Actualité

Vacations : "Quand le vent reviendra on repartira, comme la chanson."

Photo sent from the boat Foresight Natural Energy, on January 6th, 2017 - Photo Conrad ColmanPhoto envoyée depuis le bateau Foresight Natural Energy le 6 Janvier 2017 - Photo Conrad ColmanFull main in the light at 111 W

Jean le Cam, Finistère Mer Vent
"Ça va pas mal. Hier on se voyait avec Yann (Eliès). Là il est à 12 milles devant. On est proches. J’ai environ 15 nœuds et une belle mer. On fait route vers le Nord rapidement. Normalement on aura un Pot au Noir, plus classique, plus facile que les leaders. Les vidéos j’en fais quand j’ai envie, quand j’ai quelque chose à dire. Il y a un temps pour tout. Pendant la traversée de la dorsale ce n’était pas facile d'en faire. Il faut manoeuvrer, optimiser le matossage. Mais quand je n’ai pas envie je n’en fais pas. Sinon ça fait de la merde. J’ai fait une lunette pour voir la quille de l’intérieur donc pas besoin d’aller à l’eau, même si là c’est sûr qu’on est dans les eaux chaudes. Hier on a eu une journée de cagnard. Envoyer, affaler, on a transpiré…"

La nourriture
"Il n’y a qu’à prendre des bons trucs dès le départ comme ça t’en n’as pas marre. J’ai ce qu’il faut, c’est assez diversifié. Forcément si tu bouffes du lyophal tous les jours… Autant foutre 50kg de bouffe bien placés. 90% du temps, tu dois matosser. Le lyophal c’est un truc pour les feignants qui ne veulent pas matosser. Les plats c’est 60kg, le lyophilisé, c’est 30kg. Pour économiser 30kg, tu bouffes de la merde. Et ça c’est au départ de la course, à mi-course, le gain n’est plus que de 15 kg. Là on doit avoir 8kg de différence. Je ne comprends pas.
Hier j’ai pris deux douches tellement j’avais chaud. Je prends des douches à l’eau douce, on ne va pas tergiverser. Je suis nickel. Je ne m’étais pas lavé pendant un mois et demi donc je peux bien prendre deux douches par jour. On ne peut pas rêver mieux pour la course. Il y a juste Yann qui se barre par devant mais je vais revenir au Pot au Noir, je vais matosser et optimiser. J’ai fait un routage ce matin. Nous serons à l’équateur, messieurs et mesdames, le 13 à 18h36. J’ai dormi déjà donc là je vais aller manger avant tout et puis j’irai matosser." 

Jean Le Cam

Vacation de 10H avec Jean Lecam

 
Current Time 0:00
Duration Time 0:00
 

Fabrice Amedeo, Newrest-Matmut
"J’avais préparé le coup du cerf-volant l’été dernier avec un ami "kiter". En prenant le départ j’ai cru que j’avais oublié mes gopro. Mais je les ai retrouvées à la faveur d’un bricolage. C’était un signe. Les conditions étaient bonnes. Je n’ai pas été très loin là mais j’ai 250 mètres de fil. Donc si je peux le faire au Horn ça peut être énorme. Les conditions étaient faciles mais l’euphorie a été de courte durée. On a une barrière anticyclonique devant nous. La ZEA nous empêche de descendre donc on doit la traverser. J’ai passé plusieurs heures à 1,5 noeuds. Je préfère quand il y a 35 nœuds. C’est somptueux mais d’un point de vue vélique c’est l’enfer. J’ai rangé le bateau il y a deux jours. Il n’y a plus grand chose à faire à part attendre le vent. J’ai des films et des livres mais je ne fais rien car je suis en attente du moindre souffle. Il faut tenir, rester zen. Quand le vent reviendra on repartira, comme la chanson."

Vivre avec ses rations
"Il y a une demi-heure je cherchais des céréales mais je n’en ai plus donc je vais devoir passer aux nouilles chinoises pour le petit-déjeuner. Je pensais qu’un paquet faisait 3 jours mais avec mon gros appétit il ne tenait que deux. J’ai des sacs de nourriture pour 15 jours, qui sont divisés avec des rations journalières. En fait, j’adore le sucre. Je fais des petits trous dans les sacs pour attraper les bonbons et là je dois encore tenir 5 jours avant d’en avoir d’autres.
Arnaud Boissières est en train de devenir mon grand copain du Vendée Globe. On s’écrit beaucoup pendant qu’on se tire la bourre. On se raconte notre vie à terre."

Fabrice Amedeo (FRA), skipper Newrest Matmut, before the start of the Vend

Vacation de 12h avec Fabrice Amedeo

 
Current Time 0:00
Duration Time 0:00
 

Conrad Colman, Foresight Natural Energy
"C’est sympa de toujours avoir quelqu’un près de moi. Je n’ai pas encore vu Eric (Bellion). Avec mes problèmes j’ai perdu pas mal de milles et donc j’ai un nouveau camarade. Je pense que son bateau est dans un meilleur état que le mien. Je n’ai plus toutes mes voiles. Je vais lui faire coucou avant qu’il ne parte." 

