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3 questions à… Alan Roura (#24)

Alan Roura (SUI), skipper La Fabrique, portraited during prestart of the Vendee Globe, in Les Sables d'Olonne, France, on October 19th, 2016 - Photo Vincent Curutchet / DPPI / Vendee GlobePortrait de Alan Roura (SUI), skipper La Fabrique, aux Sables d'O

Il y a deux ans dans nos colonnes, tu annonçais ta volonté de participer au Vendée Globe 2016. Certains commentateurs se montraient alors sceptiques. Par la suite, ton jeune âge a-t-il été un frein au développement de ton projet, ou as-tu à l'inverse bénéficié d'une certaine bienveillance ?
© Christophe Breschi« Effectivement les choses ont très mal commencé à Paris, durant le salon nautique, fin 2014. Quelques jours après cette interview, un article est paru dans un journal qui m’a détruit sur papier et moralement. En gros, le journaliste estimait que le Vendée Globe était ouvert à n’importe qui puisque j'y étais candidat... Des gens se bloquent sur l’âge et c’est nul. J’ai pourtant plus de milles au compteur que d’autres marins qui seront au départ de ce Vendée Globe. Tu peux avoir 40 ans et n’avoir jamais mis les pieds sur un bateau, ou à l'inverse être âgé de 23 ans et avoir navigué toute ta vie. Aujourd’hui, mon âge est un support de communication intéressant mais cela a été un handicap pour ma recherche de partenaires. Mais j'ai réussi à monter mon projet. J’ai ainsi prouvé que les jeunes peuvent monter des projets proprement, sans dettes, avec un bateau prêt, fiable, un marin tenace qui ne lâche rien. »

Tu serais parti sur un autre bateau que l’ex Superbigou de Bernard Stamm, mis à l’eau en 2000 ?
« Honnêtement, non ! Après la Route du Rhum 2014, j’ai eu l’opportunité de récupérer l’ancien Aviva (plan Owen Clarke de 2007, ndr). Mais je me suis rendu compte que pour mon premier Vendée Globe, je voulais Superbigou et pas un autre. Et pas seulement parce qu’il s’agit de l’ancien bateau de Bernard Stamm qui a une histoire d’enfer. Ce bateau est fiable, marin, rapide pour son époque. C’est une luge, un truc de bourrin avec lequel je vais prendre mon pied, surtout dans les mers du Sud. Avec ce bateau, il faut attaquer, garder de la toile, il est fait pour ! Ce 60 pieds a un palmarès incroyable, il me faisait rêver quand j’étais petit. Il est magnifique ce bateau, c’est le plus beau du port ! Je suis serein à l’idée de partir autour du monde à son bord. Mon objectif est de boucler le parcours en moins de 100 jours, en mettant les autres vieux bateaux derrière moi. »

Tu travailles avec une toute petite équipe. Ton projet, c’est l’Esprit Mini qui s’exporte sur le Vendée Globe ?
« Exactement. C’est un Vendée Globe d’il y a 30 ans. Quand je vois les gros teams dans lesquels chaque préparateur est hyper spécialisé... C'est un autre monde, on ne joue pas dans la même cour. Nous avons travaillé toute l’année à trois personnes. C’est épuisant, mais c’est aussi ce qui fait la magie du projet, on a vécu quelque chose d’incroyable humainement. Avec ma toute petite équipe, nous en avons bavé pour en arriver là. Je suis très heureux d’être en mesure de prendre le départ de ce Vendée Globe. Mais si je participe à nouveau à cette épreuve, je ne repartirai pas avec un tel projet, je n’en aurai pas la force... »

Propos recueillis par Olivier Bourbon / M&M
 

 

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