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Kojiro Shiraishi : « être à la hauteur de la confiance qu’on m’accorde »

Channel ambiance with Kojiro Shiraishi (JAP), skipper Spirit of Yukoh, start of the Vendee Globe, in Les Sables d'Olonne, France, on November 6th, 2016 - Photo Olivier Blanchet / DPPI / Vendee Globe

Ambiance chenal avec Kojiro Shiraishi (JAP), skipper Sp

Pour Kojiro, la course contre la montre est lancée.

Vendée Globe : Un bateau de dernière génération pour courir le Vendée Globe, c’est une sacrée marche de franchie ?

Kojiro Shiraishi : Pour être franc, je ne m’y attendais pas quand j’ai dû abandonner le Vendée Globe 2016 après mon démâtage. Mais je ne mesurais pas encore l’impact de ma participation au Japon. J’étais le premier marin asiatique à courir le Vendée Globe. J’ai donc bénéficié d’une couverture média exceptionnelle dans mon pays.

Je savais qu’il fallait que je reparte sur un nouveau projet et l’engouement qu’avait suscité ma participation était un formidable atout. Ensuite, c’est le destin qui m’a fait rencontrer un partenaire qui a misé sur un bateau de dernière génération.

VG : Mais vous aviez conscience du capital sympathie que vous aviez provoqué ?

KS : En réalité, j’ai été surpris et forcément reconnaissant de cet engouement. J’ai eu la chance d’être extrêmement bien reçu par l’équipe d’organisation du Vendée Globe et par les autres skippers. Je pense que cet accueil a transpiré et fait que les Japonais ont commencé à s’intéresser vraiment à mon histoire. Le Japon est un pays où la course au large n’existe pratiquement pas. J’ai bénéficié de l’attrait de la nouveauté.

VG : Cette fois-ci, c’est un projet d’une autre dimension…

KS : Tout à fait. En 2016, on avait tout à apprendre. On a loué un local chez Roland Jourdain à Concarneau, on s’est formé sur le tas. Là, on a dû constituer une véritable équipe professionnelle autour du projet, à l’image des grands teams du Vendée Globe. Mais nous avons gardé des relations avec l’équipe de Kaïros. On l’a sollicité le temps de la construction du bateau pour commencer à nous familiariser avec la conduite d’un foiler. Du coup, on a monté une sorte d’entraînement commun sur le nouveau monocoque de Yannick Bestaven, Cascais au Portugal. Il n’est pas impossible d’ailleurs que l’on renouvelle notre collaboration, c’est en cours de discussion.

VG : Le bateau est le sister-ship de Charal. Vous avez pu échanger avec l’équipe de Jérémie Beyou ?

KS : De travailler sur le même moule, ça crée des liens. On a pu, sur pas mal de points de détail, bénéficier de l’expertise du bureau d’étude de Charal. Ça nous a permis de gagner du temps. Mais chaque projet est autonome.

VG : Vous disposez d’un bateau pour jouer la victoire. Vos ambitions sportives ont-elles changé avec cette nouvelle donne ?

KS : (rires) disons que je profite d’une superbe équipe et d’un excellent bateau. Ce sont des atouts pour viser un podium. Mais je n’oublie pas que les marins qui seront face à moi sont très entraînés, qu’ils bénéficient d’une expérience que je n’ai pas. Alors, oui, je vais tâcher de faire de mon mieux, mais attendons les résultats des premières courses pour me situer par rapport à la concurrence.

VG : En 2016, le bateau s’appelait Spirit of Yukoh*. Comment l’histoire va-t-elle se perpétuer ?

KS : L’esprit de Yukoh sera toujours présent. Si mon bateau porte le nom de son sponsor, sur le tableau arrière sera inscrit son nom officiel Spirit of Yukoh V. Quand Yukoh a remporté le BOC Challenge en 1982, c’était à bord de son cinquième bateau. Qui sait ? Le cinquième Spirit of Yukoh va peut-être me porter chance.

 

  • Yukoh Tada, chauffeur de taxi dans le civil, mais aussi peintre, musicien, poète, fut le premier marin japonais à s’engager dans le BOC Challenge, le tour du monde en solitaire avec escales. Vainqueur de l’épreuve en 1982, Yukoh Tada, est devenu le mentor de Kojiro, l’a initié à la course au large avant de participer de nouveau au BOC Challenge en 1991. Mais victime d’avaries à répétition, il finit à Sydney loin derrière ses concurrents. Abattu par cet échec, il s’est donné la mort à l’escale de Sydney.

 

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