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Dalin : « Des bateaux tellement magiques… »

Charlie Dalin

Il n’en dispose pas encore, il y travaille. Son Imoca, qui portera le nom d’Apivia Mutuelle, son sponsor jusqu’en 2022, n’est encore que sur le papier mais Charlie Dalin l’imagine. Armé d’un bloc-notes qui ne le quitte pas, cet architecte naval de 34 ans tout rond (il est né un 10 mai) peaufine ses idées. Les grades qu’il a accumulés – vainqueur de la Transat AG2R 2012, quatre podiums consécutifs de 2014 à 2017 sur la Solitaire du Figaro et, pour son unique course en Imoca jusque là, une troisième place sur la Transat Jacques-Vabre 2015 avec Yann Eliès – forment une suite qui préfigurait le grand bond que représente un Vendée Globe.

Pour ce faire, Charlie Dalin a choisi comme architecte naval Guillaume Verdier, l’un des designers à avoir remporté la dernière Coupe de l’America avec Team New Zealand, comme chantier CDK Technologies et l’Imoca Apivia Mutuelle sera abrité par la société de François Gabart, Mer Concept.

Charlie Dalin, qui devait faire partie de l’équipage du multicoque d’Armel Le Cléac’h sur la première édition de la Nice Ultimed – avant que le trimaran chavire sur la route vers la Méditerranée  –, n’aurait pu rêver plus bel aréopage pour débuter en Imoca. Le Havrais d’origine se prépare à la Solitaire URGO - Le Figaro dans l’attente de son nouveau bateau Apivia Mutuelle, qui devrait être livré en juin 2019.

 

Un nouvel Imoca 60 pieds, c’est un grand bond en avant pour vous ?

Charlie Dalin : Oui, c’est clair. Mais c’est une suite logique, je n’ai pas l’impression d’avoir brûlé les étapes. Le changement de dimension est quand même là, avec de plus gros bateaux, sur de plus longues courses et avec une équipe plus étoffée. Mais j’en suis convaincu : je suis prêt.

De quand date cette idée de monter dans la classe Imoca ?

Ch. D. : Depuis toujours ! J’y suis, c’est génial… Quand j’ai disputé avec Yann (Eliès) la Transat Jacques-Vabre, cela m’a conforté dans mon envie de boucler le Vendée Globe. Ce sont des bateaux durs, on ne tient pas debout dedans, on se fait balader, c’est très physique. J’aime bien naviguer en intelligence, exploiter les conditions avec intelligence et faire cela plus vite que les concurrents. Le défi m’attire et le bateau me le rend tellement bien et ce, même dans des conditions maniables. Ce sont des bateaux tellement magiques…

Vous avez choisi Guillaume Verdier comme architecte. Qu’est-ce qui a fait pencher la balance de son côté ?

Ch. D. : J’ai vu d’autres architectes et il n’y avait pas de mauvais choix. C’est juste une question de philosophie. J’ai aimé sa façon de voir les choses. Et le courant est tout de suite passé. La façon dont il voit ou imagine les choses m’a plu. Je peux parler avec Guillaume sans voir l’heure passer !

Que ce soit Armel Le Cléac’h, François Gabart, voire Sébastien Simon qui arrive, ce sont tous des ingénieurs ou des architectes navals. Faudrait-il aujourd’hui en passer par là pour prétendre au Vendée Globe ?

Ch. D. : A Southampton, en Angleterre, où j’ai fait mes études d’architecte naval, on nous apprend toute une somme de compétences mais, surtout, on nous apprend à réfléchir, à raisonner, à se structurer. Je ne voulais pas me lancer à corps perdu dans la course au large, la voie peut être incertaine. Je tenais à avoir une solution alternative, tout en restant dans ce que j’aime tant. Alors c’est vrai, j’appréhende mieux le bateau, je suis à l’aise avec les nouvelles technologies et les systèmes de routage qui sont complexes. C’est important de comprendre ces nouvelles technologies pour en connaître les limites, les faiblesses. J’ai également travaillé sur le chantier d’Ericsson avec Juan Kouyoumdjian pour la Volvo Ocean Race 2008 et j’ai l’impression d’être à l’aise avec de nombreux aspects qu’on retrouve sur un Imoca.

La partie construction de votre Imoca ne sera donc pas une découverte pour vous ?

Ch. D. : J’y pense jour et nuit en ce moment… (rires). C’est une période passionnante, ce moment où l’on commence l’histoire avec Apivia Mutuelle et ce moment où l’on décide comment va être le bateau. Nous sommes en train de concevoir pour construire l’outil qui nous emmènera jusqu’en 2022. Le champ des possibles est très, très large en Imoca et tant de paramètres sont à prendre en compte. J’ai toujours un calepin dans ma poche, j’ai toujours des idées que je griffonne pour ne pas en oublier… (rires)

Havrais d’origine, vous avez beaucoup voyagé. Que retenez-vous de ces voyages par la terre ?

Ch. D. : La Thaïlande, Stockholm où j’ai travaillé pour la Volvo Ocean Race, l’Australie, l’Angleterre où j’ai fait mes études… J’ai roulé ma bosse, c’est vrai ! C’étaient de belles années qui m’ont permis de découvrir de nouvelles cultures, plus anglophones. Il faut prendre le meilleur des deux approches pour faire la part des choses.

Quel sera le rôle de François Gabart et de sa société Mer Concept dans votre environnement?

Ch. D. : François a une expérience importante dans le tour du monde en solitaire : il est l’homme le plus rapide autour du monde (42 jours 16 heures et 40 minutes sur son trimaran Macif en 2017) et il a également gagné le Vendée Globe (2012-2013). Les mers du sud, il connaît et son expérience me servira. L’objectif est qu’il y ait de la transversalité entre le projet trimaran Macif et l’Imoca Apivia afin que les deux projets tirent tout le monde vers le haut. Ils ne seront pas cloisonnés, bien au contraire ! Avec François, nous nous côtoyons depuis longtemps sans avoir régaté ensemble. Mais je crois que nous avons la même façon d’aborder la course au large et la prise de risque qu’elle sous-tend.

Vous venez de passer la barre des 33 ans…

Ch. D. : J’ai un bon âge pour disputer le Vendée Globe ! J’ai regardé il y a peu l’âge moyen des vainqueurs du Vendée Globe, et à un an près, j’ai l’âge requis. Je suis dans la bonne tranche d’âge. C’est un signe ! J’ai une bonne équipe, un bon partenaire, un bon architecte, tout est en place pour que cela se passe bien.

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