13 Novembre 2020 - 15h53 • 15408 vues

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Après cinq jours de course le classement change d'heure en heure. Toutefois, les tenants de la route la plus à l'ouest ont commencé à toucher cette nuit les vents particulièrement généreux de la tempête tropicale Theta et ont mis de ce fait un sérieux coup d'accélérateur avec des pointes à plus de 20 nœuds.

L'autre partie du peloton, qui occupait encore la tête en fin de nuit sur la route la plus à l'est, a en revanche vécu un réveil difficile, avec un bon "mal de Theta", à l'image de littlegloup, leader jeudi, mais qui a chuté au-delà de la 4 400e place en fin de matinée. Ce groupe à l'est va devoir prendre son mal en patience et ne touchera les vents de Theta que dans 24 à 36 heures au large des côtes marocaines.

Antoinelwec, qui a traversé la tempête tropicale assez directement, mène la flotte. Bien sûr, une telle trajectoire pour les skippers du Vendée Globe est probablement impossible : le risque de casse est beaucoup trop important dans des vagues de 6 à 7 mètres avec des vents à 120 km/h. Moins de risques pour nos Imoca virtuels derrière notre écran...

Derrière Antoinelwec les écarts restent ténus et un certain nombre de skippers sont à l'affût.

Parmi eux, Lilian Launay, le skipper de Llyl, vainqueur du Vendée Globe virtuel en 2012-2013,occupe une intéressante 96e place, qui lui donne entière satisfaction : "Pour ne pas avoir joué quasiment depuis le Vendée Globe 2016-17 (qu'il avait terminé à la 200e place) je ne peux pas me plaindre", sourit-il. Quant à l'efficacité de l'option ouest, lui préfère rester prudent : "Rendez-vous dans deux semaines" pour savoir si c'était effectivement le bon choix... L'objectif pour Lilian reste en tout cas de "faire une Michel Desjoyeaux", et de s'imposer une seconde fois ! "Le rêve est permis".

Pour cela, il lui faudra aussi terminer devant le tenant du titre du Vendée Globe virtuel, MattJohnston, qui file quant à lui très à l'ouest de Theta. Ne pas se fier à sa 30 000e place actuelle : l'Australien est certainement déjà en train de penser au coup suivant et d'étudier la meilleure manière de capter au mieux les premiers alizés. Une option très ouest également choisie par Tipapacheri BSP MCES, un joueur bien connu des habitués de Virtual Regatta.

Moins ravi de la tournure des événements, les brefs cadors de l'est, comme Camargue66, en tête mercredi mais qui a plongé à la 17.000e place, ou Poseidon 9, barré par le jeune Grégoire, 12 ans, vexé d'avoir cédé aux sirènes du classement courant : un temps 3 000e, il navigue à présent aux alentours de la 137 000e place...

"Ce début de course complexe offre une vraie leçon stratégique. Cela démontre aux joueurs qui ne connaissent pas forcément bien la voile que la route directe n’est pas forcément la plus rapide", souligne ainsi Loïck Peyron dans une interview à "Voiles et Voiliers". Le Breton, lui, est dans le coup, aux alentours de la 1 500e place et il se fait plaisir ! "Actuellement sur la vue 3D j’aperçois Armel Le Cléac’h, François Gabart, Vincent Riou, Yves Le Blevec… C’est marrant de se bagarrer face à eux, ça pimente l’affaire", poursuit Peyron, dont l'objectif est de terminer dans les meilleurs "1 ou 2%".

Alberto Bona et François Gabart se sont aussi clairement pris au jeu et leur fibre compétitive est illustrée par leur excellent classement : ils sont tous deux dans les 800 premiers.

Par ailleurs, du côté des duettistes de la chaîne L'Equipe, Pierre-Antoine Damecour (56 000e, près d'Alex Thomson, actuel leader du Vendée Globe) dame le pion à Estelle Denis (86 000e) pour le moment.

Justinelucie a quant à elle l'honneur et l'avantage d'être en tête des joueurs du Finistère, avec à la clé une très belle 15e position au général.

Enfin, Jacques Caraës, le directeur de course du Vendée Globe, trace une trajectoire très pure depuis le départ. En ligne droite. Une tactique peu payante cependant au classement général, où il pointe à la 530 000e place...