Toutes les actualités

Comment les innovations technologiques profitent à toute la flotte du Vendée Globe

Foils nouvelle génération, matériaux composites, électronique embarquée, production d'énergie... À chaque édition du Vendée Globe, les bateaux repoussent un peu plus leurs limites. Mais ces innovations ne profitent pas uniquement aux derniers IMOCA mis à l'eau : elles améliorent progressivement la sécurité, la fiabilité et les performances de l'ensemble de la flotte, permettant à des bateaux de générations différentes de rester performants et fiables sur le tour du monde.

Hugo Boss is taking the start of the Vendee Globe sailing race in les Sables d’Olonne, France, on November 8, 2020
© Vincent Curutchet

Des foils toujours plus aboutis

Depuis le Vendée Globe 2016, les foils ont profondément transformé le visage de la course. Ces appendices qui permettent de réduire la traînée et d'augmenter la vitesse n'ont cessé d'évoluer. Chaque nouvelle génération gagne en efficacité, mais aussi en polyvalence et en maîtrise. Les foils de dernière génération ne cherchent plus uniquement à faire "voler" le bateau. Leur forme est désormais pensée pour offrir davantage de stabilité dans une mer formée, afin de permettre au skipper de conserver un rythme élevé tout en limitant les contraintes exercées sur le bateau. Une évolution qui profite ensuite à toute la flotte, au fil des nouvelles constructions et des refontes des bateaux existants.

Des bateaux toujours plus fiables

Sur un Vendée Globe, où les skippers naviguent seuls pendant près de trois mois sans assistance, la performance ne vaut rien sans la fiabilité. Les innovations portent donc autant sur la vitesse que sur la capacité des navires à résister à des semaines de navigation dans des conditions extrêmes.

Les matériaux composites, les méthodes de conception et les outils de simulation permettent aujourd'hui d'optimiser chaque pièce, de réduire les risques de casse et d'améliorer la robustesse des IMOCA. Chaque édition du Vendée Globe apporte son lot de retours d'expérience. Une pièce qui casse, une zone de faiblesse identifiée ou un système qui montre ses limites deviennent autant d'enseignements intégrés aux générations suivantes de bateaux ou lors de la modernisation des IMOCA existants. Ces avancées bénéficient progressivement à l'ensemble de la classe, y compris aux projets qui naviguent sur des bateaux plus anciens.

Merci, skipper Sebastien Destremau (FRA) prend le départ du Vendee Globe aux Sables d’Olonne, France, le 8 Novembre 2020
© Jean-Marie Liot/Alea

Une technologie au service du skipper

Pendant un Vendée Globe, le pilote automatique est souvent le premier équipier du skipper. Associé aux capteurs embarqués et aux outils d'analyse des performances, il est aujourd'hui capable de barrer avec une précision remarquable pendant des heures, laissant au marin le temps de se reposer ou de se consacrer à la météo, à la stratégie ou à la maintenance du bateau. Ces systèmes les aident ainsi à mieux exploiter leur bateau et à prendre des décisions plus éclairées. L'objectif étant de leur permettre de naviguer plus longtemps, plus sereinement et dans de meilleures conditions de sécurité.

L'innovation accompagne aussi la transition énergétique

Les IMOCA évoluent également dans leur manière de produire l'énergie nécessaire à la vie à bord. Sur de nombreux bateaux, les panneaux solaires et les hydrogénérateurs couvrent désormais une grande partie des besoins électriques, qu'il s'agisse d'alimenter les instruments de navigation, les systèmes de communication ou le pilote automatique. L'objectif est de limiter autant que possible le recours aux énergies fossiles, tout en garantissant l'autonomie et la sécurité des skippers.

Cette évolution se retrouve également dans la réglementation. En vue du Vendée Globe 2028, l'avis de course renforce les exigences en matière de transition énergétique. Les skippers devront produire l'essentiel de leur énergie grâce à des solutions décarbonées, tandis qu'une réserve de 60 litres de carburant restera autorisée, notamment pour faire face à des situations exceptionnelles. Les projets dotés d'une propulsion 100 % électrique devront, eux, disposer d'une autonomie minimale de cinq heures à 5 nœuds grâce à l'énergie stockée dans leurs batteries. Cette évolution illustre la recherche permanente d'un équilibre entre sobriété énergétique et sécurité, alors même que les IMOCA fonctionnent déjà avec une consommation d'énergie particulièrement limitée pendant un tour du monde.

Une innovation au bénéfice d'une flotte diversifiée

Si certains projets disposent de moyens importants pour développer les innovations les plus récentes, le Vendée Globe continue de réunir des bateaux de générations différentes, des équipes visant la victoire, des marins qui découvrent le circuit et des projets porteurs de causes environnementales ou solidaires.

Contrairement à d'autres disciplines technologiques où chaque progrès reste longtemps réservé aux équipes les plus puissantes, l'IMOCA fonctionne donc comme un laboratoire collectif. Les innovations se diffusent progressivement d'un projet à l'autre, permettant à l'ensemble de la flotte de gagner en sécurité, en fiabilité et en performance, tout en conservant la diversité qui fait la richesse de la classe. C'est aussi ce qui fait la singularité du Vendée Globe : sur une même ligne de départ se côtoient des IMOCA de générations différentes, capables chacun de raconter une aventure sportive différente. Tous bénéficient, à leur manière, des innovations développées au fil des campagnes précédentes. C'est ce qui permet au Vendée Globe de conjuguer innovation permanente, diversité des projets et aventure humaine.

Le sifflement incessant des foils | Vendée Globe 2024

Partager cet article

Dernières actualités