10 Février 2013 - 18h45 • 3653 vues

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Bertrand de Broc a franchi la ligne d’arrivée du Vendée Globe à 18h 12mn 14s, heure française. Il prend la neuvième place de la course derrière Arnaud Boissières.

Son temps de course est de 92j 05h 10mn 14s.

Rappel : Bertrand de Broc a été pénalisé de 12 heures pour avoir déplombé un de ses bidons de survie, suite à la panne de son dessalinisateur. Cette pénalité sera ajoutée à son temps effectif. Son temps de course officiel est donc de 92J 17h 10mn 14s. Sa vitesse moyenne officielle sur le parcours aura été de 11,0 nœuds. Il aura parcouru 27 912 milles sur l’eau à la vitesse moyenne de 12,6 nœuds. Rappel : la distance théorique du parcours est de 24 394 milles.

La troisième fut la bonne

 

En terminant son Vendée Globe en neuvième position, Bertrand de Broc a vaincu le signe indien qui l’avait poursuivi lors de ses deux tentatives précédentes. En bouclant son parcours en un peu plus de 92 jours, il termine à trois jours du temps de référence d’Armel Le Cléac’h, deuxième de l’édition 2008-2009 sur le même bateau.

 

Une victoire d’être au départ

Il fallait que Bertrand de Broc ait la foi chevillée au corps pour imaginer, en lançant son projet début février 2012, qu’il serait au départ moins de neuf mois plus tard. A force de persuasion, de kilomètres parcourus à sillonner la France, de contacts à démultiplier, le navigateur de Sainte-Marine a réussi, comme en 1996, à mobiliser plusieurs milliers de souscripteurs qui ont accepté de participer à l’aventure « Votre Nom autour du Monde ». Peu d’observateurs avisés y croyaient, mais Bertrand est la preuve vivante qu’une conviction bien ancrée peut soulever des montagnes.

 

Préparation tronquée

Chaque victoire a son revers. En faisant l’acquisition de l’ancien bateau d’Armel Le Cléac’h, Bertrand savait qu’il disposait d’une machine fiable et saine.  Mais la date tardive de l’achat (au mois de juin) allait impliquer une préparation écourtée et des temps de navigations réduits parfois à l’essentiel. L’objectif premier étant d’avoir un bateau prêt à naviguer le jour du départ, les sorties d’entraînement cumulées représentaient environ trois semaines de navigation. Un apprentissage dérisoire comparé aux nombres d’heures de navigation engrangées par les favoris de la course.

 

Faux départ

Le Vendée Globe démarre de la pire des façons pour Bertrand. Quelques minutes avant le départ, un de ses semi-rigides d’assistance le percute dans une fausse manœuvre et provoque un trou à l’avant du bateau. Plutôt que de partir sur un bateau fragilisé, Bertrand prend la décision de revenir réparer aux sables d’Olonne. Il en repartira vingt heures plus tard.

 

Les portes claquent

En repartant près d’une journée derrière le gros de la troupe, Bertrand de Broc ne trouve plus les conditions météorologiques qui auront permis à la flotte de débouler à grande vitesse dans le golfe de Gascogne puis de longer, toujours poussée par un vent de nord soutenu, les côtes du Portugal. Devant l’étrave de Votre Nom autour du Monde avec EDM Projets, le vent mollit franchement et les vingt heures de retard font rapidement des petits. Cette situation va se répéter tout au long de la descente de l’Atlantique : passage du pot au noir, contournement de l’anticyclone de Sainte-Hélène, à chaque fois, les conditions météorologiques vont favoriser les hommes de devant.

Apprentissage in vivo

Mais la météo n’est pas tout. De l’aveu même de Bertrand, ce Vendée Globe est aussi l’occasion d’apprendre à faire corps avec son bateau, d’en tirer le meilleur. Le manque d’entraînement se paie et c’est au fur et à mesure qu’il avance, que Bertrand de Broc apprend. La vitesse est aussi à ce prix. Ce n’est que dans le Pacifique que le navigateur de Sainte-Marine a le sentiment de donner la pleine mesure de son bateau. Il pourra en tirer le meilleur entre le cap Horn et l’équateur où, à la faveur de conditions météo favorables, il établira le deuxième temps de référence derrière François Gabart et reprendra près de 1000 milles à Arnaud Boissières dans son viseur.

Gérer le possible

Après être revenu au contact, l’élastique se retend et l’écart se creuse à nouveau quand Arnaud Boissières et Javier Sanso touchent les alizés de l’hémisphère sud quand Bertrand doit négocier une zone de transition et de vents faibles. Dès lors, l’obsession du navigateur sera de préserver son bateau de manière à terminer son tour du monde. Les dernières heures seront forcément empreintes d’une pointe d’inquiétude en référence à son expérience de 1996 où le navigateur avait perdu sa quille à une centaine de milles seulement des Sables d’Olonne. Cette fois-ci, la bouée de Nouch Sud marquera la fin d‘un périple qui démontre qu’à force de volonté, on peut aller au bout du monde… et en revenir.

PFB

 

Points de repères

- Plus grande distance parcourue en 24 heures :

- Les Sables – équateur : 14j 02h 53mn (record détenu par Jean Le Cam en 2004-2005 en 10j 11h 28mn)

- Equateur – Bonne Espérance : 14j 06h 35mn (record JP Dick 12j02h40mn)

- Bonne Espérance – Cap Leeuwin : 15j 09h 30mn (record F Gabart 11j 06h 40mn)

- Cap Leeuwin – Cap Horn : 21j 11h 30mn (record F Gabart 17j 18h 35 mn)

- Cap Horn – équateur : 13j 20h 59mn (record F Gabart 13j 19h 28mn)

- Equateur – Les Sables d’Olonne : 13j 02h 12mn