23 Janvier 2017 - 14h29 • 11415 vues

Partager

Article

Pas facile de naviguer dans la pétole mais cela n’entame pas l’enthousiasme d’Eric Bellion qui s’émerveille dès que son bateau reprend de la vitesse. De son côté, Jérémie Beyou avoue être gagné par l’euphorie à l’idée de couper pour la première fois la ligne d’arrivée du Vendée Globe, puis d’emprunter le fameux chenal...

Eric Bellion (CommeUnSeulHomme) :

« Les dix derniers jours n’ont pas été faciles, soit dans la pétole, soit dans des grains. La nuit dernière a été terrible avec un vent passant de 0 à 24 nœuds… Le bateau s’est couché une première fois alors que j’étais en train d’écrire à la table à cartes, et ça n’a pas arrêté de la nuit. J’ai un peu la nostalgie des dépressions du Sud, au moins on sait à quoi s’attendre ! »

La perception du temps
« Quand on se retrouve à 0,00 nœuds et qu’il reste encore 10 000 km à parcourir, on se sent loin, on a l’impression que le temps passe très lentement. Mais quand le vent revient et que le bateau reprend vie, on aimerait bien arrêter le temps. On va dans le cockpit la nuit et on voit un ciel merveilleux avec le bateau qui glisse sur un lit de plancton phosphorescent. C’est un vrai bonheur d’être là. Oui il y a des moments très difficiles, comme cette nuit, mais dès que ça navigue, c’est génial ! »

Photo sent from the boat Comme Un Seul Homme, on January 21st, 2017 - Photo Eric BellionPhoto envoyée depuis le bateau Comme Un Seul Homme le 21 Janvier 2017 - Photo Eric BellionSunset front Brazil

Vacation de 12h avec Eric Bellion

 
Current Time 0:00
Duration Time 0:00
 

 

Jérémie Beyou (Maître CoQ)

Une fin de course laborieuse :
« Cette fin de course dans la pétole a été bien pénible, je me suis demandé comment j’allais en sortir. Hier il n’y avait pas de vent du tout. Dans ces cas-là, on se fait des films dans sa tête. Même avec 1000 milles d’avance sur ses poursuivants, on se dit qu’on va perdre sa place. La fatigue, la proximité de l’arrivée, font qu’on passe par des sentiments qui ne sont pas très agréables à vivre. J’étais vraiment content de retoucher du vent ce matin ! »

© Vincent Curutchet / DPPI / Maitre CoQ« L’euphorie commence à me gagner »
« J’ai vraiment essayé de ne pas penser à l’arrivée ces derniers jours car je savais que la météo serait compliquée. Je me suis vraiment arraché, c’était important de rester concentré. Maintenant j’essaye de me relâcher un peu, je reçois les messages de la terre, on s’organise pour l’arrivée. Un avion de la Marine Nationale vient de me survoler pour me saluer. Je sens que l’arrivée approche et l’euphorie commence à me gagner ! »

Le retour à terre :
« Le retour à terre m’inspire un peu de crainte. Je n’ai jamais bouclé un Vendée Globe… Je vais prendre les choses comme elles viennent, sans me poser trop de questions. Je vais prendre du plaisir avec les gens qui sont là et essayer de raconter mon histoire, mes sentiments. Je n’ai pas beaucoup pu partager mon histoire pendant la course car j’avais des soucis de communication. Ca va être l’occasion de le faire ! »