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Chaque course compte : ce que la saison IMOCA 2026 construit pour le Vendée Globe 2028

Créée en 2026, The Ocean Race Atlantic fait son entrée au calendrier IMOCA Globe Series. Cette nouvelle transatlantique en équipage s’élancera de New York le 1er septembre 2026 en direction de Lorient, sur plus de 3 000 milles nautiques. Si elle n'entre pas dans le processus de qualification au Vendée Globe 2028, elle constituera néanmoins une étape utile dans la préparation de plusieurs campagnes. Développement de nouveaux bateaux, validation des choix techniques, montée en puissance des équipes : à plus de deux ans du grand départ, cette course offrira un premier aperçu de projets qui visent le tour du monde en solitaire.

francesca clapcich
© Julien Champolion - polaRYSE

Six IMOCA seront au départ, et les profils sont volontairement contrastés : Malizia de Boris Herrmann et le nouveau DMG MORI de Kojiro Shiraishi côtoieront les projets de Francesca Clapcich, Paul Meilhat ou Oliver Heer. Des campagnes qui n’en sont pas au même stade, ne poursuivent pas les mêmes objectifs, mais que le calendrier IMOCA fait naviguer ensemble — et qui toutes, à des degrés divers, regardent vers novembre 2028. Le tracé, qui quitte New York — port de départ que le Vendée Globe retrouvera en juin 2028 avec la New York Vendée – Les Sables d’Olonne —, soumettra les bateaux à plusieurs jours de navigation intensive en équipage sur l’Atlantique Nord.

Pour les équipes engagées, cette transatlantique représentera donc bien davantage qu’une nouvelle course au calendrier. Elle offrira l’occasion d’accumuler des milles dans des conditions océaniques réelles, parfois sur des bateaux récemment mis à l’eau, et de confronter immédiatement les choix effectués pendant leur conception à la réalité du large.

L’objectif sera naturellement de rechercher la performance, mais aussi de tester les systèmes embarqués, d’évaluer le comportement des bateaux sous différentes allures et d’identifier les points à améliorer. Chaque nouveau bateau traduit une vision différente de la performance. Certains privilégient des foils plus puissants, d’autres une plateforme plus polyvalente ou une ergonomie pensée pour faciliter la vie du skipper en solitaire. Sans tout révéler, cette transatlantique offrira les premiers éléments de comparaison entre ces philosophies de conception qui s’affronteront ensuite sur le Vendée Globe.

Une nouvelle manière de préparer le Vendée Globe

Cette évolution illustre un changement profond de la classe IMOCA. Si le Vendée Globe reste une aventure en solitaire, sa préparation est devenue largement collective. Architectes, ingénieurs, préparateurs, météorologues, spécialistes de la performance et marins travaillent désormais de concert pendant plusieurs saisons.

Les courses en équipage jouent un rôle central dans cette organisation. Elles permettent de faire naviguer le bateau quasiment en permanence, de multiplier les essais et de confronter rapidement les choix techniques à la réalité de l’océan. En quelques jours de course, une équipe peut accumuler un volume d’informations qu’il faudrait parfois plusieurs semaines à réunir lors de simples entraînements.

Pour certains projets, cette traversée servira également à renforcer l’organisation de l’équipe, affiner les méthodes de travail et créer des automatismes entre les marins et la cellule technique. Un travail peu visible, mais devenu indispensable dans les campagnes modernes.

Chaque course compte

Un Vendée Globe ne se prépare pas seulement sur son bateau. Il se construit course après course, transat après transat, dans l’accumulation de milles, de manœuvres de nuit, d’avaries réparées seul ou à plusieurs. Chaque rendez-vous du calendrier IMOCA — en solitaire, en double ou en équipage — ajoute une couche d’expérience à des skippers dont certains n’ont encore jamais franchi le cap Horn.

C’est le paradoxe de cette préparation collective : elle converge vers un moment où il ne restera plus personne à bord. Un skipper, un bateau, un océan. La définition n’a jamais changé, et c’est précisément ce qui rend le chemin si long. Ce que le collectif construit patiemment, la solitude devra le porter pendant deux mois et demi, sans escale et sans assistance.

C’est aussi ce qui explique la diversité des projets. Certains visent la victoire aux Sables-d’Olonne, d’autres l’accomplissement d’un tour du monde. Cette pluralité fait la richesse du plateau et n’a jamais empêché personne de partager la même ligne de départ.

Une étape dans un cycle de plusieurs années

Le Vendée Globe ne se prépare plus uniquement dans les mois qui précèdent le départ. Les campagnes s’étalent désormais sur plusieurs saisons, alternant mises à l’eau, phases de développement, courses en solitaire et navigations en équipage. Chaque rendez-vous répond à un objectif précis : faire progresser le bateau, fiabiliser les systèmes et permettre aux équipes d’arriver plus sereinement aux grandes échéances.

C’est dans cette logique que s’inscrit The Ocean Race Atlantic. Les enseignements recueillis y guideront les évolutions techniques des prochains mois et contribueront à construire les campagnes qui viseront le départ des Sables-d’Olonne en 2028.

Le premier regard tourné vers 2028

À plus de deux ans du prochain Vendée Globe, cette course ne désignera évidemment aucun favori. Elle permettra surtout à plusieurs projets de franchir une étape dans leur construction : observer les premiers pas de nouveaux bateaux, mesurer la maturité de plusieurs projets et comprendre les orientations techniques prises par certaines équipes. C’est aussi pour cela qu’elle mérite d’être suivie : parce qu’elle raconte déjà, en creux, une partie du Vendée Globe 2028.

Le départ du Vendée Globe est prévu pour le 12 novembre 2028
© DR

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