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Vacations : l'entrée dans le grand Sud

Photo sent from the boat Foresight Natural Energy, on November 24th, 2016 - Photo Conrad ColmanPhoto envoyée depuis le bateau Foresight Natural Energy le 24 Novembre 2016 - Photo Conrad ColmanPhoto de Foresight Natural Energy sous spi et son reflet, p

Marc Guillemot, chef de projet MACSF
© Thierry Martinez / Sea and Co"On n’est plus très loin de l’équateur, on a décidé de ne pas faire d’escale. On va faire route directement sur la Bretagne ou la Vendée, on ne s’arrête pas en Martinique. Ça a bien bossé, on va pouvoir continuer je pense. On est partis hier soir du mouillage, vers 17/18h. L’objectif c’est de revenir en Vendée ou en Bretagne. On gagne du temps et de l’argent. Ça sera plus simple pour tout le monde. On avait dit qu’on déciderait une fois qu’on serait partis, voir si les bruits. Les dégâts ne sont pas dramatiques visuellement, on a enlevé ce qui pouvait vibrer sous la coque, on espère que c’était ça. Ce n’était pas facile de plonger là. Pour le moment ça ne fait pas de bruit. Bertrand va bien."

Conrad Coleman, Foresight Natural Energy
"Tout va très bien ce matin. Actuellement les conditions sont sympathiques. J’ai 17 nœuds de vent, je suis en train de glisser sous grand-spi, j’ai la grand-voile aussi. Il y a de la bagarre autour de moi et en connaissant les bonhommes, je suis bien content d’être ici puisque j’ai le bateau qui est le plus vieux. Je suis dans ce groupe grâce à ma motivation et je vais tout faire pour y rester. Ce week-end ça risque d’être compliqué. On n’aura pas les mêmes conditions que les leaders dans l’Atlantique. On n’a pas la même trace. On a lutté pour chaque centimètre. On a bataillé avec les rafales, les nuages et les molles. C’est plus dur d’avancer dans la molle que dans la tempête car il faut changer toute la configuration et les réglages. Ce sont des milles qui sont durs mais je suis toujours très content d’être ici. Dans quelques jours on va tirer des bords, pour l’instant c’est du travers, au moins jusqu’à dimanche. Il y aura du près lundi, mardi. Ce n’est pas quelque chose que j’attends avec impatience. On a des bateaux qui sont fait pour avancer avec le vent de derrière et non pas avec le vent dans le nez. Je suis monté deux fois au mât pour changer le point d’accroche en tête de mât. Il est super important car ce dris sert à hisser quatre voiles. J’ai tout fait pour sécuriser. J’ai des bleus sur les bras et les jambes. Mais sinon je suis content des conditions sur le bateau et je suis prêt pour la suite."

Jean-Pierre Dick, StMichel-Virbac
"Tout va bien. Une nuit assez chargée avec des vents qui montent qui changent de direction. C’était assez fatiguant. Ce matin ça a diminué mais ça va remonter rapidement. Beaucoup d’action mais peu de soleil. Le ciel est vraiment voire noir dans certains grains. J’ai inspecté mon bateau autant que faire se peut. Tout me semble en place, malheureusement on ne peut pas tout déceler. Ça va être un des intérêts d’aujourd’hui de faire ça. Le problème c’est que le vent évolue. On devrait empanner quelques centaine de milles avant Bonne Espérance. Après on va partir dans le grand Sud avec du vent de Sud-Ouest. Je suis dans l’optique de ne pas lâcher sur la vitesse et de rester en course. Il y a eu des abandons, dont on ne peut jamais se réjouir mais qui améliorent le classement. Je veux recoller. On ne peut pas dire que je suis complétement pépère. J’essaye d’attaquer."

