Actualité

Vacations : le Pot au noir étire la flotte

Photo sent from the boat Famille Mary - Etamine du Lys, on November 10th, 2016 - Photo Romain AttanasioPhoto envoyée depuis le bateau Famille Mary - Etamine du Lys le 10 Novembre 2016 -  Photo Romain Attanasiobonjour a tousnuit calme tout va bien a b

Romain Attanasio, Famille Mary-Etamine du Lys.
"Je ne vois pas le Cap-Vert, je n’ai pas vu les îles. Mais hier soir on avait la lune de ouf. On voyait comme en plein jour. J’ai fait toute la nuit sans sortir une lampe frontale. La lune était énorme et le ciel dégagé. Le temps était calme, j’étais sous spi. C’était vraiment des conditions de rêve. On est sous spi depuis le début. On glisse. J’essaye de rejoindre le pot au noir. Je préférerais que ça aille plus vite. Ce matin j’ai 13-14 nœuds de vent. Le pot au noir c’est un moment compliqué mais j’ai hâte d’y être. J’ai tronçonné cette course parce qu’elle est tellement vertigineuse que si t’essayes de l’imaginer en entier c’est impossible. Je la prends donc par tronçons. Le premier c’est le pot au noir. J’aimerais bien le passer et terminer cette première partie de course. L’émotion du départ était forte, mais moins que ce que je pensais. Je pensais que ça serait plus bouleversant. J’ai eu un p’tit moment de blues dimanche. Je n’étais pas bien. Je n’avais pas très bien dormi. J’étais un peu seul, il faisait gris, j’étais barbouillé. Après je me suis dit « attends, c’est que le début, je fais quand même le Vendée Globe, on y retourne ». Tout va bien. C’est Catherine Chabaud qui m’a donné le bon conseil de faire par tronçon. Après c’est l’équateur, le cap de Bonne Espérance, l’Indien et puis par océan. C’est super, c’est la course. Il fait chaud, on est sales, on mange lyophilisé. Chaque jour je me dis que c’est incroyable. Je fais le Vendée Globe. Ce n’est pas rien. Le bateau va bien. J’ai une petite chose à régler de temps en temps. Comme on dit, le Vendée Globe, c’est une emmerde par jour. On n’a pas encore attaqué le dur donc il ne faut pas s’enflammer. J’essaye de rester dans ce paquet-là. J’étais content d’être avec eux. Ils ont des bateaux plus rapides que le mien. J’ai fait une erreur de Madère, je suis tombé dans des dévents. Au lieu d’aller chercher une aile de mouette à l’Ouest de Madère, j’ai jibé. Depuis je re-grapille. J’ai mon japonais juste devant donc ça me fait des lièvres."
La famille
"J’ai appelé à la maison dimanche. Ça m’a fait plaisir. On parle par mail tous les jours et on téléphone le dimanche. C’est sympa. On fonctionne comme ça. J’ai parlé à Sam et Ruben. Quand tu raccroches ça fait un peu vide. Ça va vite mais ça fait du bien. Ce sont des moments sympas."
Le couteau/fourchette/rasoir
"Il y a tellement de choses à faire, à préparer aux Sables… J’ai pêché par rigueur. J’ai commencé trop en avance. J’avais commencé à empaqueter et je m’étais dit qu’il fallait que je commence à mettre les petites choses, comme le manche de rasoir. Et voilà… C’est le truc qu’on oublie au dernier moment. Il s’est passé un ptit temps mort mers la fin. Ce ne sont que des détails. Les choses essentielles sont là."

