Il a fermé les yeux. C’était le mardi 14 janvier 2025 aux Sables-d’Olonne, un matin après 64 jours et 19 heures de mer. Charlie Dalin levait les bras, sur le pont de Macif d’abord, puis avec une bouteille de champagne, puis un trophée. Pourtant, à chaque fois, il a fermé les yeux comme pour contenir tout ce qui ne se dit pas. Charlie Dalin venait de remporter le Vendée Globe et il faudra attendre quelques mois pour apprendre qu’il était engagé dans une bataille encore plus grande, une bataille pour la vie et l’espoir. Il a fermé les yeux et a gardé pour lui ses combats les plus intimes et les plus intenses, à lutter contre un cancer décidément plus redoutable et glaçant que les pires des dépressions.
Un nom associé à la Vendée
Ce ne sont pas seulement les membres du milieu de la voile, les passionnés du « Vendée » et tous ceux qui aiment le sport qui ont le cœur lourd aujourd’hui. Charlie Dalin était bien plus qu’un vainqueur. Il avait l’étoffe de ceux qui inspirent, de ceux qui bataillent pour susciter l’espoir. Nous sommes tous ainsi faits qu’il reste, à l’écume de la tristesse du moment, des souvenirs aussi fugaces qu’intenses. Des discussions, des attitudes, un regard, des sourires…
Charlie a écrit les plus belles pages de son histoire ici, son nom étant associé à jamais à la Vendée : victoire à la Vendée Arctique (2022), démonstration incroyable à New York Vendée (2024) et le Vendée Globe enfin. On sait qu’il a arraché quelques larmes aux suiveurs, la nuit du dénouement en 2021, quand il a franchi la ligne en premier mais a cèdé la victoire à Yannick Bestaven. On a vu sa gêne, aussi, lorsque Yannick a dit que le « trophée était un peu à lui ». On a été saisi par son recul et sa capacité à faire bonne figure, même après avoir perdu l’objectif d’une vie de marin pour une poignée d’heures.