Yann Eliès, Quéguiner-Leucémie Espoir
"Je crois que la réaction de Morgan (Lagravière) est légitime. Le rythme effréné auquel les 7 premiers ont descendu l’Atlantique Sud ne leur a laissé aucun répit. Je pense que si il avait pu profiter des deux/trois jours qui arrivent, avec des conditions plus cools, il aurait pu recharger les batteries et vu les choses différemment. Là, un rythme effréné pendant 17 jours, une casse et un abandon, c’est normal qu’il ait le moral dans les chaussettes. Ce que je trouve bien c’est que Morgan est quelqu’un d’entier. Il dit ce qu’il pense. Ce n’est pas la première fois qu’il dit que c’est dur de naviguer sur ces bateaux-là. Il l’avait dit en figaro aussi. Ça ne l’empêche pas de revenir et de briller par son talent. Je trouve ça bien que les gens soient capables de dire ce qu’ils ont sur le cœur. Morgan a prouvé qu’il pouvait le gagner celui-là, il reviendra dans quatre ans. C’est sûr. D’un point de vue cartésien, quand on regarde les chiffres, je suis à plus de 1000 milles des premiers. L’aspect comptable des choses n’est pas très bon. Après les premiers abandons, je suis sixième. Je reviens un peu. J’aimerais rejoindre mes petits copains et jouer une place dans les cinq premiers. J’ai fait une croix sur les premières places. Les foilers sont capables d’accélérations fulgurantes que je ne peux pas tenir. Je vais mener ma barque tranquillement jusqu’à l’arrivée. Sans trop martyriser ma machine. Le chemin est encore. On sait que sur une Vendée Glove il faut aller vite, mais il faut finir. Je crois que tout le monde a eu un peu de conditions tranquilles cette semaine. On fait le tour du bateau. Moi j’ai changé en amure hier pendant 12 heures. C’était l’occasion. J’ai resserré deux trois vis. J’ai regardé le gréement. On va rentrer dans un tunnel et de longues semaines cloitrés à l’intérieur puisqu’il va faire froid et humide. J’ai sorti les voiles de brise : le petit gennaker, la trinquette de brise. J’ai reculé les poids de tout ce qui était à bord. J’ai laissé à disposition les boites à outils pour être prêt à bricoler en urgence. J’ai sorti les sacs avec les bonnets, les polaires, les gants. Je vais sortir au fur et à mesure le matériel pour le grand Sud. Je sais en mon fort intérieur que le Vendée Globe peut accoucher de tout Je me souviens du VG 2008 où Armel termine second alors qu’un mois avant l’arrivée il était cinquième. Je sais que tout est faisable. Je suis plus concentré sur ma façon de mener le bateau. Je vais essayer de ne pas agresser le bateau. Peut-être que la suite arrivera au bout. Je n’ai pas encore d’albatros. J’ai des espèces d’oiseaux noirs qui ressemblent à des petterrelles. Il faut que je sorte mon bouquin avec tous les oiseaux qu’on peut rencontrer dans l’Atlantique, le Pacifique et l’Indien. J’attends mes premiers albatros. J’enverrai des photos."

Romain Attanasio, Famille Mary – Etamine du Lys
"Ça se passe bien. Les conditions sont bonnes depuis quelques jours. Je fais le Vendée Globe donc je suis content. Le bateau va bien. Je n’ai rien cassé. Moi ça va aussi. Il fait juste très chaud. J’ai commencé à matosser pour l’empannage de tout à l’heure, j’ai pris une suée en une demi-heure. Mais sinon les conditions sont super. Les nuits sont agréables, très claires, c’est incroyable. On voit très bien les étoiles. On a aussi eu la lune incroyable la semaine dernière. C’est le feu d’artifice tous les soirs. Les mers du Sud c’est le gros morceau. C’est long à venir parce qu’il y a toute la traversée de l’Atlantique Sud. Il y a peu de vent. J’essaye de naviguer calmement, de préserver la bateau. Des fois je me dis même « romain c’est quand même une course, active toi ». Je ne veux pas prendre de risque. Pour l’instant ça s’est bien enchainé. J’ai doublé Eric (Bellion) il y a deux jours. Il n’a pas eu de bol, il est tombé dans une zone sans vent. Les mers du Sud ça sera dans huit jours. Mais j’ai hâte d’y être. Ça sera le premier gros tronçon de fait. On arrivera enfin dans les grandes mers du Sud, que je ne connais pas. Pour ce week-end, les fichiers sont d’accord. On a un empannage aujourd’hui. Après, le vent va tourner dans le sens inverse des aiguilles d’une montre pendant les trois prochains jours."

