Le dimanche 12 novembre 2028, quarante skippers au maximum quitteront les Sables d'Olonne pour s'élancer autour du monde, en solitaire, sans escale et sans assistance. Derrière l'image du grand départ se cache une réalité moins visible : aucun marin ne sera sur la ligne de départ par hasard.
D'ici là, les candidats vont enchaîner les courses du championnat IMOCA Globe Series, accumuler des points, tester leurs bateaux, gérer les imprévus... et tenter de décrocher l'un des précieux billets pour l'Everest des mers.
Pour cette 11e édition, l'organisation a fait évoluer les règles de qualification afin de combiner la performance sportive et la diversité des projets. Une évolution qui change la manière de construire une campagne Vendée Globe.
Le Vendée Globe, aboutissement d’un cycle
Jusqu'à présent, la qualification reposait largement sur l'accumulation de milles parcourus. En concertation avec la classe IMOCA, la SAEM Vendée a repensé les règles d'accès au Vendée Globe pour préserver l'ADN de la course : récompenser les skippers qui s'engagent sur la durée, dans un projet sportif de long cours dont le tour du monde constitue l'aboutissement.
C'est désormais le championnat IMOCA Globe Series qui sert de fil rouge jusqu'en 2028. L'objectif est clair : valoriser l’expérience tout au long du cycle. Chaque départ, chaque classement, chaque point marqué construit une campagne qui trouve son point culminant sur la ligne des Sables d'Olonne.
Le championnat rassemble dix-huit épreuves du calendrier IMOCA, disputées en solitaire, en double ou en équipage. Parmi elles figurent notamment la Vendée Arctique - Les Sables d'Olonne, la Route du Rhum, la Transat Café L'Or, la New York Vendée - Les Sables d'Olonne ou encore le Vendée Globe. À chaque course, les skippers marquent des points selon leur résultat et l'importance de l'épreuve : une victoire sur un tour du monde ou une grande transat rapporte davantage qu'une course plus courte. Le barème tient aussi compte du format — solitaire, double ou équipage — mais toutes les épreuves comptent dans la construction d'une campagne.
Une seule course ne suffit plus
Pour être officiellement qualifié, deux conditions devront être réunies. La première est de figurer parmi les 37 premiers du classement final de l'IMOCA Globe Series. Le classement récompense la régularité plus que la simple participation.
Pour établir le classement final, seules les neuf meilleures performances réalisées sur les principales courses du championnat (grades 1, 2 et 3) sont retenues. Les contre-performances ou les abandons peuvent donc être écartés, ce qui évite qu'une casse matérielle ou un incident de parcours ne compromette définitivement une campagne de qualification.
Ce mode de calcul offre également davantage de flexibilité aux équipes. Un skipper contraint de manquer une course en raison d'un problème de santé, d'un chantier technique sur son IMOCA ou d'un événement personnel pourra encore rester dans la course à la qualification grâce aux résultats obtenus sur les autres épreuves.
Prouver sa capacité à naviguer seul
Figurer parmi les 37 premiers ne suffit toutefois pas. Chaque skipper devra également terminer au moins une course en solitaire de grade 2 d'ici à 2028, sur le bateau avec lequel il prendra le départ du Vendée Globe. Cette condition peut notamment être remplie à l'occasion de la Vendée Arctique - Les Sables d'Olonne, de Retour à La Base, de la Transat CIC, de la New York Vendée - Les Sables d'Olonne et de la Route du Rhum . Cette course devra en outre être terminée dans un temps inférieur au double de celui du vainqueur.
L'objectif est clair : s'assurer que tous les candidats possèdent une véritable expérience récente de la navigation océanique en solitaire sur leur IMOCA. Le Vendée Globe reste avant tout une aventure extrême où le skipper doit pouvoir affronter seul les océans pendant près de trois mois. Il n'était donc pas envisageable qu'un marin découvre véritablement son bateau en solitaire au moment du départ.
Jusqu'à 40 skippers au départ
Comme en 2024, la flotte sera limitée à 40 IMOCA. Trente-sept places seront attribuées selon le système de qualification. Les trois dernières pourront l'être sous forme de wild cards. Ces invitations, laissées à l'appréciation de l'organisation, permettront de compléter la flotte jusqu'à un maximum de quarante participants, tout en préservant la diversité des profils, des nationalités ou des parcours représentés sur la ligne de départ.
Une aventure qui commence bien avant le départ
Le Vendée Globe reste le tour du monde le plus exigeant de la voile. Mais l'aventure débute bien avant que les amarres ne soient larguées aux Sables d'Olonne. Ces deux prochaines années, chaque départ, chaque classement et chaque point marqué pèseront dans la construction du plateau final.
Les skippers devront trouver le bon équilibre entre performance, gestion des risques et développement de leur projet. Car il ne s'agit plus seulement de terminer des courses : il faut être capable de trouver son bateau et de le faire progresser, ses sponsors, de constituer son équipe, d'enchaîner les résultats,et d'arriver en novembre 2028 avec un projet fiable, un marin expérimenté... et une qualification en poche. Avant de défier les océans du globe, encore faut-il gagner sa place. La route vers le Vendée Globe 2028 est déjà ouverte!