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Jour 15 : Vacations radio et messages des skippers

Great American IV le 18 Novembre 2016 - Photo Rich Wilson - Sunset

Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII) :
« Le vent commence à se renforcer depuis ce matin. Il y a pas loin de 30 nœuds de vent en moyenne avec une mer qui s’est un peu dégradée. Cela ressemble aux conditions qu’on va rencontrer dans les mers du Sud. C’est un premier tour de manège qui nous fait aller vite dans le bon sens vers le cap de Bonne Espérance. Il faut trouver la bonne configuration de voile, les bons réglages pour ne pas tout abîmer. C’est assez tonique dans le bateau, je suis à © V.Curutchet/BPCE22-23 nœuds de moyenne là. Je ne suis pas surpris par les vitesses d’Alex Thomson : sans foil ça va aussi vite que les bateaux à dérives et on voit les moyennes que tiennent mes petits camarades sans foils c’est plausible. L’état de la mer se dégrade et avec des foils on ne va pas forcément plus vite. Il va falloir attendre des conditions plus maniables pour retrouver le potentiel de ces appendices. Je reviens doucement sur Alex Thomson mais il faut préserver le bateau pour la suite de la course. Je gère mon rythme à bord, selon mes polaires et l’état de la mer. Je suis à l’écoute de mon bateau. De temps en temps, certains vont plus vite que d’autres mais le plus important est de tenir une bonne moyenne. Ca ne sert à rien de se mettre dans le rouge pour récupérer la tête maintenant. »

Romain Attanasio (Famille Mary-Etamine du Lys) :
« J’ai retrouvé mon copain Eric Bellion, on a discuté à la VHF tout à l’heure. Je suis content d’être avec lui car il dispose d’un bateau qui va vite. J’essaye de ne pas non plus me laisser griser. Depuis le début je préserve le bateau, ça ne sert à rien de tirer dessus plus que nécessaire. La situation météo est compliquée. On n’a pas un anticyclone bien installé avec du vent au portant pour le contourner. Il y aura un passage de mou à négocier dans quelques jours… Je suis un Figariste, un compétiteur mais j’ai toujours aimé le large. Le Vendée Globe était la course que je voulais faire une fois dans ma vie et je n’avais pas le budget pour le faire avec un bateau récent. J’ai donc décidé de partir avec un IMOCA ancien et je ne le regrette pas. C’est une aventure tellement exceptionnelle, je vais aller découvrir les mers du Sud c’est génial. » 

Eric Bellion (CommeUnSeulHomme) :
"Je suis dans les alizés de Sud Est. Le vent a un peu fraîchit, autour de 15 noeuds et je suis à 80° du vent, donc ça commence à accélérer pas mal.
Je suis un peu vert de ne pas être sorti avec mon livre d’oiseau parce que j’en ai tout autour de moi là, qui pêchent. Il fait un peu moins chaud, l’air circule un peu mieux
maintenant donc c’est super agréable. C’est chouette d’avoir Romain (Attanasio) devant moi. C’est un figariste alors j’apprends, je règle mieux mes voiles, c’est super riche. Je suis aussi la façon de naviguer de Rich Wilson. Je suis ravi de les avoir près de moi, ce sont de grands marins. Après, je ne veux pas jouer à prendre le rythme d’un autre, je ne veux pas me prendre pour quelqu’un que je ne suis pas, donc je continue MA course. J’ai le sentiment de vivre une aventure hors norme. C’est fabuleux. Le Vendée Globe ne sert à rien, sauf que c’est beau... C’est trois mois de parenthèses qui resteront gravés dans ma mémoire. Après, il y a des hauts et des bas bien sur. Après le pot au noir par exemple, j’étais épuisé même s'il n’a pas été le pire. Mais le grain te fait peur, le bateau peut se coucher, partir en vrac, casser. Je ne me sens pas assez serein pour bien réagir, donc c’est stressant, ça demande de l'énergie. D’où cette fatigue à la sortie. Du coup, tu as des idées un peu sombres, tout devient difficile, tu vois la montagne que tu dois escalader alors qu’il faut prendre tout cela étape par étape et que je suis en fait très très heureux d’être là ! »