 

Alex Thomson, Hugo Boss 
"On devrait bientôt toucher un vent plus soutenu nous permettant d’accélérer. Le routage vers le cap de Bonne Espérance prévoit un temps assez rapide. On devrait y être dans dix jours. Je pense que quand on est au reaching, nos foils marchent très bien. C’est pour cela que nous avons trouvé le rythme dans la descente de l’Atlantique. Le foil marche en mode VMG avec très peu de gite, 5° et une pression de dix tonnes sur le foil. Cela nous aide dans une large gamme de conditions. Le foil lui-même a une surface qui est le double de la version Dali. Cette surface offre aussi ses avantages plus tôt. Notre faiblesse par rapport aux bateaux traditionnels est quand nous sommes au près, que ce soit dans un vent fort, modéré ou faible. Les fichiers GRIB indiquent qu’en ce moment ils ont un meilleur angle. Mais d’ici l’équateur, le vent devrait se renforcer pour moi. Je me sens confiant quand le bateau va vite. On a  déjà eu un aperçu de cela dans la New York-Vendee et nous avons fait beaucoup de progrès depuis. Même si le bateau n’est pas aussi optimisé que d’autres. Quand j’ai le temps, ce qui n’arrive pas si souvent, je regarde ce qui se passe dans l’actualité. Je suis au courant de ce qui se passe aux Etats-Unis avec l’élection. J’ai vu que Lewis Hamilton a gagné au Brésil et qu’Andy Murray a remporté son premier match hier…” 

Yann Eliès, Quéguiner - Leucémie Espoir
"Je ne suis pas sûr à 100% d’être sorti du pot. J‘ai eu un gros grain ce matin. Depuis le soleil est arrivé. Il y a du vent du secteur Nord-Est, ça n’a pas basculé au Sud-Est. Il me reste encore une bonne journée à faire avant d’être sorti. Ici, je suis sous le four, il fait chaud. Les manœuvres sont fatigantes. Il faut bien se réhydrater après. Voire toute la journée. Il faut aérer un peu le bateau quand il n’y a pas trop d’embruns et ouvrir un peu le capot de la soute à voile. On souffre un peu de la chaleur mais on ne va pas se plaindre non plus. Je pense que par rapport à Alex Thomson on est tous perdants. Après, dans la flotte, je pense que je m’en sors pas mal. Mais vu que je ne suis pas encore sorti ce n’est pas le moment de faire les comptes. Alex ne s’est quasi pas arrêté. Il n’a quasiment jamais fait moins de 10 nœuds. Quand il sera dans les alizés et qu’il va pouvoir tirer la barre, il va doubler son avance. C’est lui le grand gagnant du pot au noir. Je suis un peu déçu du début de course. J’aurais bien aimé être une cinquantaine de milles devant. J’ai eu des problèmes techniques récurrents à partir de 48h après le départ. J’ai cassé mon aube de grand-voile et le deuxième que j’ai mis ne fonctionnait pas très bien non plus.  J’ai passé du temps à bricoler. J’ai accumulé pas mal de retard. C’est pour ça que je suis un peu en retrait. Je me dis que chacun va avoir son lot de misère à gérer sur la durée. Si j’arrive à accrocher ce wagon là et sortir du pot au noir ce soir, je ne m’en sortirais pas trop mal. Ce début de course ressemble à du Figaro, mais pas un vrai. D’habitude je suis devant ! Ça sera du Figaro quand je serai devant mon pote Beyou. Mais il n’est pas loin, je le vois. On est tous assez proches les uns des autres. C’est vrai qu’on s’est vus pas mal avec certains concurrents. On s’est parlé à la VHF. Ça participe à l’excitation de ces premiers jours de course. On commence à voir que les écarts commencent à se distendre. On rentre dans une vraie course autour du monde, où on ne navigue pas à vue, où on n’a pas de contact avec les autres concurrents. On s’inscrit plus dans la durée, même si on n’exclue pas de se recroiser un jour."

