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Romain Attanasio, Conrad Colman : la ténacité récompensée !

Finish arrival of Conrad Colman (NZL), skipper Foresight Natural Energy,16th of the sailing circumnavigation solo race Vendee Globe, in Les Sables d'Olonne, France, on February 24th, 2017 - Photo Olivier Blanchet / DPPI / Vendee Globe

Arrivée de Conrad Colman (NZL), skipper Foresight Natural Energy, 16ème du Vendee Globe, aux Sables d'Olonne, France, le 24 Février 2017 - Photo Olivier Blanchet /

Quelle semaine aux Sables d’Olonne ! Après Alan Roura (lundi), Rich Wilson (mardi) et Didac Costa (hier), deux nouveaux concurrents du huitième Vendée Globe ont franchi la ligne d’arrivée puis remonté le chenal aujourd’hui : Romain Attanasio (Famille Mary-Etamine du Lys) et Conrad Colman (Foresight Natural Energy). Ils sont arrivés respectivement à 11h06 ce matin et 15h00 cet après-midi.

Romain Attanasio : « Le Vendée Globe, c’est essayer de survivre »
Romain Attanasio, 39 ans, s’est adjugé la 15e place du tour du monde en solitaire, après 109 jours 22 heures et 04 minutes de mer. Rappelons qu’avant ce Vendée Globe, sa plus grande expérience en solo était la Transat Bénodet-Martinique en Figaro en 2011, bouclée en une vingtaine de jours. Romain était engagé avec un bateau emblématique du Vendée Globe, un plan Lombard mis à l’eau en 1998 qui avait pris le départ entre les mains de Catherine Chabaud (abandon en 2000-2001), Marc Thiercelin (en 2004-2005) et Tanguy de Lamotte (10e en 98 jours et 21 heures).
Romain est venu au bout de son tour du monde malgré des avaries importantes qui auraient pu compromettre sa course. Au large du cap de Bonne-Espérance, il a violemment tapé un OFNI qui a cassé un safran et lourdement endommagé l’autre. Il s’est dérouté dans une baie abritée pour effectuer des réparations. Il a perdu beaucoup de temps dans l’affaire mais a préservé l’essentiel en continuant l’aventure. Il y a deux semaines, Romain a de nouveau tapé un OFNI qui a cassé net sa dérive bâbord.
Ses premiers mots recueillis quelques minutes après le passage de la ligne étaient très forts : « Dans les hauts comme dans les bas, on vit des moments incroyables durant le Vendée Globe. Tout est décuplé quand on est en mer, on est plus sensible. Nous avons en permanence une épée de Damoclès au dessus de la tête. Mais il en faut peu pour que tout s’illumine. Ce n’est pas une course comme les autres. Cela n’a rien à voir avec une transat. Le Vendée Globe, c’est essayer de survivre, de revenir en bon état. Il faut toujours temporiser car nous naviguons dans des endroits où il n’y a personne. J’ai tapé trois fois des OFNI, j’ai cassé une dérive, les aériens ne marchent plus depuis un mois... Tout cela était vraiment embêtant mais je suis quand même là. Le fait d’avoir surmonté ces épreuves va me servir dans la vie de tous les jours. » Romain est le 5e bizuth de cette huitième édition derrière Eric Bellion, Fabrice Amedeo, Alan Roura et Didac Costa.

Conrad Colman : dans le chenal sous gréement de fortune !
A 15h01, c’est Conrad Colman qui a franchi la ligne à 15h. Son temps de parcours : 110 jours 01 heure 58 minutes et 41 secondes. Puis Conrad s’est engagé dans le chenal sous gréement de fortune et est entré dans la légende de l’épreuve. C’est le troisième marin de l’histoire à terminer le Vendée Globe sous gréement de fortune en restant en course, après Philippe Poupon (en 1992-1993) et Yves Parlier (en 2000-2001).
S’il fallait décerner un prix de la combativité, il reviendrait au Néo-Zélandais. Tout au long de son périple, Conrad a démontré ses talents de bricoleur et sa capacité à surmonter les problèmes techniques. C’est à force de courage qu’il a fait face aux nombreuses péripéties de son tour du monde en solitaire.
La plus lourde avarie a bien entendu été ce démâtage survenu le 10 février dernier, à 250 milles à l’Ouest de Lisbonne et à environ 700 milles de l’arrivée. Colman a dû dire adieu à une 10e place qui lui tendait les bras mais il ne s’est pas démobilisé et s’est battu pour continuer, mettant en place un gréement de fortune avec sa bôme et un morceau de grand-voile. Il a dû s’armer de patience et restreindre son alimentation durant les 700 derniers milles qui lui ont semblé interminables. Mais la récompense a été à la hauteur de ses souffrances, de son investissement et de son courage : Conrad a reçu un accueil triomphal dans le chenal des Sables d'Olonne, dans des conditions idylliques. Le skipper néo-zélandais a aussi réussi à atteindre son objectif de boucler le Vendée Globe sans utiliser d’énergie fossile.
Il a livré ses premières impressions sur le ponton : « Ca y est je suis ici ! Ce chenal est époustouflant. J’ai reçu un énorme cadeau de la part du public. Quand le mât est tombé je n’ai pas osé baisser les bras car je me sentais porté par tout le monde. J’ai reçu tellement d’énergie de la part des gens qui me suivaient qu’il était impossible de ne pas sortir le meilleur en moi. Nous y sommes arrivés ensemble. Le Vendée Globe n’est pas vraiment une course en solitaire. Merci à tous ! J’ai trouvé ce que je venais chercher dans cette course. Je suis ravi d’être venu à bout de ce défi humain. »

La course continue pour Pieter Heerema et Sébastien Destremau
Il y avait 29 marins au départ des Sables d’Olonne et il n’en reste que deux. Pieter Heerema (No Way Back) a décidé de reporter son arrivée en raison d’une © Pieter Heerema/ Vendée Globeviolente tempête qui va s’abattre dans le golfe de Gascogne. Au-delà de la force du vent, c’est l’état de la mer qui inquiète le skipper hollandais qui va donc temporiser en attendant des jours meilleurs. A 15h ce vendredi, il n’était plus qu’à 1000 milles des Sables d’Olonne. La plus forte probabilité est qu’il passe la ligne d’arrivée jeudi prochain. Pieter est déçu de ce contre temps mais sa décision est guidée par la sagesse. S’exposer à la casse si près du but ne serait pas raisonnable.
Sébastien Destremau (TechnoFirst-faceOcean) navigue toujours dans les alizés à la latitude du Cap-Vert. Son arrivée n’est pas prévue avant le 10 mars. L’écart avec le vainqueur Armel Le Cléac’h sera probablement de plus de 50 jours. A titre de comparaison, il y a quatre ans le différentiel entre le premier (François Gabart) et le dernier (Alessandro di Benedeto) était de 26 jours.

Olivier Bourbon / M&M

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