21 Janvier 2021 - 08h07 • 10322 vues

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Le Pacifique Sud semble s’apaiser après quelques humeurs vagabondes, et Alexia Barrier se prépare à déborder le cap Horn ce week-end, suivie par Ari Huusela et devancée par Sam Davies.

« Il ne fait pas vraiment chaud ! J’ai même eu de la neige et dans les grains, il y a parfois de la grêle… Sam (Davies) m’a dit qu’il n’y avait que 2°C au thermomètre. Mais c’est bientôt fini : je ne suis plus qu’à 1 000 milles du cap Horn et donc je vais vers des jours plus chauds, meilleurs. Pour sûr, ce sont des zones exceptionnelles et j’ai vraiment de la chance de pouvoir naviguer dans le Grand Sud. Mais c’est ce que l’on se dit après, parce que sur le coup, ce n’est pas toujours super facile, ni agréable ! La semaine dernière, on a passé cinq jours dans la même dépression avec du vent entre 35 et 50 nœuds…

Et dans moins de 24 heures, j’aurai de nouveau 40 nœuds. Pour dire que le cap Horn, ça se mérite… Et le Grand Sud, c’est quelque chose à vivre : il y a des lumières, des nuages, des levers et couchers de soleil absolument fantastiques !

On va bientôt passer du vent de Sud-Ouest au flux d’Ouest mais il va y avoir de la brise au moins pendant dix heures : je vais me mettre de nouveau en mode « mobylette » avec mes quatre ris et mon tourmentin, le temps que ça passe. Mais normalement, je devrais avoir la chance de ne pas passer trop loin de la terre et de voir le cap Horn… Je pense que ça fait quelque chose : j’ai échangé avec Manu Cousin et quand tu n’as jamais rasé ce promontoire, ça te chamboule parce que tu l’as idéalisé pendant des années.

Je n’ai pas prévu de m’arrêter pour me mettre une boucle d’oreilles ! J’ai prévu de repasser le cap Horn avec le Vendée Globe 2024 et peut-être avec la course autour du monde en équipage… Ici, la houle s’est vraiment calmée (parce qu’il y avait 7 mètres de creux déferlant il y a quelque temps) et c’est bien comme cela : je peux enfin aller un peu plus vite sans enfourner. Sam (Davies) devrait passer le Horn 24 à 36 heures devant moi, et je sais qu’après la Patagonie, on peut encore se prendre du vent fort ! »

 

Alexia Barrier / TSE-4myplanet