Sébastien Destremau (Technofirst-faceOcean) :
" Je suis en plein pot au noir !! Je suis bien collé ! Pas un souffle cette nuit, quelques orages, pas de grains violents heureusement en ce moment. Ce matin un petit vent de quelques noeuds, ça va être long quoi… Les fichiers météo que j’avais ne laissaient pas présager aussi peu de vent. Hier en revanche, on s’est fait un vrai vrai vrai vrac !!!! Dans un grain, le vent a tourné d’un coup, oh la vache, le bateau s’est mis à l’envers, en marche arrière, les voiles à contre, il s’est couché oh la la la la, c’était drôle ! Enfin tant qu’on n’a rien cassé, c’était drôle… Incroyable. La vraie misère, le pire grain jamais vécu. Voilà... C’est ça le pot au noir !
Sinon, aucun souci à déplorer à bord ! C’est top ! Très content du travail de mon équipe et du choix de ce bateau où, vraiment, il n’y a pas grand chose à casser dessus ! C’est vraiment bien pour la suite du voyage. Moi aussi, comme mon bateau, je suis en pleine forme. Il fait 40° dans le bateau donc c’est fatigant, mais ça va. On est dimanche, ça fait deux semaines qu’on est partis et j’ai l’impression que ça fait 1000 ans mais aussi comme si on avait quitté les Sables d'Olonne hier. Je le savais, on rentre dans une routine, les jours passent et soudain on se rend compte qu’on est parti depuis deux semaines. Le temps s’arrête, le temps n’existe plus ! D’ailleurs je n’ai pas de montre à bord… Enfin si une GPS mais rien au bras ! C’est un sentiment assez intéressant, que j’aime bien en tout cas.
France/Australie en rugby hier ? Oh la je vais appeler mes enfants en Australie !! De toute façon j’ai gagné dans les deux cas ! Ah l’Australie à gagné de deux points ? Ah c’est bien, belle performance d’accrocher les australiens ! Ah je vais appeler mes enfants, en voilà une belle occasion ! Très bien, super ! Je suis tellement déconnecté de ce qu’il se passe sur terre ! »

Kito de Pavant (Bastide Otio) :
"Bon dimanche à tous ! Je suis de nouveau sous gennaker, le vent a adonné hier en mollissant. Il a donc fallu adapter la voilure. En revanche, avec plus de surface de toile, l'équilibre du bateau est plus fragile et il est nécessaire de régler plus souvent les écoutes pour éviter la sortie de piste sous les nuages. Bref, c’est mieux mais au moins aussi fatiguant. Ce qui me préoccupe le plus c'est la situation météo à venir. Ce n'est pas une mais deux barrières anticycloniques à traverser ou à contourner ou autre solution que je n'ai pas encore trouvée…. Bastide Otio va être sérieusement ralenti dans sa progression vers le Grand Sud et ce dès aujourd'hui. Et je vais sans doute être parmi ceux qui vont le plus souffrir de cette situation. Malheureusement, il m'est impossible de l'éviter... J'ai juste le mauvais timing. Les routages se cassent aussi les neurones sur la meilleure façon de passer ces obstacles. Le matin c'est à droite, le soir c'est à gauche et le lendemain c'est tout droit… Bon cela fait partie des aléas de la course. Ce n'est pas le premier, ni le dernier, mais vous pouvez compter sur moi pour me sortir le mieux possible de cette affaire. Par ailleurs, j'ai ressorti mon petit logiciel d'astronomie pour potasser les étoiles du Sud. Là où je me trouve, en-dessous de la latitude de Salvador da Bahia, on voit toujours les constellations du Nord et celles du Sud qu'on ne voit qu'une fois passé l'équateur. Mais la lune est venue contrarier mes observations nocturnes. Je devrais avoir du temps pour cela."

Jérémie Beyou (Maître CoQ) :
« Il y a une trentaine de nœuds de vent, la mer était désordonnée mais depuis quelques heures c’est mieux maintenant. Il faut que j’arrive à rester devant ce front mais en même temps il ne faut pas faire n’importe quoi avec le bateau. Chaque modèle météo est différent, c’est le bazar et je n’arrive pas à me faire une religion. Hier quand je faisais un routage je revenais à 40 milles d’Armel (Le Cléac’h) et aujourd’hui, avec un autre modèle, il passe avant la dorsale et moi je butte dedans. Ceux qui me devancent sont mieux positionnés que moi, clairement. Mes problèmes de pilote m’ont fait perdre beaucoup de terrain mais j’ai réussi à réparer et maintenant le bateau est à 100 %. »

Tanguy de Lamotte (Initiatives-Coeur) :
« Je suis à 1200 milles des Sables et je vais avoir du vent dans les jours à venir. Ce n’est pas habituel de mener un tel bateau en mode croisière et sans les préoccupations de la course. Normalement c’est plutôt la suractivité à bord. La déception reste présente, mais je suis content de me rapprocher des Sables d’Olonne où je vais ramener mon bateau à bon port. »

 

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