCA, en double, avec le Vendée Globe « dans un coin de [sa] tête ». Il a pourtant choisi de se concentrer sur le Figaro : sept Solitaires, le temps de « travailler, de progresser et de chercher la performance sans brûler les étapes ».

Cette patience n’a rien d’une attente. Les résultats en Figaro étaient, dit-il, « indispensables pour accéder à l’étape supérieure ». Il est allé les chercher un par un, en apprenant à garder la tête froide.

Portrait en studio de Loïs Berrehar, souriant, bras croisés, vêtu d’une veste softshell noire floquée du logo Team Banque Populaire, sur fond gris uni.

Son signe distinctif : la gratitude pour boussole

Au fil de l’entretien, un mot revient plus souvent que les autres dans sa bouche : la chance. Chaque étape de son parcours, il la raconte comme une occasion qu’on lui a offerte.

Ce n’est pas de la fausse modestie. Un projet Vendée Globe réserve son lot de casses, de mauvais choix et de moments éprouvants. Pour ne pas se décourager, Loïs Berrehar se raccroche à une idée simple : « Il ne faut jamais oublier la chance extraordinaire que nous avons de vivre ces aventures. »

Cette gratitude donne aussi un sens aux sacrifices : « Voilà pourquoi nous sommes prêts à nous faire mal et à consentir des sacrifices pour mener à bien ces projets. »

Son talent : se battre aux avant-postes

Loïs fait ses classes en Figaro, l’antichambre du Vendée Globe. Sur des monocoques monotypes de 10 mètres, les concurrents s’y affrontent à armes égales, c’est donc le marin qui fait la différence. Loïs Berrehar termine 2ème de la Solitaire en 2024, avec deux victoires d’étapes, et remporte la Transat Paprec 2023 en double avec Charlotte Yven.

En parallèle, il fait ses gammes en IMOCA depuis 2021, en double et en équipage. Pour le Vendée Globe 2024-2025, il sera le skipper remplaçant de Charlie Dalin sur MACIF Santé Prévoyance, prêt à prendre le départ en cas de problème.

Reste à porter ce talent sur un tour du monde. Loïs sera un concurrent très observé et un solide prétendant pour jouer aux avant postes en 2028.

Vendée Globe :

Quel âge a Loïs Berrehar et où est-il né ?

Il est né le 30 octobre 1993 à Tours et a grandi en baie de Quiberon.

Vendée Globe :

Où habite Loïs Berrehar ?

Il vit dans le Morbihan.

Vendée Globe :

Dans quelle équipe navigue Loïs Berrehar ?

Il est le skipper du Team Banque Populaire pour le Vendée Globe 2028, à bord de Banque Populaire 14. En attendant sa mise à l’eau, il navigue avec Team Malizia.

Vendée Globe :

Quel est le palmarès de Loïs Berrehar ?

En Figaro, il a disputé sept Solitaires du Figaro, dont une 2e place en 2024 avec deux victoires d’étape, et une 5e place en 2026. Il a remporté la Transat Paprec 2023 en double avec Charlotte Yven. En IMOCA, il a gagné en 2025 la Course des Caps et le Défi Azimut, et terminé 3e de la Transat Café L’OR, avec Sam Goodchild sur MACIF Santé Prévoyance. Il a aussi pris la 4e place de The Ocean Race Europe 2025 avec Team Malizia, et disputé deux Transat Jacques Vabre en IMOCA (10e en 2021, 17e en 2023).

Vendée Globe :

Loïs Berrehar a-t-il déjà couru le Vendée Globe ?

Non. Le Vendée Globe 2028 sera sa première participation. Il était le skipper remplaçant de Charlie Dalin pour l’édition 2024-2025.

Vendée Globe :

Quand Banque Populaire 14 sera-t-il mis à l’eau ?

Sa mise à l’eau est prévue en mars ou avril 2027. Il est construit au chantier CDK Technologies.

Vendée Globe :

Qu’est-ce qui distingue son nouveau bateau ?

Il est conçu pour la polyvalence, avec une carène plus classique que celle de certains IMOCA récents et une coque adaptée à la mer forte. Il sort du même moule de coque que Malizia 4, l’IMOCA de Boris Herrmann.

[Bande-annonce] « Vendée Globe, Seuls autour du monde »

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