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Retour sur la conférence de presse de Romain Attanasio

Press conference during Finish arrival of Romain Attanasio (FRA), skipper Famille Mary - Etamine du Lys,15th of the sailing circumnavigation solo race Vendee Globe, in Les Sables d'Olonne, France, on February 24th, 2017 - Photo Olivier Blanchet / DPPI / Vendee Globe

Arrivée de Romain Attanasio (FRA), skipper Famille Mary - Etamine du Lys, 15ème du Vendee Globe, aux Sables d'Olonne, France, le 24

Conférence de presse de Romain Attanasio, Famille Mary - Etamine du Lys

"Ce matin ça glissait bien. Les nuages sont passés. J’ai d'abord vu Sam (Davies) et Ruben, puis tous les highfield, puis les côtes. Ça va vite. L’arrivée est incroyable. J’en rêve depuis 4 mois. et c’est presque trop court comme moment. Je n’ai pas le temps de dire ouf qu’il y a déjà du monde sur le bateau. J’espérais faire 95 jours, je voulais arriver le 5 Février. Après j’ai rajouté un 1 devant pour faire 15. Puis finalement le 24." 

"Les 3 semaines aux Sables au départ, tu ne sais plus trop comment faire. Tu flottes, tu passes d’un endroit à un autre. Tu a les obligations et le départ en tête.  Le chenal c’est le délire total, on ne maîtrise rien. Et puis après, le coup de canon. J’ai pris un bon départ. La descente de l’Atlantique était sympa. J’ai régaté comme je sais le faire. J’étais bien jusqu’à Bonne Espérance."

Trois fois la peine...
"Je savais que je n’allais pas batailler avec les premiers car j’avais un petit budget et un bateau d’ancienne génération, mais je pensais me battre avec un groupe de concurrents. Arrivé, en bas de l’Atlantique je tape un truc. J’étais dehors. J’entends un bruit de carbone qui se déchire. Je me retourne et je vois mes deux safrans qui flottent. Je pensais que c’était fini, que je n’avais plus qu’à remonter l’Atlantique pendant un mois. J’ai appelé Sam (Davies), je me suis calmé, j’ai réparé et je suis reparti. Ce n’était plus la même course, le groupe avait qui j’étais était loin devant. Je ne voulais pas abandonner car c’est vraiment un sentiment horrible, c’est le pire truc. On y repense en se demandant si on a bien fait, si on ne pouvait pas faire mieux. Fabrice Amedeo m’a appelé et m’a dit qu’un Vendée Globe ça se gagne ou ça se termine. J’avais peu de chances de rattraper Armel, donc ok, je termine." 

Trois OFNI sur la route
"Avec les safrans cassés, le bateau n'avait plus le même comportement. Des fois il partait au lofe et le pilote se déconnectait. Je sortais sans ciré et je reprenais la barre. Dans les hauts comme dans les bas, on vit des moments incroyables. C’est dur, tout est décuplé quand on est en mer, on est plus sensibles. Des fois il en faut peu pour que tout s’illumine. Mais c’est dur car on a en permanence une épée de Damoclès au dessus de la tête." 

"J’ai tapé trop fois des OFNI. J’ai cassé les safrans, les dérives, les aériens ne marchent plus depuis un mois. C’était vraiment embêtant. Je me disais qu’en surmontant ces épreuves ça allait me servir dans la vie de tous les jours. Armel fait le tour du monde sans rien toucher, et moi je tape trois fois. C’est juste pas possible. Il m’a impressionné parce qu’il fait une course parfaite et il gagne..." 

"On peut se faire mal sur un Vendée Globe et on peut abandonner sans avoir de problème sur le bateau. Je suis tombé de ma bôme. Je me suis cogné sur un cale-pied. J’ai eu peur de m’être fait vraiment mal. Mais finalement, c’est passé en quelques jours. "

Difficiles mers du sud...
"On m’avait vendu les mers du Sud comme des grandes vagues, du surf, tu peux dormir 8 heures d‘affilée. On m’avait dit que L’indien était simple et que le Pacifique était chiant. Ben ils étaient tous les deux chiants."

"Après tous ces évènements, il fallait quand même que j'avance. Je me disais, "tu ne va pas passer ton temps à regarder ton étrave. Il faut lâcher prise." J’arrêtais pas de dire au bateau que c’était bien, que les galères n’étaient pas de sa faute. C’est un vieux bateau mais il est fiable." 

L'arrivée en 15ème position
"Je suis désolé pour Conrad, il aurait mérité d’être devant. Malheureusement c’est la course. Je n'allais pas ralentir pour lui laisser la position."

Vendée Globe et solitude
"C’est dur d’être tout seul. Tout te manque. T’es mal, tu manges mal. Tu mets des fringues qui ont 15 jours et tu les trouves propres. Le pire c’est quand j’ai reçu la photo de Ruben qui ouvrait ses cadeaux à Noël." 
"Heureusement on ne se rappelle que des moments agréables. La nature humaine est bien faite." 
"Le Vendée Globe ce n’est pas une course comme les autres. Ça n’a rien à voir avec une transat. Une course, il faut aller le plus vite possible du point de départ à l’arrivée. Le Vendée Globe, c’est essayer de survivre. On essaye de revenir sans que ce soit trop la catastrophe. Il faut toujours temporiser car on est dans des endroits où il n’y a personne. Celui-là je voulais absolument le finir, pas faire une performance. J’ai tout fait pour. Des fois j’ai même trop assuré, j’ai pris un ris à des moments où d’habitude je n’en aurais pas du tout pris. Mais je le prenais pour ne pas casser. Maintenant j’aimerais refaire un Vendée Globe où je puisse attaquer un peu. Et si ça casse, c’est la course." 

Programme à suivre...
"J’ai un gros club de partenaires. Je dois naviguer avec eux au printemps, puis faire la Transat Jacques Vabre. Sauf que là c’est un sprint, donc l’âge du bateau se fait ressentir. Je compte bien faire la Route du Rhum et le Vendée Globe 2020. Je n'en reviens pas que je dise ça maintenant, alors que je n’ai aucune envie d’y retourner. Je sais que Sam peut gagner le Vendée Globe donc il faut qu’elle ait un bateau performant en 2020. Je tacherai de mettre moins de 110 jours pour que papi et mamie ne gardent pas Ruben trop longtemps. Remarque, Sam mettra moins de 70 jours donc ça ne fera pas trop long."

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