Fabrice Amedeo, Newrest-Matmut
"Ça se passe bien. La nuit a été difficile car j’ai eu des problèmes de spi. J’ai dû affaler et passer sous gennaker. J’étais en train de bricoler tout ça et je vais pouvoir remettre le spi. Tout va bien, direction le pot au noir. Les derniers milles vont être pénibles car ça a énormément molli mais tout va bien. Ce début de course correspond à mes attentes dans la mesure où je n’ai rien cassé et tout va bien à bord et moi je vais bien. Mais dans mon imaginaire c’était un passage de front et un golfe de Gascogne difficile. Au final on a eu un départ de course sportif et engagé mais clément dans les conditions. Je suis compétiteur, mais à mon niveau, je ne me compare pas à ceux de devant. J’essaye de me bagarrer avec le paquet auquel j’appartiens, les bateaux d’ancienne génération. Je suis très heureux d’être en mer. Je me sens bien sur ce Vendée Globe. Je me suis préparé psychologiquement à passer beaucoup de temps sur l’eau. Trois mois ce n’est pas rien, ce n’est pas une transat. Je prends les jours les uns après les autres. Je profite de chaque heure passée sur l’eau. C’est vraiment un grand bonheur. La particularité des skippers comme moi c’est qu’on est un peu des novices en IMOCA. Certes je me suis bien préparé, j’ai fait quatre transats dont deux en solo. Donc j’avais une bonne appréhension du bateau et du large. Mais quand je suis arrivé sur départ du Vendée Globe, j’avais encore une marge de progression importante. Je maîtrise de mieux en mieux mon bateau. Les manœuvres se font de plus en plus rapides. Les gestes sont plus précis et ça c’est agréable. J’ai toujours fait du bateau, en famille, en régate avec des copains. Mais la course au large n’a jamais été mon métier. C’est une belle découverte et un grand bonheur ce Vendée Globe."

 

 

Tanguy de Lamotte, Initiatives Cœur
"Je suis au mouillage dans la baie de Mindelo. J’ai mis plus de temps que prévu pour y arriver car le vent était faible. J’ai déplombé le moteur pour rentrer dans la baie. La manœuvre de mouillage n’était pas évidente. Je me suis mouillé par l’arrière pour stabiliser le bateau. Mon équipe m’a conseillé de faire comme ça. J’ai mis les écoutes de spi en Y à l’arrière, sur la bouée que j’ai récupéré. Il y avait des plaisanciers qui me regardaient depuis leurs annexes, c’était assez rigolo. Ils ont bien respecté la règle de ne pas me toucher. J’ai passé l’après-midi à faire ça. Je suis monté dans le mât hier après-midi, j’ai mis 35 minutes car ça bougeait beaucoup et c’est plus dur quand il n’y a pas de voile. Je ne voulais pas monter de nuit. Il y avait pas mal de houle malheureusement. Les gens continuaient à m’encourager. J’ai fait des images du haut du mât. Je les ai envoyées à terre pour savoir ce qu’on devait faire, calculer les risques. J’attends leur verdict pour savoir si c’est risqué pour le mât. Je suis un peu pessimiste là-dessus. En attendant, sur une partie solide, j’ai mis une estrope autour du mat pour avoir un point fixe et installer une drisse de grand-voile pour m’aider. Ça sera la solution la plus intéressante en terme de hauteur de voile. Je ne peux pas reconstruire la tête de mât. C’est déjà compliqué à faire dans un atelier alors tout seul, à 30 mètres de haut, avec de la houle… Ce n’est même pas envisageable. En plus je n’ai plus de drisse pour grimper tout en haut puisque c’est la tête de mât qui prend tous les drisses qui vont en tête. Je suis bloqué quelques mètres en dessous. Le maximum que je pourrai faire c’est installer une grand-voile avec un ris avec e système que j’ai installé hier. Ce matin j’ai préparé mon aérien de secours, qui est dans le balcon arrière. J’ai fait les branchements électroniques pour être sûr que ça fonctionne. Hier c’était le vrac dans le bateau donc j’ai fait du rangement. J’ai aussi fait un vol avec le drone pour vous montrer comment c’est beau ici. Je ne veux pas risquer le sur-accident et partir dans les mers du Sud si le mât risque de se déchirer plus. J’espère en savoir plus dans l’après-midi. Je ne suis pas complétement novice en matière de composite et de ce que j’ai pu voir, ce n’est pas rassurant. C’est impossible de réparer ça en mer. Il faut vraiment ne pas prendre de risque pour partir dans les mers du Sud. Il ne faut pas oublier qu’on a fait que 2000 milles et qu’il en reste 20 000. Ce n’est pas la même situation qu’Yves Parlier qui était en Nouvelle-Zélande où c’était pareil d’aller dans un sens ou dans l’autre. Je suis assez partagé sur l’envie de rester en course et l’envie de ne pas prendre de risques. Et c’est probablement l’envie de ne pas prendre de risque qui va l’emporter. J’espère pouvoir me décider dans l’après-midi et savoir dans quel sens je vais partir. J’aimerais bien dire que je vais continuer mais il faut rester sage et prendre la bonne décision."

