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Ces anciens vainqueurs devenus coaches (partie 2)

Vincent Riou - Sébastien Simon
© Yann Riou - Polaryse / Arkéa-Paprec

Charlie Dalin, Sébastien Simon ou Nicolas Troussel ont tous brillé sur le circuit Figaro avant de se voir confier un projet IMOCA. Le niveau d’exigence sportive que demande la navigation en monotype, la quête de perfection qui permet de gagner les quelques minutes synonymes de victoire, sont des atouts majeurs pour ces marins quand ils se lancent dans un projet Vendée Globe. Reste deux inconnues à maitriser : la gestion d’un projet et la découverte des mers du Sud.

François Gabart, la voie collaborative

Un Ultim, deux Figaro, un IMOCA, c’est la flotte confiée par le groupe MACIF à Mer Concept, la structure gérée par François Gabart, à ce jour plus jeune vainqueur du Vendée Globe. « Quand il s’est agi d’intégrer Apivia, le projet de Charlie Dalin, on s’est interrogé sur la meilleure stratégie d’accompagnement possible. Après discussion avec Charlie, on s’est dit que le plus efficace était de mobiliser l’équipe qui avait travaillé sur le Vendée Globe 2012. Mais on a voulu aller plus loin. Charlie et son équipe sont associés à l’ensemble des décisions de Mer Concept. On est plus proche d’une gestion collaborative que d’une transmission verticale de savoir-faire. L’idée étant que chacun apporte sa pierre au développement des différents projets en cours. » Un tel mode de fonctionnement n’exclut pas la transmission d’expérience entre le vainqueur de l’édition 2012 et le prétendant à 2020 : « On est alors dans un cadre beaucoup moins formel, reconnaît François. Charlie n’est jamais allé se frotter aux mers du Sud, j’essaye de répondre aux questions qu’il se pose sur la navigation dans ces coins-là. »

Pour Charlie Dalin, cette collaboration est une incitation à développer ses propres atouts. « C’était important pour moi d’être dans un projet transversal. Je pense que c’est le meilleur moyen de tirer tout le monde vers le haut. Entre la construction d’un IMOCA et celle d’un Ultim, il y a des domaines de convergence. Qu’on parle d’électronique, de gestion d’énergie, de pilotes, les problématiques sont très proches. Qui plus est, dans une structure comme Mer Concept, on peut développer des postes de bureau d’études qui ne pourraient pas exister dans une écurie IMOCA classique. Et ma formation d’architecte se retrouve totalement dans cette équipe. C’est très stimulant de travailler dans cette ambiance. »

Michel Desjoyeaux : et plus si affinités

Entre Michel Desjoyeaux et Nicolas Troussel, les relations sont claires. « Pour l’instant, Nicolas nous a juste demandé de concevoir son monocoque en vue du Vendée Globe. Sachant qu’il est dans un timing particulièrement serré, on va essayer de mettre notre savoir-faire à sa disposition. Nous sommes au début de notre collaboration ; l’idée, c’est de trouver un mix entre ce que je pense et les souhaits qu’il peut avoir. Si on peut faire qu’1+1 soit supérieur à 2, on aura accompli une bonne part du boulot. » Même analyse pour Nicolas Troussel : « Pour l’instant, le contrat avec Mer Agitée se limite à la construction du bateau. Ça va nous laisser le temps de mieux nous connaître, de voir si on a toujours envie de continuer ensemble une fois le bateau mis à l’eau. Actuellement, ce qui nous lie, c’est la volonté de construire un bateau performant, de travailler en étroite collaboration avec Juan K. Le trio qui se met en place entre le team Corum, l’équipe de Mer Agitée et l’architecte a très envie de gagner ce pari, on peut difficilement rêver mieux. »

Vincent Riou, la transmission à tous les étages

Sébastien Simon et Vincent Riou viennent d’achever la traversée de l’Atlantique à la poursuite du temps de référence de la Route de la Découverte. Le record leur a échappé de quelques heures mais l’essentiel était ailleurs. « L’objectif est que Sébastien s’approprie le bateau en toute sécurité, avec un bon guide. C’est plutôt sympa, je le vois découvrir cette machine et l’utilisation de ces bateaux qui sont assez techniques ». A l’issue de cette traversée de l’Atlantique, Sébastien va repartir en faux solitaire pour rallier la Bretagne avant de participer à la Bermudes 1000 Race. « Je pense que je serai un de ceux qui aura le plus navigué au départ de la course. Du coup, je me présente avec l’ambition de faire un résultat et non en mode découverte. » Du bureau d’études aux navigations en tandem, la relation entre les deux hommes ne cesse de s’approfondir, pour le plus grand bonheur de Sébastien. « Je ne peux que me féliciter de la manière dont ça se passe. D’autant que c’est moi qui suis allé chercher Vincent. J’estimais que les enjeux techniques et économiques étaient tels qu’il fallait absolument que je m’appuie sur quelqu’un d’expérience. Vincent avait ce profil. De surcroit, j’appréciais particulièrement la personne. C’est comme ça que l’histoire a commencé. Sans oublier que sa présence sécurisait mon projet auprès de mes partenaires. » Au mois de juillet, Sébastien Simon va pouvoir prendre en main sa nouvelle machine. L’IMOCA de Vincent passera dans les mains de Kevin Escoffier qui défendra les couleurs de PRB lors du prochain Vendée Globe. Commencera alors une nouvelle aventure technologique avec comme objectif de viser les plus hautes marches de l’édition 2020 pour Arkéa-Paprec.  

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