25 Janvier 2013 - 17h29 • 2913 vues

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François Gabart et Armel Le Cléac’h sont à la latitude du cap Finisterre et vont bientôt dévaler au portant le golfe de Gascogne. Le skipper de MACIF n’est plus qu’à 721 milles du terme de son voyage. Il est attendu aux Sables d’Olonne dimanche matin, entre 5h et 11h (HF). Il reste aux deux inséparables 48 heures de mer en solitaire avant le grand bain de foule vendéen. 48 heures de vigilance extrême dans un fort vent de sud-ouest et une grosse mer.

Il n’est pas encore temps de se relâcher, ni de penser aux agapes terrestres. Joint à midi au téléphone, François Gabart était très clair sur le sujet. Sa priorité : rester concentré dans cette dernière ligne droite qui pourrait, si tout va bien, l’emmener vers le sacre. Le golfe de Gascogne va cogner dans les dernières heures de course. Le vent de sud-ouest ne soufflera pas en tempête mais la mer sera très formée (plus de 5 mètres de creux). Sans compter le trafic maritime, plus dense autour du DST du cap Finisterre (dispositif de séparation de trafic), et les pêcheurs, toujours actifs dans le golfe.

Les bateaux sont fatigués de deux mois et demi de cavalcades par les trois océans. Les marins aussi. Il y aura des empannages à caler et il serait bête de tout hypothéquer si près du but.

Vers un tour du monde en moins de 80 jours

Si François Gabart arrivait dimanche matin, il aurait accompli sa première circumnavigation en solitaire en 78 jours. Les pères fondateurs du Trophée Jules Verne n’imaginaient probablement pas il y a 23 ans qu’un monocoque puisse un jour passer sous la barre des 80 jours. Pour rappel, le premier bateau à avoir réussi ce chrono était un catamaran de 26 mètres mené par 5 hommes d’équipage : Commodore Explorer, en 1993, skippé par Bruno Peyron. On fera les comptes à l’arrivée mais jusqu’à présent, François Gabart a navigué à 15,2 nœuds de moyenne depuis le départ  des Sables d’Olonne !

Les conditions météo à venir n’offriront normalement pas d’opportunité à Banque Populaire d’effacer ses 123 milles de retard. Et pour la première fois, Armel Le Cléac’h a avoué que sauf pépin technique pour son prédécesseur, la messe était dite.
Est-elle également dite pour Jean-Pierre Dick ? Pour l’instant, le skipper de Virbac-Paprec 3, à 250 milles dans l’ouest-sud-ouest des Açores, maîtrise la situation. Même dans un vent de sud-ouest de 15/20 nœuds et une houle de côté de 2 à 3 mètres, son bateau, sous toilé, reste stable. Mais la météo va se dégrader d’ici 24 heures et ce sera alors l’heure de vérité. Plus rapide depuis deux jours, Hugo Boss est sur le point de le doubler.

SynerCiel et Gamesa dans le pot au noir

Champagne ou grand vin, c’est selon. Hier soir à 20 heures et cette nuit, à minuit et quart, Jean Le Cam et Mike Golding n’ont pas dérogé au rite de passage de l’équateur, qui veut qu’une offrande soit faite à Neptune. Lequel n’est d’ailleurs pas toujours très reconnaissant ! Le duo franco-britannique peine actuellement dans le pot au noir. Leurs premières heures dans l’hémisphère nord sont synonymes de grandes manœuvres sous les grains orageux.

Baignade pour Tanguy

De l’autre côté de la ligne, au large du Brésil, entre l’archipel Fernando de Noronha et le sud de Recife, l’ambiance est chaude et tropicale. Mirabaud, AKENA Vérandas et ACCIONA 100% EcoPowered commencent à s’ébrouer dans les alizés. Bertrand de Broc, auteur d’une excellente remontée de l’Atlantique sud, est en train de doucement recoller à ce petit groupe.
Votre Nom autour du monde avec EDM Projets n’est plus qu’à 200 milles du bateau espagnol.
Plus au sud, Tanguy De Lamotte a buté dans un front orageux. Sur une mer d’huile, le skipper d’Initiatives-cœur en a profité pour s’octroyer une petite baignade, le temps d’inspecter les appendices de son bateau.

 

C.El