Conrad Colman, Foresight Natural Energy 
“Je fais des essais avec de nombreuses configurations de voile et de différents réglages. Le bateau progresse bien au près et au portant, mais ce n’est pas aussi bien au reaching. Cela va être difficile après le Pot au Noir. Si tout se passe bien dans cette zone, je pourrais garder une avance sur le groupe de poursuivants. Mais si on sort du Pot au Noir au reaching, je pourrais encore perdre des milles. Pour moi c’est une des parties les plus difficiles de la course. J’ai une fuite dans le système hydraulique de la quille, mais à part cela, tout va bien.”

 

Eric Bellion, COMMEUNSEULHOMME
"Je suis toujours un peu spécial dans cette course. Je ne regarde pas trop le classement. Ce qui m’intéresse c’est de bien faire naviguer mon bateau et intelligemment par rapport au parcours. Mais je suis beaucoup mieux sur l’eau. Je prends tous les jours plus de plaisir à mener mon bateau plus vite. Je prends de plus en plus confiance. Le Vendée Globe, c’est beaucoup plus profond que ce que j’imaginais. Je n’avais pas imaginé l’émotion du départ, d’être propulsé devant tout le monde et de ressentir une pression en disant « merde ces gens vont regarder ce que je vais faire. Ils vont me suivre». Je le savais, on me l’avait dit, mais je ne m’en étais pas rendu compte. Ça m’a chamboulé. J’ai mis 5-6 jours à m’en remettre. Quand on part on se demande, est-ce que j’en suis capable ? Est-ce que je n’ai pas visé trop haut ? Je ne m’y attendais pas. Après ça redescend. Je me disais, je suis là pour faire du bateau, redécouvrir le rythme de l’Océan, redécouvrir mon rythme. C’est ma troisième sortie en solitaire et là c’est une grosse sortie. Je me sens seul, mais ce n’est pas comme à terre. On est avec son bateau. On est occupés 24h/24. On n’a pas un moment de libre, ou s’il y en a, on prend vingt minutes pour lire un bouquin ou on va dormir. Hier par exemple, j’ai bricolé. J’ai commencé à 8h et j’ai terminé à 19h30. J’ai regardé la mer pour la première fois à 19h30 en m’offrant l’apéro en attendant la lune qui arrivait. C’est une solitude qui est pleine. C’est très agréable. Il y a une routine qui s’installe, qui est la routine de la mer. Avant j’avais fait une semaine maximum en solitaire. Je suis en record ! C’est la première fois que je suis tout seul aussi longtemps. J’ai parié sur une centaine de jours, il en reste 90. Evidemment que ça m’impressionne. Quand on va au sommet de l’Everest déjà il faut atteindre le camp de base, le camp n°1, le camp n°2, le camp n°3... Moi je suis au camp de base. Le camp n°1 ça va être l’équateur. Et après il y a pas mal de petits camps comme ça. Je préfère voir d’abord les camps plutôt que le sommet. C’est important de voir par tronçon parce que sinon tu restes chez toi. C’est trop gros. C’est aberrant. On part faire le tour du monde à la voile. Si je me dis que je fais le tour du monde, je vais être prostré devant la carte en me disant que j’avance à la vitesse d’une mobylette. Si je vise des étapes, ça va beaucoup mieux. Chaque jour est une découverte nouvelle. Quand je suis parti j’appréhendais pas mal. Je suis copain avec Isabelle Autissier, qui me disait que le Vendée c’était un mille, puis deux milles, puis trois milles… Là j’ai ouvert mon dixième petit sac de nourriture et demain j’ouvre un nouveau gros sac. Le temps passe au fur et à mesure. Je ne me mets pas plus de pression que ça. Je ne sais pas jusqu’où ça va aller. J’en profite au jour le jour. Peut-être que ça peut s’arrêter demain. Je pense à Tanguy et tout le projet Initiatives Cœur. Même s’il s’arrête ici, ça ne veut pas dire que l’aventure n’est pas belle. Si pour moi elle s’arrête demain ou après-demain, ça reste une aventure extraordinaire. Je suis en train de voir où prendre le pot au noir. J’essaye de me recaler par rapport aux copains qui sont plus dans l’Est. C’est toujours un moment compliqué quand tu te places sur un gros bateau. Tu peux prendre des grains de 40 nœuds, donc t’es toutes voiles dehors et tu te retrouves avec le bateau couché. Les nuits sont tendues. C’est le jeu. On essaye de se soulager avec le radar. J’ai toujours la voile d’avant qui est prête à être roulée. J’ai eu deux/trois suées avec des grains forts, le bateau qui enfournait. Je me retrouvais à rouler les voiles qui claquaient au vent dans des détonations incroyables. Ça fait partie du bateau. Une fois que ça sera passé je serai content parce que pendant le pot au noir on ne peut pas trop dormir. C’est extraordinaire les bateaux de devant. Les mecs me font rêver. On vit une révolution de la course au large. Pour moi qui suis au plus près d’eux, ce sont des extraterrestres. Le fait d’aller aussi vite… Les moyennes sont hallucinantes. Le public ne peut pas se rendre compte combien ces gars-là sont des fous, des athlètes de très niveau. C’est sidérant."

