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Andrea Mura : Le rêve doit continuer

Portrait d'Andrea Mura
© Giuseppe Ungari

C’est la confusion des sentiments pour Andrea Mura. D’un côté, la satisfaction d’avoir mis à l’eau à Lorient un magnifique 60 pieds IMOCA de dernière génération. De l’autre, la frustration de n’avoir toujours pas bouclé un budget permettant au skipper italien d’officialiser ses participations à la Transat Jacques Vabre et au Vendée Globe.
Mise à l'eau du bateau d'Andrea Mura à Lorient© Martina OrsiniMais commençons par les bonnes nouvelles. Sorti le 3 août du chantier naval Persico, à Bergame (Nord de l’Italie), le plan VPLP-Verdier d’Andrea Mura a été mis à l’eau à Lorient le 17 août. Vento di Sardegna est le quatrième IMOCA à foils lancé en 2015, après le Safran de Morgan Lagravière, le Banque Populaire d’Armel Le Cléac’h et le Edmond de Rothschild de Sébastien Josse. « Tout s’est bien passé. Une fois la quille mise en place, le bateau a passé avec succès le test de retournement à 180° », raconte Andrea. « Puis nous avons installé le mât et effectué le deuxième test de retournement, à 90°. Tout cela en à peine trois jours. Notre petite équipe franco-italienne constituée de huit personnes a réalisé un travail remarquable. » Après un convoyage effectué dans un tout petit vent, le 60 pieds a été amarré à son port d’attache de la Trinité-sur-Mer. « Il reste beaucoup de travail de mise au point et de vérifications pour pouvoir effectuer les premières vraies navigations, probablement en fin de semaine », souligne Andrea Mura.

Opération séduction
Si le lancement du bateau constitue une première victoire, la route est encore longue pour le marin transalpin. « Le bateau est payé mais il faut maintenant finaliser le budget de fonctionnement », indique-t-il. « Un projet IMOCA de top niveau coûte cher. Idéalement, je recherche 400 000 euros pour cette année et 1,5 million pour 2016. A l’origine, je devais recevoir le soutien de la Région de Sardaigne. Mais en ces temps de crise en Italie, il est délicat de débloquer de l’argent public pour un projet de course au large. Je recherche donc des partenaires privés. Mon IMOCA s’appelle toujours Vento di Sardegna mais la coque est nue. Aussitôt qu’un partenaire s’engagera, il donnera son nom au bateau et pourra le mettre à ses couleurs. » A deux mois d’une Transat Jacques Vabre qui s’annonce historique avec plus de 20 duos inscrits en IMOCA, Andrea Mura n’est aujourd’hui pas en mesure d’officialiser sa participation. De même, son engagement dans le Vendée Globe 2016-2017 reste soumis à l’aboutissement, ou non, de ses recherches de partenaires.

Vento di Sardegna à Lorient© Martina OrsiniUn projet à forte identité italienne

S’il se présente sur la ligne de départ aux Sables d'Olonne le 6 novembre 2016, Mura deviendra le cinquième Italien à participer au Vendée Globe (après Vittorio Mallingri en 1992, Simone Bianchetti et Pasquale de Gregorio en 2000 et enfin Alessandro di Benedetto en 2012), et le premier à partir à bord d’un bateau neuf. « C’est aussi la première fois que le chantier Persico construit un IMOCA », explique Andrea Mura.
« Il était important pour moi d’avoir un bateau « Made in Italy ». Nous avons toutes les compétences et les technologies pour faire des beaux voiliers de course au large. Mon monocoque en est la preuve. » Compétiteur dans l’âme, Andrea aura à cœur de jouer les tous premiers rôles dans le prochain tour du monde en solitaire et il espère que le public et les médias italiens constitueront de précieux soutiens. « Beaucoup de personnes nous suivent en Italie depuis le lancement du projet et les médias sont réceptifs », se réjouit-il. « Le Vendée Globe n’est pas encore très connu en Italie. Mais si un Italien prend le départ avec de hautes ambitions, ça changera. Le rêve doit donc continuer. »

Olivier Bourbon / agence Mer & Média




 

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