15 January 2015 - 12:00 • 9043 views

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Deuxième des deux dernières éditions du Vendée Globe, Armel Le Cléac’h se donne clairement les moyens de remporter le prochain avec son futur 60 pieds IMOCA Banque Populaire VIII, entré en phase finale de construction. Rempli d’innovations, ce plan VPLP/Verdier sera notamment équipé de foils. Après une mise à l’eau prévue dès le mois de mars, Armel Le Cléac’h effectuera son premier test grandeur nature à l’occasion de la Transat Jacques Vabre 2015 qu’il disputera en double avec Erwan Tabarly.
 

« L'absence de victoire donnait à tout le monde envie d'y retourner, cette fois avec notre bateau. J'ai digéré le Vendée Globe 2012/2013, me suis projeté quatre ans plus tard, ai considéré la mesure du challenge, et tout le monde a voulu y retourner à 100% ». Dès l’arrivée du dernier Vendée Globe, Armel Le Cléac’h n’avait qu’une envie : revenir une troisième fois, pour gagner. Dans cette optique, la construction d’un nouveau 60 pieds IMOCA est apparue comme l’option la plus adaptée. Présentation de cette machine innovante par Armel Le Cléac’h et l’architecte Vincent Lauriot-Prévost.

Le choix des architectes

Armel Le Cléac’h : « Nous sommes partis avec VPLP Verdier pour leur compétence et leur proximité, car on a besoin d'eux au quotidien. Leurs bateaux sont performants et en constante évolution. La volonté de Banque Populaire était de faire travailler un chantier français, des artisans français, et on a opté pour CDK. Et on profite là encore de l'avantage de la proximité. On s'est rapproché de Safran pour mutualiser certaines choses, comme les outillages et le moule de coque. Les architectes nous ont présenté les évolutions de carène et les points de nouveauté sur lesquels ils travaillaient. Le moule a débuté il y a un an, soit 8 mois après le début du lancement du projet. »

Un IMOCA doté de plans porteurs

Banque Populaire VIII© JB EpronArmel Le Cléac’h : « La grande innovation est l'arrivée de ces plans porteurs. Les architectes nous ont proposé ces plans issus de leur expérience de la Coupe de l'America et de l'évolution de la voile en général, où les foils apparaissent partout. L'idée était d'utiliser ces nouvelles technologies pour soulager la coque à certaines vitesses, soulager et accélérer. On a beaucoup travaillé avec le bureau d'étude et les designers, et tout le Team Banque Populaire. C'est un pari, une nouveauté majeure, très théorique au départ. On a décidé avec le Team de l'expérimenter. On a loué pour cela le Mini 6,50 N°198 de Sébastien Picot, sur lequel on a intégré trois dérives, une classique et deux à plans porteurs, pour réaliser une campagne d'essais à partir de juillet 2014, sous la supervision de Bertrand Pacé, afin de répondre à nos interrogations. C’était passionnant. La mise au point a été compliquée, et après de nombreuses évolutions, on a eu de bonnes surprises. On a choisi une des deux options proposées par les "archis". On a remis les plans en décembre dernier pour la mise en construction. »


Vincent Lauriot-Prévost : « Quand on bascule la quille au vent, le voile de quille génère la portance du bateau, et pour contrecarrer la gîte, on fait intervenir des foils qui compensent la perte de puissance. On rétablit la puissance en générant de la poussée verticale. Le bateau fonctionne ainsi sur un mode plus aérien que les générations précédentes. Cela devra correspondre à des forces et angles de vent précis, que l'on rencontre assez souvent sur un  Vendée Globe, et le résultat est un gain conséquent de vitesse de plusieurs nœuds. Le bateau ne sera pas plus puissant mais il naviguera de manière plus légère, avec moins de surface mouillée car sustentée par ces fameux appendices. »


Un bateau dédié au Vendée Globe

Vincent Lauriot-Prévost : « Plutôt que chercher la polyvalence, on a fait un bateau offrant des gains importants dans 60% du temps, et des pertes plus faibles dans 20% du temps. »

Ergonomie
: un cockpit protégé
Armel Le Cléac'h : « Je souhaite un cockpit protégé, et un bateau le plus sec possible. Ces monocoques sont très humides, et sujets aux embruns et aux paquets de mer. Lors d'un tour du monde, il importe de pouvoir manœuvrer de manière protégée par une casquette coulissante, avec un poste de barre ergonomique et une bonne position offrant une bonne vision. Pouvoir barrer longtemps peut faire la différence malgré les performances des pilotes automatiques, comme on l'a vu sur le final du Vendée Globe 2013. »

Un intérieur spartiate

Armel Le Cléac'h : « J'ai beaucoup rogné sur le confort intérieur. Il faut gagner en légèreté dans l’espace de vie. Il faut aussi favoriser le matossage du matériel de manière simple. On reprend les choses validées sur l'ancien bateau. On optimise l'électronique et l'informatique, tous les postes intérieurs, les systèmes d'énergie… On essaie des nouveautés, comme un nouveau concept de taquets, en sachant que dans un an, on pourra revenir sur nos décisions d'aujourd'hui… Notre timing est cohérent pour pouvoir naviguer très tôt, en course et en test. »

La Transat Jacques Vabre 2015 en double avec Erwan Tabarly

Armel Le Cléac'h : « Je le connais depuis longtemps. Nous sommes de la même génération. Nous avions fait une Solo Télégramme ensemble et étions tous deux "Bizuths" sur le Figaro en 2000. Il a une grosse expérience de la course au large. Il est très fort physiquement, avec beaucoup de foncier, et c'est un gars très sympa. Je souhaitais quelqu'un avec qui je n'ai jamais navigué. Erwan connaît bien l'équipe. Il peut m'apporter un nouveau regard sur ma manière de naviguer. »


Programme prévisionnel pour la saison 2015
Fin mars : mise à l'eau


Avril : découverte, mise au point


Du 1er au 4 mai : Grand Prix Guyader en équipage


Du 19 au 23 juin : Record SNSM


Juin : stages IMOCA à Port-la-Forêt


Juillet : chantier

Fin juillet : remise à l'eau


16 aôut : Rolex Fastnet Race en double


25 octobre : Transat Jacques Vabre


Présentation du nouveau monocoque Banque Populaire VIII par VendeeGlobeTV

Source : Team Banque Populaire