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Vacations : En route vers le Horn

Photo sent from the boat La Mie Caline, on December 3rd, 2016 - Photo Arnaud BoissieresPhoto envoyée depuis le bateau La Mie Caline le 3 Décembre 2016 - Photo Arnaud Boissieresce matin il faisait beau , la moins , ça mouille peu !

Arnaud Boissières (La Mie Câline: « Je me suis décalé dans le Sud, près de la ZEA pour éviter le vent fort qui souffle le long de la cordillère des Andes. Là j’ai empanné vers 3h00 dans une vingtaine de nœuds en bâbord amures dans du Nord-Ouest : j’attend le coup de chien prévu sur le cap Horn. Il fait encore très froid, mais c’est la fin annoncée des mers du Sud. J’ai un peu temporisé pour ne pas me retrouver dans le plus fort de la tempête mais je m’y engage progressivement. La mer s’est un peu calmée mais elle est croisée : il bruine et la nuit est tombée. J’espère que je n’aurais pas 60 nœuds ! J’ai fait le tour du bateau pour tout vérifier, j’ai mis deux voiles qui étaient sur le pont dans le cockpit, j’ai pris le troisième ris, j’ai bien rangé ma grand-voile sur la bôme pour qu’il n’y ait pas une poche d’eau et j’ai checké l’intérieur du bateau pour qu’il n’y ait rien qui traîne. C’est un peu stressant mais en 2009, on s’était pris une tempête australe juste après le cap Horn avec Dee Caffari et Brian Thompson… C’était super chaud ! On avait aussi pas mal temporisé en échangeant par mail en anglais. 

Là, c’est particulier : tu es en course mais tu ralentis. Il y a un mélange d’appréhension et d’excitation. Je suis un peu suspendu aux fichiers météo qui s’améliorent ces dernières heures, mais malgré tout, il y a de la tension. Ce n’est pas une zone comme les autres : quand je relis les fiches de Jean-Yves Bernot (navigateur, spécialiste du routage), tu comprends bien que c’est un coin où les coups de vent sont réguliers et méchants. Je vais passer très au Sud du cap Horn : je ne le verrai pas. L’objectif est de longer la ZEA même si cela rallonge la route.

On se tient au courant tous les quatre, surtout avec Fabrice (Amedeo) qui est mon nouvel ami des mers du Sud, et Alan (Roura) qui est tombé dans des calmes : c’est un peu le piège de descendre trop Sud. Et puis avec Rich (Wilson) qui est toujours aussi élégant : il nous a même envoyé une citation de Bernard Moitessier en anglais ! »

 

Romain Attanasio (Famille Mary-Étamine du Lys: « J’étais un peu sous l’eau ces deux derniers jours avec du vent de travers dans du vent fort. C’était sport mais ça s’est bien calmé ce soir. Le problème, c’est que j’avais du vent de Sud et maintenant, il y a de la mer de Sud et il faut que je lofe dedans : ça tape beaucoup face au vagues. On a l’impression que tout va casser sur le bateau. Mais cela commence à s’arranger. On m’avait vendu la grande houle pacifique, et la mer est aussi chaotique que dans l’océan Indien ! Avec cette brise venue de l’Antarctique, il fait un froid de canard et c’est super humide : je fais tourner le moteur deux heures par jour pour assécher l’intérieur. J’ai bien tiré sur le bateau ces derniers jours et le groupe de devant n’est pas si loin que ça : sait-on jamais dans l’Atlantique !

Je suis du côté où il y a le safran en bon état : cela m’a permis de grappiller des milles sur Didac (Costa). Mais à chaque fois que j’arrive derrière lui, il y a une transition et il s’en va de nouveau. À chaque fois un dimanche ! Mais je ne me focalise pas sur lui : je fais ma route et je regarde ce qui se passe autour de moi. Le cap Horn est à 1 600 milles : je devrais mettre cinq jours à l’atteindre mais c’est encore incertain pour l’atterrissage sur la Terre de Feu. Je regarde surtout si je ne vais pas me prendre du vent contraire…

Je n’ai toujours pas d’anémomètre qui fonctionne alors que j’en ai deux en tête de mât et un sur le pont : je ne trouve pas la panne alors que j’ai tout démonté, vérifié le câblage… C’est embêtant parce que je suis obligé de naviguer avec le pilote en mode compas et c’est beaucoup plus sollicitant : il faut tout le temps vérifier que le vent ne bascule pas.

Et j’ai toujours mes soucis de nourriture : j’en ai vraiment marre du lyophilisé ! Je dois aller chercher mon sac dans le coqueron arrière pour les quinze jours à venir, mais là, ça mouille trop dehors. J’ai hâte de changer de menu parce qu’il n’y a plus rien qui me donne envie… »

 

 

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