Actualité

Comment Roland Jourdain va coacher Morgan Lagravière

Morgan Lagravière termine 4e de la Transat Saint-Barth / Port-la-Forêt
© Pierrick Contin / Safran

Quel sera le rôle de ta société Kairos auprès de Morgan Lagravière et de son bateau, Safran ?
"Kairos assure la gestion globale du projet : technique, administratif, logistique… C’est assez simple : notre mission consiste à ce que le bateau et le bonhomme soient au mieux de leur forme au départ du Vendée Globe… et si possible à l’arrivée ! On a une obligation de moyens et la seule chose que l'on ne peut garantir c'est le résultat. Voilà l’idée générale. »

© Pierrick Contin / SafranConcrètement, combien êtes-vous à vous occuper de ce projet chez Kairos ?
« Entre le boat manager, les préparateurs spécialistes des composites, de la mécanique, de l’hydraulique, un ingénieur performance et moi, on est une demi-douzaine directement impliqués pour le moment, mais l’effectif sera variable.  Selon les besoins à tel ou tel moment de la saison, nous aurons des prestataires en plus sur certains postes, certains secteurs. On va recruter aussi un logisticien et nous gérons l’administratif. La mission, c’est la gestion du projet de A à Z, en relation avec Safran et Morgan.»

Le bateau est en chantier actuellement ?
« Oui, Safran est en chantier chez CDK à Port La Forêt. Dès qu’il sera mis à l’eau, il traversera la baie et viendra dans nos installations de Concarneau. C’est une année focus sur la navigation. L’objectif est d’être le plus souvent possible sur l’eau. En avril, nous allons finir de l’apprivoiser via des navigations près de notre base. Puis nous partirons en convoyage en équipage vers New York. Morgan participera en solo ensuite à la transat New York – Vendée. D’ici là, on met à disposition un maximum de neurones autour de lui pour l’aider à avancer.»

© Jean-Marie Liot / DPPI / SafranRevenons un instant au chantier. Comme les autres nouveaux  foilers, Safran est renforcé au niveau des puits de foils et fonds de coque ?
« Oui, pour résumer, c’est ça. A la demande de Safran, on a donné un petit coup de main en renfort pour gagner un peu de temps, mais c’est CDK le maître d’œuvre de ce chantier. »

Et comme les autres, Safran aura une deuxième version de ses foils ?
« Cette deuxième version des foils devrait être disponible au cours du printemps. Logiquement, Morgan devrait faire la New York - Les Sables avec cette V2. Cela fait partie des choses qui étaient lancés avant qu’on intervienne, puisqu’on est sur ce projet que depuis le 1er mars… »

« Sur un Vendée, il faut savoir se sortir de tout »
 
Quelles expériences de tes Vendée Globe apportes-tu à Morgan ?
« Je serai à bord avec lui le maximum de temps cette saison. Si je peux le faire profiter de deux ou trois bricoles de mon expérience, ça me va bien. C’est un peu du coaching… même si je suis sûr qu’il va m’apprendre lui aussi plein de choses ! Je ne me fais aucun souci sur son aspect compétiteur que je connaissais déjà quand il faisait du Figaro. Mais on va peut-être plus insister sur la technique générale, la gestion de la vie à bord et celle de la longueur de l’épreuve. Sur un Vendée Globe, ce n’est pas comme en Figaro où tu ne casses quasiment jamais rien et peux te concentrer uniquement sur la performance. Sur un Vendée, il faut savoir te sortir de tout. D’ailleurs, c’est très bien que Morgan ait eu des emmerdes sur sa première transat solo. Il a su s’en sortir… et ça fait entièrement partie de la performance. Sur un Vendée, il faut savoir se sortir de tout et être fort psychologiquement. »

Quelles sont les chances de Morgan sur le Vendée Globe ?
« Même sous la torture, tu ne me feras jamais donner un objectif chiffré ! Ce que je sais c’est que Morgan a les mêmes chances que n’importe quel autre marin à bord des cinq autres bateaux neufs. Les bookmakers le classeront en outsider du fait de sa jeunesse, mais ça ne veut rien dire. Côté hargne et  esprit de compétition, aucun souci à se faire pour lui. Pour avoir déjà navigué avec lui, je sais que c’est quelqu’un qui a soif d’apprendre et engrange les informations à une vitesse supersonique. Il analyse les choses, sait en ressortir l’essentiel et retransmettre ses sensations à l’équipe. C’est un vrai talent. »

© Jean-Marie Liot / DPPIEt toi Bilou, ça ne te donne pas envie de repartir en course sur le Vendée Globe ? Comment vis-tu le fait d’être de ce côté-ci de la barrière ?
« Je trouve ça super ! Franchement, je suis super content ! Pour moi qui n’avait pas réuni les moyens suffisants pour partir avec un bateau de division 1, travailler avec Morgan et Safran me permet de rester au top de l’évolution. Et puis il y a un côté transmission aux jeunes que j’aime bien… j’avais déjà expérimenté ça avec Martin Le Pape sur la Transat Ag2r. C’est très enrichissant, je vais avoir mon quota d’heures de navigation en 2016 et je prends avec enthousiasme cette année où Kairos bourdonne à fond. Je n’avais jamais abordé un Vendée Globe comme ça, côté terre, c’est une nouveauté pour moi et ça me va bien. Je n’ai pas d’aigreur à ne pas être au départ du Vendée et c’est bien l’essentiel pour mon ulcère… qui ne va pas venir encore trop vite cette année".

Propos recueillis par Bruno Ménard / agence Mer et Media

Snap code

Retrouvez-nous sur Snapchat
vendeeglobe2016