Actualité

Les Quarantièmes vont bientôt rugir

Photo sent from the boat Bastide Otio, on November 12th, 2016 - Photo Kito de PavantPhoto envoyée depuis le bateau Bastide Otio le 12 Novembre 2016 -  Photo Kito de PavantReaching - Mauritaniehello la terre?ici la capsule Bastide Otio...Grasse mat

Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII, leader, à 15815 milles de l’arrivée)

« On avance vers les Kerguelen, dans des conditions assez fraîches. Il fait froid maintenant depuis deux jours et on essaie de conserver un peu de chaleur dans le bateau. On est en avant du front avec 20 à 25 nœuds de vent et une mer relativement correcte. Ce n’est pas trop mal pour l’instant, on a eu pas mal d’algues au niveau de Crozet, des paquets d’algues, et il a fallu nettoyer un peu tout ça. On est plus portant, donc le foil sert un peu moins, ce sont des conditions à la limite du système : on n’est pas assez lofés ou il n’y a pas assez de vent pour pouvoir profiter vraiment du foil. Le bateau fonctionne normalement, en ce moment avec ou sans foils ce serait à peu près la même chose. Derrière le front on aura une zone un peu compliquée, moins de vent et ce sera plein vent arrière. Il faudra tirer des bords, peut-être. A plus long terme ça a l’air de se dégrader fortement au niveau des way-points ‘Australie’ de la zone des glaces. Il y a du coup de vent qui s’annonce. Encore quelques jours, mais on surveille ça pour voir la force du vent et la mer qu’il pourrait y avoir. Il y a des dépressions qui descendent de Madagascar et qui se creusent assez vite selon les modèles. On pourrait être amenés à subir ça en fin de semaine. C’est un peu loin et ça peut encore changer, mais on réfléchit à  la stratégie à long terme par rapport à ça. Normalement on devrait passer au Nord des Kerguelen demain matin, peut-être qu’on verra les îles de loin comme elles sont assez hautes. Ensuite on va faire un peu de Nord et j’espère que les températures remonteront un peu en allant vers l’Australie. La température de l’eau doit être entre 5 et 6 degrés et dans le bateau c’est à peu près pareil. J’ai un petit chauffage qui permet de faire remonter un peu la température à l’intérieur et de faire sécher les affaires. Dehors quand on va manœuvrer, il faut bien s’équiper parce que ça pique assez vite aux extrémités : la tête, les mains, les pieds. Il faut être vigilant par rapport à ça. Je commence à sentir un peu la fatigue, ça fait 23 jours qu’on est partis. Il y a des moments où tout va bien à bord et d’autres où le moral est un petit peu plus bas, rapport à l’éloignement et au fait qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir. J’essaie de ne pas trop y penser, de prendre les choses au jour le jour. C’est sûr que pour l’instant on a bien avancé en terme de temps de route, ça permet de positiver. Il reste un bon bout de chemin à parcourir, notamment jusqu’au cap Horn. On sait qu’on est dans la partie la plus compliquée du parcours : les mers du Sud, des conditions assez hostiles… Il faut prendre son rythme et essayer de tenir mentalement et physiquement avec la fatigue, le froid, le décalage horaire aussi. La route est longue et on n’est pas à l’abri de problèmes. Il ne faut pas s’emballer, rester concentré, garder son rythme et continuer comme ça. Etre leader ne change pas grand chose pour moi, je fais ma route. C’est même bien d’avoir un bon repère en vitesse avec Alex.»


Kito de Pavant (Bastide-Otio, 10e à 2583 milles du leader)

« La mer est un peu moins forte depuis hier soir, c’est un peu plus confortable pour avancer, avec du vent quasiment plein Ouest. Hier la mer était hachée courte et ça percutait bien les vagues ! Au programme de la journée, il n’y a pas de cinéma parce qu’ils sont fermés en ce moment, donc je crois qu’on va continuer à faire du vent arrière. Le vent va mollir et je ne vais pas tarder à empanner pour refaire un peu de Sud, j’ai quasiment 200 milles à faire vers la barrière des glaces. Le vent va mollir à une quinzaine de nœuds, donc on va remettre un peu de charbon (renvoyer de la toile, ndr), ça va m’occuper. Il va falloir attendre quasiment deux jours pour retrouver du vent à peu près intéressant. Je regarde du coin de l’œil la fin de la semaine, car je crois qu’on va prendre un bon coup de vent dans l’océan Indien. Je surveille ça de près, pour ajuster ma route et prendre le moins de vent fort possible. Il y a une dépression assez active qui se prépare ensuite dans une semaine, je ne serai pas loin de Crozet je pense. Dans cette partie du monde les choses sont assez claires : une tempête tous les jours ou à peu près… Le mois de décembre sera moins confortable que novembre. Woaw… je pars dans un surf à 28 nœuds, là ! Par moments ça fait drôle, je suis accroché à mon siège, alors qu’il n’y a pas tant de vent que ça, entre 20 et 24 nœuds. Par moments ça part fort ! Les deux premières semaines, j’avais plutôt adopté un rythme de transat  - ratée d’ailleurs, parce qu’il y a eu des passages à niveau, ça partait toujours par devant et j’ai pris cher – mais là je suis un peu tout seul dans mon coin. Jean (Le Cam) est loin devant et derrière ils sont loin, et de plus en plus quand même. Je suis organisé un peu différemment. J’essaie de faire des bonnes nuits. Par exemple, cette nuit j’ai fait trois fois une heure et demie de sommeil, une grosse nuit quoi !  Plus une petite sieste dans l’après-midi… Finalement, j’ai un rythme où je dors plus qu’au début. Il faut adapter la voilure aux conditions de mer surtout, il faut naviguer un peu sous-toilé et du coup c’est pas mal. Le temps passe différemment, on ne voit pas passer les journées. Voilà déjà plus de trois semaines qu’on est partis et ça passe facile… sans problème ! »


ITV par Bruno Ménard / M&M

 

Snap code

Retrouvez-nous sur Snapchat
vendeeglobe2016