Le cap Horn en ligne de mire
"C’est mon troisième passage et c’est un vrai plaisir à chaque fois. C’est un moment intense. J’ai tellement souffert cette fois-ci avec les problèmes techniques que ça va être spécial. Je serai encore plus content de pointer mon étrave vers le Nord et la maison. Ça va mieux maintenant. J’ai remis ma côte en place et les mains ce n’est qu’une question de temps. J’ai passé longtemps dans le baudrier et j’ai terminé avec les mains comme du steak haché. C’était inévitable avec les couteaux, ça glissait. Il faut faire gaffe. On est vraiment au bout du monde. Quand j’ai perdu l’étai j’étais au point Nemo. On est loin de toute aide. Ça donne des petits frissons d’excitation. On ne peut compter que sur nous." 

Photo sent from the boat Foresight Natural Energy, on December 27th, 2016 - Photo Conrad ColmanPhoto envoyée depuis le bateau Foresight Natural Energy le 27 Décembre 2016 - Photo Conrad ColmanAfter splash in the face

Vacation de 12h avec Conrad Colman

 
Current Time 0:00
Duration Time 0:00
 

Message du bord : Alan Roura, La Fabrique
"Pétole... Et encore de la pétole !
C'est infernal, le bateau ne dépasse pas les 5 noeuds, la mer ressemble à un miroir et les voiles n'arrivent pas à gonfler. Dur pour les nerfs et aussi pour le bateau. Je ne vois pas comment sortir d'ici autrement que d'attendre et de voir, derrière, le reste de la flotte revenir sur moi. Du coup j'ai pas mal bricolé, je suis monté au mât pour finir de bien fixer le lazy bag, j’ai peaufiné ma fixation de safran... Maintenant il ne me reste plus qu'à avancer. Je n'en peux plus... Voir les voiles battre, le pilote qui n'arrive pas à tenir son cap…  C’est comme ça depuis presque 24 heures maintenant et ça risque de durer 24h de plus. Au moment où je vous écris, je « fonce » à 1,6 noeuds. C'est absolument fantastique... Fabrice est tout proche, mais ce sera le premier qui touchera une risée qui prendra les devants. Je n'ai pas arrêté de changer de voiles, j'ai tout essayé mais ça ne change rien. Quand il n'y a pas de vent, il n'y en a pas. L'anémomètre ne sait même pas d'où vient le vent. Bref, c'est usant. Demain sera peut être meilleur, je l’espère !
Sinon à bord l'ambiance est bonne, on communique beaucoup avec La Fabrique. Je crois que je commence à devenir zinzin. Je lui parle de plus en plus. Mais ça va, elle ne me répond toujours pas. Quand elle commencera à me répondre, ce sera le moment d'arriver je pense ! Mais pour l'instant ça va, j'ai surtout l'impression qu'elle m’écoute.
Ah ! 1,8 noeuds ! Youhou !! Grosse pointe, attention !!!! Ahlala... Dure la vie de marin, on passe de la baston à en baver, à de la pétole. Et on n’est jamais contents ! Le truc, c'est qu'on n’a pas eu de conditions « normales » depuis un sacré bout de temps et ça manque !
Donc à bord c'est grand nettoyage, entretien, contrôles et repos quand je peux. Mais c'est aussi difficile de fermer les yeux dans 3 noeuds de vent que dans 40. Le bruit du bateau, des voiles qui claquent, du pilote… On entend tout. J'espère vraiment que demain ça ira mieux, qu'on puisse avancer un minimum..."

Nandor Fa, Spirit of Hungary
“Il y a quelques minutes, j’étais à 200 milles du cap Horn. Il fait nuageux et il pleut, tout comme hier. J'ai beaucoup de grains car je suis proche du centre de la dépression. Le vent est plus fort que prévu. J’ai environ 27 nœuds de Nord/Nord-Ouest. J’espérais doubler le cap à la lumière du jour, mais j’ai l’impression que cela se fera la nuit. Je ne veux pas ralentir ou m’arrêter pour cela. Je verrai la lumière du phare et cela me contrarie un peu. C’est ma cinquième fois par ici et peut-être la dernière. Parfois je me sens épuisé car j’ai trop de petits travaux à faire. Je ne suis pas si jeune, mais je me sens bien en ce moment. Je fais du footing et de la gymnastique à l’intérieur du bateau pour me garder en forme. Ce n’est facile car je porte cinq couches de vêtements et malgré cela j’ai froid! Mais je garde le moral. Pendant ce voyage dans les mers du Sud, il y a quand même eu des moments où j’avais l’impression que cela n’allait jamais se terminer et que je n’arriverai jamais au cap Horn.”

Photo sent from the boat Spirit of Hungary, on December 14th, 2016 - Photo Nandor FaPhoto envoyée depuis le bateau Spirit of Hungary le 14 Décembre 2016 - Photo Nandor Fa

 

 
Current Time 0:00
Duration Time 0:00
 
Snap code

Retrouvez-nous sur Snapchat
vendeeglobe2016