L'expérience avant tout
Chez lui, l'ambition s'exprime moins dans les grandes déclarations que dans le souci permanent du détail, de la progression et le travail collectif. Deuxième du Vendée Globe 2024-2025 derrière Charlie Dalin, le skipper Paprec ouvre déjà un nouveau chapitre. À moins de trois ans du prochain départ, un nouvel IMOCA est en construction, son équipe s'est étoffée et son projet se dessine avec une ambition assumée : revenir plus fort. « C'est une équipe beaucoup plus mature que la dernière fois. Nous avons la chance de pouvoir bâtir ce deuxième essai au Vendée Globe sur notre première expérience », résume-t-il ainsi.
Le mot qui revient le plus souvent dans sa bouche n'est pas le mot victoire, mais le mot expérience : celle d'une première campagne qui lui a appris autant sur le bateau que sur lui-même. Il retient surtout l’excitation qu’il a eu à faire naviguer son premier IMOCA. « On l'appelait la machine à sourire tellement c’était un plaisir de naviguer à bord », raconte-t-il. Une manière de rappeler que, pour lui, la performance ne vaut que si elle s'accompagne toujours d’une certaine joie à naviguer.
Un nouvel IMOCA pour aller plus loin
Son premier IMOCA avait démontré un potentiel redoutable dans le vent fort, avec un cockpit fermé devenu une référence jusque chez certains concurrents. Pour le nouveau bateau, conçu une nouvelle fois avec le cabinet d'Antoine Koch, il ne s'agit pas de tout réinventer mais de pousser le concept plus loin. Les IMOCA volent désormais de plus en plus longtemps ; le défi consiste maintenant à rendre ce vol plus stable et plus maîtrisable. « Nous dessinons une évolution assez agressive de notre ancien bateau », explique-t-il simplement.
Mais le principal enseignement du dernier Vendée Globe n'est pas uniquement technique. Avant de prendre le départ, Richomme redoutait surtout la longueur de l'exercice, les semaines qui s'accumulent, la fatigue qui s'installe, l'usure mentale... C'est précisément sur ce terrain qu'il s'est surpris. « La durée du Vendée Globe me faisait un petit peu peur. Et ça, je l'ai plutôt bien appréhendée. L'événement est tellement hors norme en termes de sensations, de suivi, d'intérêt. C'est presque une épopée, quelque chose d'exceptionnel ». Une découverte qui nourrit aujourd'hui sa conviction d’y retourner. Avec, glisse-t-il dans un sourire, « presque une envie de vengeance » pour aller chercher cette place qui lui a échappé.
Car lorsqu'on termine deuxième, la marge de progression paraît infime. « C'est forcément une pression pour nous. Nous sommes très conscients qu'il y a plus de chances de moins bien faire que de mieux faire. Il nous reste une place à gravir. Mais il en reste 39 derrière », reconnaît-il. Une pression qu'il accepte sans détour. Car, chez lui, l'objectif est clair depuis longtemps : revenir en 2028 avec un projet encore plus abouti.
Le nouvel IMOCA sera mis à l'eau en mars prochain. Le véritable compte à rebours commencera alors. Mais dans la tête de Yoann Richomme, cette nouvelle campagne a déjà débuté. La mise à l'eau n'en sera que le premier acte.