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Entre répit et furie

Photo sent from the boat La Fabrique, on November 30th, 2016 - Photo Alan RouraPhoto envoyée depuis le bateau La Fabrique le 30 Novembre 2016 - Photo Alan Roura

« On commence le mode survie. Il  a beaucoup de vent, beaucoup mer, le bateau tape. Je suis obligé de garder de la vitesse sinon je vais tout péter.  L'Indien, c'est le diable sur mer. » confiait le benjamin du Vendée Globe, Alan Roura, à la vacation de la matinée. Pour la troupe des 7 bateaux au beau milieu de l’océan Indien (de Conrad Colman 12e à Eric Bellion 18e), la vie en mer ressemble à un combat. Une grosse dépression générant des vents de nord jusqu’à 50 nœuds les contraints à naviguer sous voilure réduite (trois ris et J3, tourmentin même pour certains d’entre eux). Pour parer le pire de ce phénomène météo dangereux, Conrad Colman (Foresight Natural Energy) et Arnaud Boissières (La Mie Câline) ont choisi une trajectoire assez nord. « A partir de ce soir, nous allons prendre un bon coup de pieds aux fesses. Mon placement est prudent. Je ne veux pas me retrouver avec 45 nœuds de Nord et 60 dans les rafales en limite de la ZEA qui remonte à la longitude du cap Leeuwin » explique Cali.

 

Yann Eliès, Jean Le Cam et Jean-Pierre Dick secoués
Chaque manœuvre coûte de l’énergie, chaque petite chose bête du quotidien, comme se faire du café où grignoter un morceau, devient un exploit. Que dire du sommeil ! Les déferlantes résonnent comme des coups de boutoir sur la coque en carbone… Impossible de fermer l’œil, ni de se détendre. C’est ce que vivent en ce moment les trois mousquetaires, qui vont avoir encore 24 à 36 heures difficiles à naviguer sur une grosse mer casse-bateau. Jean-Pierre Dick (StMichel-Virbac) dispose d’un meilleur angle pour pouvoir continuer à attaquer. Il le dit lui-même « Je descends avec un meilleur angle que Yann et Jean vers le sud de la Nouvelle-Zélande. Je pense que je serai à égalité avec Queguiner et un peu devant Finistère Mer Vent. Mais, le grand bénéficiaire de l’opération sera le Roi Jean ! ».

 

Du répit pour les deux leaders
Armel Le Cléac’h fut le premier à accélérer dans l’après-midi. De 10 nœuds de vitesse ce matin, le natif de la baie de Morlaix pointe désormais à plus de 19 nœuds, 334 milles devant le Britannique Alex Thomson. Les deux pilotes ont profité de l’accalmie pour récupérer de leur folle cavalcade depuis le 6 novembre dernier. Une courte pause puisqu’Armel est déjà dans le flux de Nord-Ouest pour 18 nœuds, tandis qu’Alex peine encore dans des vents erratiques. L’hémorragie de milles devrait donc continuer. Pour les deux marins qui devraient atteindre le cap Horn le jour de Noël, l’heure est désormais à la stratégie, au placement, aux petits coups bien placés sur l’échiquier du Pacifique. Aussi fatiguant pour les nerfs que des surfs à 20 nœuds dans une mer démontée !

 

Olivia Maincent / M&M

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