Au moment où le coup de canon retentit aux Sables d'Olonne, une quarantaine de skippers s'élancent vers le large. Mais une fois la ligne franchie, chacun se retrouve seul à bord. Quelques minutes après avoir quitté le chenal, chaque bateau prend sa route et les marins se retrouvent seuls face à l'océan.
Sur les quais, l'aventure ne s'arrête pas pour autant. Préparateurs, ingénieurs, partenaires et proches voient s'éloigner un projet qu'ils ont parfois construit pendant quatre ans. À partir de cet instant, ils ne peuvent plus prendre la moindre décision à la place du skipper. Mais ils continuent de faire vivre le projet : ils suivent la course, restent à l'écoute des nouvelles du bord, gèrent la communication, préparent l'arrivée et restent mobilisés jusqu'au retour au port.
Quatre années de travail pour un départ
Pendant près de trois mois, le skipper affronte seul les tempêtes, les avaries, la fatigue et les doutes. C'est cette solitude qui nourrit la légende du Vendée Globe. Pourtant, elle n'existerait pas sans le travail de toute une équipe mobilisée bien avant le départ.
Car un Vendée Globe ne commence pas en novembre, sur la ligne de départ. Il débute souvent plusieurs années plus tôt. Avant même de penser aux quarantièmes rugissants, il faut bâtir un projet. Convaincre des partenaires de financer une campagne qui représente plusieurs millions d'euros, constituer une équipe, acheter ou construire un IMOCA, participer au championnat IMOCA Globe Series pour décrocher sa qualification, accumuler les milles et apprendre à connaître son bateau. Le skipper est la figure de proue de cette aventure, mais il n'en est jamais l'unique artisan.
Les femmes et les hommes de l'ombre
Bien avant le départ, les bases techniques vivent au rythme du Vendée Globe. Les IMOCA y sont régulièrement mis à nu avant d'être rééquipés et préparés pour la course. Chaque vérin, chaque drisse, chaque pièce du gréement est inspecté. Une défaillance dans les mers du Sud peut anéantir plusieurs années de préparation.
Autour du bateau gravitent des spécialistes de tous horizons : préparateurs, architectes, ingénieurs, électroniciens, experts des matériaux composites ou de l'énergie embarquée. Chacun cherche à trouver le meilleur compromis entre fiabilité et performance. Une amélioration infime peut représenter plusieurs dizaines de milles d'avance après 80 jours de navigation. Ces femmes et ces hommes apparaissent rarement sur les images du départ. Pourtant, leur travail accompagne le skipper jusqu'à la ligne d'arrivée.