29 Janvier 2013 - 18h04 • 4884 vues

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Alex Thomson va, sauf incident de dernière minute, terminer sur le podium de la septième édition de l’Everest des mers. Une très belle performance pour le skipper britannique qui vient confirmer une tendance : les Anglais aiment le Vendée Globe.

Souvent qualifié de course franco-française, le Vendée Globe a toujours su séduire les navigateurs étrangers, notamment les Anglais. Depuis sa création, 15 skippers britanniques sont venus se mesurer à la plus grande épreuve de course au large en solitaire. Une conquête massive, qui aura connu son lot de bonheur et de tristesse.

 

Des larmes de tristesse…

L’histoire d’amour entre les Anglais et le Vendée Globe avait pourtant commencé de la pire des façons. Nous sommes en 1992 et la course connait son premier décès en mer. Nigel Burgess, premier Anglais à participer à un Vendée (avec Alan Wynne-Thomas), est retrouvé noyé au large de la Corogne, après un passage du golfe de Gascogne effroyable pour l’ensemble de la flotte. Le monde de la voile est sous le choc. Ce terrible événement aurait pu refroidir les ardeurs des marins venus d’outre manche. Il n’en est rien.

 

Aux larmes de joie

Lors de la quatrième édition de l’Everest des mers, Ellen MacArthur rentre dans l’histoire. A l’époque, la navigatrice arrive sur la pointe des pieds et personne ne voit ce petit bout de femme de 24 ans dans la peau d’un favori. Et pourtant. Après 94 jours, 4 heures et 25 minutes, la plus jeune concurrente de l’histoire du Vendée Globe termine sur la deuxième marche du podium, à peine plus d’un jour après Michel Desjoyeaux. Une performance exceptionnelle qui vient redonner ses lettres de noblesse à la voile britannique et ouvre la voie à un futur radieux. En effet, quatre ans plus tard, Mike Golding conclut son tour du monde à la troisième place. Les sujets de sa gracieuse majesté sont désormais totalement implantés dans le paysage du Vendée et cette tendance se confirme lors de l’édition 2008-09. Au départ des Sables d’Olonne, pas moins de 7 « British » sont présents sur la ligne. Et c’est encore une femme qui finit sous les feux des projecteurs puisque Samantha Davies termine à une prometteuse quatrième place. La belle blonde devient même le chouchou du public et apporte un peu de douceur dans ce monde de brutes.

 

Seule la victoire est belle

Malgré toutes ces belles prestations, l’Angleterre attend toujours le sacre de l’un de ses protégés sur la plus importante course de voile au monde. Aujourd’hui, la question est simple : quand un marin anglais arrivera-t-il à gagner le Vendée Globe ? Pour Marcus Hutchinson, ancien figariste, la victoire passera par la formation : « Il faut que les jeunes qui arrivent dans ce milieu travaillent sur leur plan de carrière. Aujourd’hui, les meilleurs navigateurs du Royaume-Uni ne sont pas attirés par le Vendée Globe parce que le chemin pour y arriver est bien plus compliqué que pour un Français. François Gabart est un exemple très simple. Il a mis deux ans avant de remporter cette course parce que sa formation de figariste a été limpide. Un garçon comme Alex Thomson a du attendre 10 ans pour atteindre le podium. Il faut donc que nous poussions nos jeunes à suivre cette formation de régatier. On a plusieurs projets là-dessus et on espère que cela payera un jour. »  Et il faudra encore attendre au minimum quatre longues années pour qu’un Anglais parvienne à faire briller les joyaux de la couronne sur le Vendée Globe.

 

Arthur GUYARD