Un jour, un livre...

Le Livre des Terres Inconnues

« La flotte fit route par la volte qui profitait des vents favorables, jusqu’en Afrique du Sud qu’elle atteignit après quatre mois de navigation. Sous les averses et les embruns glacés, les navires qui s’emplissaient d’eau et dont les équipages commençaient à maugréer se frayèrent lentement un chemin vers le bout du monde. Les nuits devenaient de plus en plus longues. Le cap de Bonne-Espérance fut rangé le 22 novembre (1497), après quatre mois et demi de mer. Luttant contre un courant contraire, dans une alternance épuisante de grands calmes et de coups de vent, les navires s’élevaient lentement vers le nord-est.

Vasco de Gama, voyant qu’on lui parlait de revenir en arrière, répondit aussitôt que, dans le secret de son cœur, il avait promis à Dieu de ne point reculer un seul empan du chemin déjà parcouru et qu’il ferait jeter à la mer le premier qui lui en parlerait de nouveau. Ces gens désespérés poursuivirent donc leur route au grand large ; et la tempête grandit encore ; le vent était devenu furieux, et il changeait tellement qu’on ne savait plus de quel côté il soufflait ; et quelquefois il tombait complètement et laissait les vaisseaux comme morts parmi les vagues qui en faisaient ce qu’elles voulaient.

(…) Et les hommes s’attachaient avec des cordages pour ne pas tomber car, dans les vaisseaux, tout se cassait et s’en allait en pièces ; et ils poussaient de grandes clameurs en implorant la miséricorde de Dieu.

(…) Et le vent un moment endormi se réveillait soudain et soufflait avec plus de violence encore ; et les hommes s’épuisaient au travail des pompes, car les vaisseaux faisaient eau de partout. »

 

Extrait par DBo. du livre de :

Contre-amiral François Bellec - Le Livre des Terres Inconnues (récit de Gaspar Correia) - Éditions du Chêne

 

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