21 Octobre 2016 - 08h48 • 4308 vues

Partager

Article

Le Vendée Globe est la course océanique la plus extrême : un tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance, soit près de 25 000 milles à parcourir et entre 75 et 105 jours de mer ! Les 29 skippers inscrits à cette huitième édition savent que ce marathon planétaire impose des contraintes drastiques de sécurité pour préserver autant l’homme que la machine. Ainsi au sein de la Fédération Française de Voile, des arbitres sont dédiés au contrôle et à la validation du matériel embarqué pour parer à tout éventuel problème technique, médical, humain…

Depuis l’arrivée des monocoques IMOCA à Port Olona vendredi 14 octobre, soit trois semaines avant le départ de la course, les arbitres de la Fédération Française de Voile sont présents pour superviser tous les aspects sportifs de l’épreuve. D’un côté le Jury International avec cinq spécialistes du monde entier (une Espagnole, deux Français, un néo-Zélandais, un Britannique) : son rôle est de juger les éventuelles fautes sportives afin d’appliquer des pénalités en temps qui seront décomptées avant l’arrivée aux Sables d’Olonne.

De l’autre le Comité de Course de trois membres, sous la houlette de Christophe Gaumont, gère essentiellement les phases de départ et d’arrivée. Enfin les jaugeurs spécialisés pour ces monocoques IMOCA et épaulés par des contrôleurs de sécurité, sont à poste afin de certifier que chaque bateau est équipé du matériel ad hoc et que les skippers ont rempli toutes les obligations administratives indispensables pour une course internationale.

Une équipe de huit

© DRAinsi, ils sont une femme et sept hommes à se relayer sur les bateaux depuis le week-end dernier afin de vérifier ce matériel embarqué. « Nous nous appuyons sur un cahier de cinq feuilles avec beaucoup de points à contrôler, en particulier sur la sécurité et sur les moyens de communiquer avec la terre. De plus, nous installons des scellés (« plombs ») sur certains éléments du bateau pour que ce matériel ne soit pas déplacé en mer par le skipper (canot de survie, mouillage, batteries…). » indique Nathalie Monier, contrôleuse d’équipement de course au large. Une vérification complète pour un bateau partant sur le Vendée Globe dure environ trois heures !

Il faut aussi valider que les numéros des balises de positionnement et de sécurité correspondent bien au bateau, tout comme les codes VHF et autres, afin que les services de sécurité en mer (MRCC) puissent immédiatement identifier le skipper qui enclenche un signal de détresse. En fait, chaque bateau a déjà été jaugé avant de rallier les Sables d’Olonne car la jauge concerne essentiellement les caractéristiques techniques du bateau (longueur, largeur, tirant d’eau, hauteur de mât…), complétées par des tests de stabilité afin de s’assurer que le monocoque IMOCA peut se redresser tout seul au cas où il se fait retourner par une vague.

« Les bateaux ont déjà été jaugés et nous nous focalisons sur le contrôle du matériel de sécurité. Les points abordés sur notre cahier sont en fait un mélange entre les règles de la classe IMOCA, les règles de course spécifiques du Vendée Globe, et les règles RSO du règlement maritime international. Par rapport aux autres courses océaniques comme la Route du Rhum, la transat anglaise ou la transat Jacques Vabre, il y a plus de points à contrôler parce qu’il y a aussi plus de matériel embarqué. Ainsi nous vérifions l’eau douce embarquée, le gasoil dans les réservoirs… » précise encore la contrôleuse.

Une sécurité renforcée

Les points essentiels concernent évidemment les moyens de communication avec la terre (radio VHF, Iridium, AIS, téléphone satellite…), les moyens d’identification du bateau (peinture fluo sur la carène et les appendices, marquage des voiles), les scellés sur le radeau de sauvetage, le container de survie, l’eau douce de secours, les mouillages… mais aussi sur la sécurité du bateau (chandeliers, filières, lignes de vie, cloisons étanches…), le respect des normes maritimes internationales (feux de navigation, extincteurs, pharmacie, cartes marines, flash-light, projecteur…), le fonctionnement du moteur, du générateur, des dessalinisateurs…

Il y a donc un staff de huit contrôleurs d’équipement de course au large pour effectuer les vérifications des 29 bateaux du Vendée Globe, dont un jaugeur pour cette épreuve (Jean-Luc Gautier) qui chapeaute l’organisation des vérifications, et un contrôleur qui rassemble l’ensemble des données. Ainsi chacune des trois équipes de deux contrôleurs effectue une vérification complète d’un monocoque IMOCA, chaque matin et chaque après-midi, soit six bateaux par jour. Et une fois validé l’ensemble des paramètres imposés, de nouvelles interventions leur sont demandées pour tamponner les voiles de course, constater le volume des réservoirs de gasoil et d’eau douce, confirmer définitivement les codes des balises de positionnement et de détresse... Un travail de fourmi indispensable pour s’assurer qu’en cas de problème technique, le solitaire pourra intervenir et dans le cas contraire, pourra rapidement faire appel aux services de sécurité maritime internationaux.

 

DBo. / M&M