25 Octobre 2016 - 11h02 • 7529 vues

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Bertrand de Broc connaît la musique, il fait partie des marins qui ont contribué à forger la légende du Vendée Globe. Dans 12 jours, il prendra le départ de son quatrième tour du monde en solo. Et il revient avec de vraies ambitions à bord d’un IMOCA qu’il connaît sur le bout des doigts…

Bertrand, ton objectif sur ce Vendée Globe est-il toujours de réduire d’une semaine ton chrono d’il y a quatre ans avec ce même bateau, et ainsi de boucler le parcours en moins de 85 jours ?
© MACSF« Exactement. Depuis 2013, mon bateau (un plan Finot-Conq de 2007) a été bien optimisé. Il est plus léger et les nouvelles voiles font une vraie différence. Ma connaissance du support s’est accrue aussi. J’avais navigué 20 jours à bord pour préparer le Vendée Globe 2012-2013. Pour cette édition, j’ai passé 250 ou 300 jours en mer avec ce bateau. Je ne vais pas chercher la victoire mais un temps plus sympa qu'il y a quatre ans (92 jours) et pourquoi pas une place dans les dix premiers. J'aime ce parcours et ces bateaux qui sont fantastiques. Pour cette quatrième participation, j’espère prendre encore plus de plaisir ! »

Ta première participation au Vendée Globe remonte à 1992. Technologies, parcours : la course a beaucoup changé depuis. Vois-tu ces évolutions d’un bon œil ?
« J’ai effectivement pu constater l’évolution du parcours. Lors de mes deux premières participations, en 1992 et 1996, nous naviguions à travers les icebergs. Ce n’était pas forcément réjouissant mais nous étions peut-être plus inconscients. Aujourd’hui, nous sommes beaucoup plus prudents avec la zone d’exclusion. C’est une bonne chose, on dort plus tranquillement la nuit durant nos chevauchées dans le Sud. On ne verra plus jamais d’icebergs sur le Vendée Globe. Je ne regrette rien car se faire réveiller par le radar qui indique la présence de glaces à quelques milles n'était pas une partie de plaisir… Ce n’est plus tout à fait le même Vendée Globe qu’avant, ne serait-ce qu’au niveau des températures. Pour préparer le Vendée Globe il y a quatre ans, j’avais pris comme référence ma précédente participation, qui remontait à 1996. En 2012-2013, je n’ai jamais mis de gants, cela a été une vraie surprise. »

Le Village du Vendée Globe a ouvert ses portes il y a dix jours. Combien de fois as-tu raconté l’épisode de la langue recousue en pleine mer, survenu lors de ton premier Vendée Globe, en 1992-93 ?
« De nombreuses fois ! On m’en parle encore très souvent et c’est normal car cet épisode fait partie des grandes histoires du Vendée Globe. Mais pour moi, la plus belle histoire reste celle d’Yves Parlier. J’ai une admiration totale pour ce marin a su s’arrêter, reconstruire un mât avec les moyens du bord, repartir et finir (lors de l’édition 2000-2001, NDR). Ce qu’il a réalisé est encore plus beau qu’une victoire. C’est ce type d’aventure que le public vient chercher dans le Vendée Globe. Il n’y a qu’un vainqueur, mais autant d’histoires que de participants… »
 
Propos recueillis par Olivier Bourbon / M&M