30 Décembre 2016 - 14h05 • 20351 vues

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Après avoir comblé une grande partie de son écart sur Armel Le Cléac’h, Alex Thomson mange son pain noir, bloqué à son tour dans une cellule anticyclonique qui le stoppe net. Conrad Colman a déchiré son J2 (une voile d’avant intermédiaire) et a dû monter dans son mât pour la libérer. La voile est perdue mais Conrad continue sa route à la poursuite du Hongrois Nandor Fa. Romain Attanasio a des petits soucis au niveau de sa cuisine : sa balise de détresse a fini dans une cocotte minute et ses crêpes ne sont pas vraiment une réussite ! Quant à Sébastien Destremau, il confie que la période des fêtes n’est pas facile à vivre, seul au milieu de l’océan…

Alex Thomson (Hugo Boss) :
« Le vent est actuellement très faible, seulement 3 à 4 nœuds. J’avance lentement et cela risque de durer toute la journée. Il faut attendre que l’anticyclone me dépasse. Je vais perdre une partie des milles que je viens de reprendre sur Armel (Le Cléac’h). Nous nous somme rapprochés, mais Armel est toujours resté devant et il est sorti de l’anticyclone avant moi. J’ai quand même bien réduit l’écart et mieux vaut cette situation qu’être à 800 milles de l’adversaire ! Dans les jours qui viennent, Armel devrait toujours avoir un peu plus de vent et être plus rapide. Nous verrons comment la situation évolue au niveau du Pot au noir. L’objectif est d’avoir encore ma chance de l’emporter quand nous naviguerons plus au Nord dans l’Atlantique. »

Hugo Boss, skipper Alex Thomson (GBR) at start of the Vendee Globe, in Les Sables d'Olonne, France, on November 6th, 2016 - Photo Jean-Marie Liot / DPPI / Vendee GlobeHugo Boss, skipper Alex Thomson (GBR) au départ du Vendée Globe, aux Sables d'Olonne l

 

 
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Conrad Colman (Foresight Natural Energy) :

« Après avoir écrit tout heureux que ma stratégie avec la dépression avait fonctionné mieux que je ne le pensais, la nature m’a envoyé un petit rappel du fait que c’est elle qui décide ! Le bateau s’est couché dans une rafale et j’ai immédiatement entendu le bruit si caractéristique d’une voile qui se déchire. Ce fût la seule rafale mais elle était à 50 nœuds et en quelques secondes, l’énorme pression avait déchiré la voile du guindant jusqu’à la chute. Un maitre de Kung Fu n’aurait pas fait mieux, un mouvement rapide et efficace !

Alors que je préparais la corde qui me permet d’habitude de monter au mât, les bouts de voile restant se sont mis à s’enrouler autour de celle-ci, et impossible de la libérer. J’ai donc mis en place une autre corde pour me hisser avec mon équipement de grimpe. Quand j’ai enfin réussi à atteindre le haut de la voile, j’ai coupé le lashing (système d’attache) et la poche que j’avais passé du temps à réparer et libéré la voile pour qu’elle descende sur le câble. La descente était plus facile mais il a tout de même fallu batailler à nouveau avec ces « tentacules » de tissu !
 
J’ai mis un jour et une nuit à me remettre de la double peine : la mission compliquée de libération de la voile et surtout, la perte de celle-ci. Maintenant que j’ai soigné mes bleus et mes coupures, aidé le mental à renfort de soupe et sommeil, je suis content d’être toujours en course. J’ai une bonne marge de manœuvre avec le reste du peloton derrière mais il est certain que je vais être beaucoup plus lent que prévu dans certaines conditions dans les semaines à venir.
»

Pour lire le récit complet, rendez vous ici
 

Romain Attanasio (Famille Mary-Etamine du Lys) :
« De l’eau a rempli mon bateau a enclenché ma balise de détresse. J’ai mis la balise dans la cocotte minute et elle y est toujours car elle émet pendant six jours. J’ai vécu une nuit d’enfer avec de l’eau partout. J’ai une boite à l’extérieur du bateau qui s’ouvre rapidement pour sortir la balise en cas d’urgence. Je pense que la balise a tapé et a ouvert la boîte. Le temps que je range tout ça et que je revienne à la table à carte, le téléphone a sonné. J’ai eu une dame de la sécurité australienne qui m’a demandé si les secours devaient venir me chercher !

J’ouvre un sac de nourriture tous les 15 jours. Et il n’y a plus grand chose que j’aime dans le sac actuel. Ce matin j’ai tenté de me faire des crêpes pour changer des lyophilisés. Ca a été un fiasco, je ne comprends pas ce qu’il se passe. Ca ne prend pas. J'ai quand même mangé mes crêpes (rires) !

Je ne sais pas où se situe exactement la mi-parcours mais je suis content de m’en approcher. Cette course a été un chemin de croix jusqu’à présent. Je suis passé par toutes les phases. Je suis content d’être là même si la météo n’est pas facile. A chaque fois les passages à niveau ne me sont pas favorables et le groupe de devant ne fait que partir. J'ai hâte de quitter l‘Australie et la Nouvelle-Zélande. Cet endroit est mal pavé. L’indien est dur et cette partie très compliquée. Vivement le Pacifique. Il paraît qu’il porte bien son nom, j’espère que c’est vrai !

Ma famille me manque. Je reçois des photos de Rubens (son fils, NDR) et je le vois grandir. Ca fait bizarre… J’ai quand même bien hâte de rentrer ! »


Sébastien Destremau (TechnoFirst-faceOcean) :
 

Sebastien Destremau (FRA), skipper Technofirst Face Ocean, at start of the Vendee Globe, in Les Sables d'Olonne, France, on November 6th, 2016 - Photo Jean-Marie Liot / DPPI / Vendee GlobeSebastien Destremau (FRA), skipper Technofirst Face Ocean, au dép

Vacation de 10h avec Sébastien Destremau

 
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« Les conditions ne sont pas désagréables avec 20 nœuds de vent de travers. Je marche entre 10 et 14 nœuds. La navigation est beaucoup plus agréable que ces derniers jours où il y avait 30 nœuds, le bateau tapait fort. Les conditions devraient rester favorables jusqu’en Nouvelle-Zélande. Je vais pouvoir avancer dans la bonne direction sans trop forcer sur le matériel et le bonhomme. Mes côtes me font toujours mal, c’est pénible. Les manœuvres sont longues.

La période de Noël et du Nouvel an n’est pas facile à vivre. Cette semaine entre le 25 et le 31 décembre ne sera pas ma meilleure de la course ! La solitude pèse plus lourd à ce moment de l’année. Tout le monde fait la fête, s’offre des cadeaux, boit des coups, et toi tu es là tout seul pendant cette période de bonnes intentions. Mais sinon tout va bien, je ne suis pas à plaindre.

A priori je devrais m’arrêter en Nouvelle-Zélande pour faire une vérification du bateau avant de repartir en course. Sauf si je passe tout près de la Tasmanie, auquel cas je m’arrêterai là-bas. Mais je me dirige plutôt vers la Nouvelle-Zélande car les conditions sont bonnes actuellement pour traverser la mer de Tasmanie, alors qu’elles ne le seront pas dans quelques jours. »

OB / M&M