Message du bord : Kito de Pavant, Bastide Otio

"Allo la terre....  Ça se rafraichit par ici (30° Sud).
J'ai ressorti un assortiment de polaires de différentes épaisseurs, merci Marinepool, propres et sèches parce que emballées sous vide. Et mis dans un sac les tenues d'été qui commençaient à être franchement "rougnées"... Je ne suis quasiment pas sorti dehors cette nuit. Pourtant, il fait beau avec un ciel bien étoilé mais ce sont des tonnes d'eau salée qui déferlent sur le pont. Le bateau est bien équilibré au reaching et ça va vite, pas assez à mon gout, car je pensais qu'il y aurait plus de vent et du coup, je suis un peu sous toilé, enfin, ça dépend des moments... et surtout je ne voudrais surtout pas que la dépression argentine ne passe sous mon nez sans me prendre dans ses bagages...
C'est assez incroyable la perf que viennent de réaliser les leaders de ce VG, 17 jours à Bonne-Espérance!!! Il m'en faudra au moins 7 de plus...
(Alex Thomson a passé le cap de Bonne-Espérance hier après-midi après 17j 22h 58min de course. Il établit un nouveau record sur la distance Les Sables - Cap de Bonne-Espérance avec 5 jours de moins qu'Armel Le Cléac'h en 2012 - ndlr). Bien désolé aussi pour Morgan et l'équipe Safran qui, décidément, manque de réussite sur cette course... J'ai eu également des nouvelles d'Alan, le p'tit Suisse, qui m'a envoyé un mail. C'est cool de sa part et je suis content que tout se passe bien pour lui, en tout cas, c'est comme ça que je l'ai ressenti...
"

Arnaud Boissières, La Mie Câline
"Ça va mieux aujourd’hui. Les conditions sont assez changeantes. J’ai des ptits grains avec de la pluie. Le vent varie entre 10 et 23 nœuds. C’est un peu perturbant. Je suis sous spi. Je fais mon p’tit bonhomme de chemin en descendant en escalier vers le cap de Bonne Espérance, qui se fait désirer. Hier matin j’étais sous gennaker cette nuit je sous passé sous spi. J’essaye d’empanner à la faveur des nuages. C’est un peu frustrant parce que j’étais devant ce paquet, maintenant ils sont devant moi. J’ai un peu du mal à recoller mais on a encore deux mois. Cette descente de l’Atlantique, c’est la première fois que je vois ça. Les deux dernières fois ça allait plutôt vite. Là c’est un peu périlleux pour tout notre groupe, on n’atteint pas des grosses vitesses. On se soumet à Eole. On va faire du près, sans aller trop vite. Ça va de nouveau mollir. C’est stratégique du coup. Je suis un peu décalé. C’est plus une transat qu’un Vendée Globe. J’ai fait un mauvais pot au noir donc il y a deux jours ça m’énervait un peu. Maintenant ça va bien, j’ai mis la musique, je me suis fait à manger : des spaghettis bolognaise. Mon plat préféré. J’ai eu un petit problème de gennaker qui s’était roulé à l’envers mais à part ça tout va bien sur le bateau. Maintenant, c’est à moi d’appuyer sur le bon accélérateur et d’aller où il faut. J’avais bien les boules pour Vincent. Je lui ai fait un mail. Le pauvre, le même jour qu’il y a quatre ans… J’ai vu pour Safran hier. Ça fait un peu peur. Les boules pour eux… Tout peut arriver en mer. C’est la faute à pas de chance. C’est le pire qui puisse arriver puisque ça t’y peux rien. C’est trop injuste."

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