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« Qui sera le premier à lever le pied ? »

Sailing aerial images of the IMOCA boat Hugo Boss, skipper Alex Thomson (GBR), during training solo for the Vendee Globe 2016, off England, on September 16, 2016 - Photo Cleo Barnham / Hugo Boss / Vendée GlobeImages aériennes de Hugo Boss, skipper Alex

« Qui sera le premier à lever le pied ? » Joint ce midi en vacation, Alex Thomson (Hugo Boss) a posé la question qui est au cœur des préoccupations des leaders. Si le skipper britannique n’est pas du genre à mollir, il ne faut pas non plus compter sur ses poursuivants pour lâcher prise. Ce serait mal connaître Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII), Sébastien Josse (Edmond de Rothschild), Vincent Riou (PRB) et les autres...

A la poursuite du lièvre britannique
Les bateaux de tête déboulent à près de vingt nœuds de moyenne (474 milles en 24h pour Alex Thomson, 439 milles pour son dauphin Armel Le Cléac’h). Après le passage toujours délicat du Pot au Noir, les éclaireurs peuvent savourer la navigation dans les alizés et prendre du plaisir à renouer avec les hautes vitesses dans un vent régulier et chaud. Mais cette navigation dans les alizés n’est pas confortable pour autant, loin de là. Première difficulté, la chaleur écrasante, limite supportable en pleine journée. Le fait de naviguer si rapidement demande par ailleurs beaucoup d’attention et génère de la fatigue, comme l’expliquait ce midi Sébastien Josse : « La mer n’est pas un billard, le bateau ricoche. A bord, on a du mal à se déplacer. Quand les bateaux dépassent 18-19 nœuds, à bord c’est invivable. C’est bruyant, ça secoue, c’est humide. Cette nuit je n’ai pas pu dormir car il y avait de la houle de face. Tant pis, je me reposerai plus tard... »
Comme l’explique Great Circle, le partenaire météo du Vendée Globe, la question se pose maintenant d’optimiser la trajectoire pour se placer à l’Est de la dépression située au large du Brésil ce 19 novembre. Le vent va tourner progressivement au Nord dans les deux jours qui viennent, en se renforçant, et les trajectoires vont s’incurver vers le Sud-Est. Les stratégies se dessinent. Alex Thomson et Armel Le Cléac’h optent pour une route plus à l’Ouest que Sébastien Josse qui choisit de « couper » par l’Est. Vincent Riou et Paul Meilhat (SMA), eux, sont sur une route médiane. On retrouve là un dilemme bien connu dans la course au large : aller vite en faisant plus de route, ou alors choisir une route plus courte en allant un peu moins vite... À plus long terme, l’enjeu sera de glisser entre l’anticyclone de Sainte-Hélène et la zone d’exclusion des glaces (ZEA). Si tout se goupille bien, les premiers pourraient franchir le cap de Bonne-Espérance dans huit jours.

Douze skippers dans l’hémisphère Sud
Derrière, les écarts se creusent. Yann Eliès, 8e, pointait à 18h à 414 milles du leader. « Je trouve un peu sévère le fait de compter autant de milles de retard sur la tête de flotte. Ce serait 100 de moins, ça irait mieux ! », déplore le skipper de Quéguiner-Leucémie Espoir. Douze skippers naviguent ce soir en Atlantique Sud. A l'heure où nous écrivons ces lignes, Kito de Pavant (Bastide Otio) était le dernier à avoir franchi  la ligne de démarcation entre les deux hémisphères (à 17h01). Un passage toujours symbolique, y compris pour les plus expérimentés, comme Jean-Pierre Dick qui l’a franchi à 5h53 ce jeudi matin. « Passer l’équateur, cela signifie que nous sommes dans la partie Sud du globe, pour un mois et demi. Il y a un côté un peu légende. J’aime l’Atlantique Sud, j’aime le côté régulier, les mers chaudes. Tous ces pays devant lesquels on passe me font rêver : l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay... »
Bien d’autres concurrents n’ont pas encore connu cette joie. Le Pot au Noir a fait office de péage car il s’est étendu vers le Sud et a entrainé un regroupement en seconde partie de flotte. A 18h, onze concurrents, d’Arnaud Boissières (15e) à Alan Roura (25e), se tenaient en 250 milles. Ils vont encore devoir batailler avec les alternances de grains, d’orages et de calmes. La patience est de rigueur. Toujours 26e, Enda O’Coineen (Kilcullen Voyager-Team Ireland) s’approche du Pot au Noir. Sébastien Destremau (TechnoFirst-faceOcean) navigue dans un flux d’Est/Nord Est assez faible. Conditions molles également pour Didac Costa (One Planet One Ocean) qui va prochainement croiser Tanguy de Lamotte (Initiatives- Cœur) qui, en bon marin, ramène son bateau aux Sables d’Olonne.

Olivier Bourbon / M&M

 

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