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A chaque jour suffit sa peine…

Photo sent from the boat Spirit of Hungary, on December 13th, 2016 - Photo Nandor FaPhoto envoyée depuis le bateau Spirit of Hungary le 13 Décembre 2016 - Photo Nandor Fa

Yann Eliès, Jean-Pierre Dick et Jean Le Cam dans le gros temps
« Le bateau n'est plus à la cape. Je suis reparti sous grand-voile seule avec 3 ris. Le vent varie entre 30 et 45 nœuds sous les grains et le bateau fait des pointes à 20 nœuds. La mer va se lever dans quelques temps et c’est ce qui m’inquiète le plus. Il va y avoir jusqu’à 7 mètres de houle ! Je ne m’interdis pas de refaire une petite session à la cape pour laisser passer ce noyau de houle. Je suis encore soucieux… » Contacté cet après-midi, en pleine tempête, Yann Eliès (Quéguiner-Leucémie Espoir) ne cache pas qu’il vit des heures compliquées à cause de cette fameuse dépression qui lui barre la route au Sud de la Tasmanie.
Yann Eliès et Jean Le Cam (Finistère Mer Vent) sont dans la même logique : faire le dos rond en laissant passer le gros de la dépression. Ils naviguent sous voilure réduite en espérant de tout cœur que leurs machines résisteront aux vents forts et la mer formée. Dans le même temps, Jean-Pierre Dick (StMichel-Virbac) poursuit son crochet vers le détroit de Bass. Il devrait atteindre le passage entre l’Australie et la Tasmanie vers 21h (heure française).

Un moment de répit apprécié pour Armel Le Cléac’h et Alex Thomson
Les deux marins aux avant-postes du Vendée Globe sont dans des considérations bien différentes. Pour eux, les conditions vont (enfin) se calmer dans les heures à venir. Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII) et Alex Thomson (Hugo Boss) vont apprécier ce changement de rythme à sa juste valeur, après des semaines d’une intensité folle. Armel Le Cléac’h : « Je me demandais si ça allait s’arrêter un jour… Mais nous allons enfin pouvoir souffler et bricoler à bord pour garder un bateau à 100% de son potentiel. Je ne cache pas que cela va faire du bien de décompresser un peu après ce rythme infernal que nous maintenons depuis plusieurs semaines avec Alex. »
Côté classement, avantage Armel qui disposait, au pointage de 18h ce mardi, d’une avance de 209 milles sur son poursuivant britannique. C'est le plus grand écart enregistré entre les deux hommes depuis le départ du Vendée Globe. Mais Alex n’a certainement pas dit son dernier mot alors qu’il reste plus de 10 000 milles à parcourir pour rallier les Sables d’Olonne.

Des nouvelles de Jérémie Beyou, en lutte pour la 3e place
Les nouvelles de Jérémie Beyou se font rares, et pour cause : le skipper de Maître CoQ est privé de ses moyens de communication les plus efficaces et communique peu avec la terre. « Je vis une course différente », explique Jérémie. « J’ai peu d'outils météo pour faire la route. Je suis toujours un peu dans l’expectative et sur le qui-vive. Mais j'ai trouvé mon rythme. Je navigue légèrement sous-toilé car je ne sais pas s’il va y avoir des coups de vent ou non. J'essaye de faire de belles manœuvres et d'avancer correctement en préservant le bateau. Je n'ai pas envie de sortir du Pacifique plus amoché qu’au moment où j'y suis entré. » Malgré tout, Beyou reste dans le match pour la 3e place et recolle à Paul Meilhat (SMA) : 53 milles d’écart à 18h aujourd’hui, contre 120 milles hier à la même heure…

Dans l’Indien, les groupes se font et se défont…
Derrière les quatre leaders, les 18 autres marins encore en lice naviguent dans l’Indien, dans des conditions de navigation qui ne sont pas de tout repos. Joint en vacation ce matin, Fabrice Amedeo a raconté qu’il allait devoir grimper dans son mât suite à un problème de drisse. « La perspective de cette ascension dans les mers du Sud ne m’enchante pas. Mais je me dis que c'est un nouveau défi qui vient ponctuer ce long chemin qui va me mener aux Sables d'Olonne », positive le skipper de Newrest-Matmut.
Fabrice voit s’échapper Arnaud Boissières (La Mie Câline) et Conrad Colman (Foresight Natural Energy), qui se livrent d’ailleurs une bagarre magnifique, quasiment bord-à-bord au milieu de l’océan Indien. Mais une fois sa réparation effectuée, Amedeo pourrait bien se retrouver dans le groupe suivant. Un groupe qui va devoir négocier une dépression qui le rattrape. Eric Bellion (CommeUnSeulHomme) choisit de partir dans le Nord. Ses trois compères internationaux restent plus au Sud en approche des Kerguelen. Il s’agit de l’Irlandais Enda O’Coineen (Kilcullen Voyager-Team Ireland, qui va lui aussi devoir monter dans son mât), du Suisse Alan Roura (La Fabrique) et de l’Américain Rich Wilson (Great American IV).
Esseulé sur l’immense plan d’eau indien, Pieter Heerema (No Way Back) adopte la stratégie de Bellion : sauve-qui-peut vers le Nord pour toucher moins longtemps les conditions les plus fortes. Un peu plus de 400 milles derrière, Didac Costa (One Planet One Ocean) espère recoller sur le Néerlandais, tout en maintenant à bonne distance Romain Attanasio (Famille Mary-Etamine du Lys) et Sébastien Destremau (TechnoFirst-faceOcean).

Olivier Bourbon / M&M

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