Sébastien Destremau, TechnoFirst-faceOcean
"Là si tu veux, mieux c’est pas possible. C’est royal. Il ne fait pas trop chaud, un ptit vent sympa, 12-14 nœuds. Je préfèrerais que le vent soit un peu moins Nord et un peu plus Est mais on ne peut pas tout avoir.
Je ne sais pas ce qui s’est passé sur les autres Vendée Globe mais là c’est parfait. Clairement, la phase de préparation a été compliquée. Partir en mer et avoir des conditions comme celles-là, ça permet de bricoler  et surtout ça permet de changer de mode, plutôt que de courir à droit à gauche. C’est très agréable. On est bien en mer. Les marins, c’est là qu’on est le mieux. On peut dire que c’est les vacances là. Impeccable. Mais ça va changer. Le mât, c’est un mât, un jour ça tient, un jour ça casse. Mais je n’ai aucun souci sur ce mât. Peut-être que dans le temps des problèmes d’usure peuvent apparaitre. J’ai un p’tit problème d’énergie à bord. Ce n’est pas encore un souci mais ça pourrait le devenir. Je me méfie de l’énergie énormément. C’est un point un petit peu gris. On a utilisé des hélices d’hydrogénérateur de spare alors que ce n’était pas prévu. Il ne faut pas que je casse trop d’hélices. Il faut que j’arrive à bien les installer. On a encore du spare mais on a quand même utilisé des pièces dans la première. L’énergie sur ces bateaux c’est une question de survie. Ce n’est pas un souci aujourd’hui mais ça me travaille."

Snap code

Retrouvez-nous sur Snapchat
vendeeglobe2016